Contre-Regards

par Michel SANTO

Jean Cau, croqueur de Mitterrand (entre autres) et analyste de la Présidence de la République…

 

croquis-de-memoire

   

J’ai, sur ma table de chevet, les « Croquis de mémoire » de Jean Cau (trouvé chez un bouquiniste, récemment : 1€ !) Une leçon de style que je prends le matin, au lever ( Non ! soyons précis : assis, bien calé sur mon oreiller, une tasse de café bien chaud à portée de main.) Trois, quatre – pas dix –  pages et les fantômes de Mitterand, Pompidou, Genet, Lacan, Ava Garner, Dominguin, et bien d’autres ( Sartre, Mauriac…) surgissent en quelques brillantes notations sous sa plume. Un style ramassé, sec, brillant et une lucidité, une sincérité de ton qui font de Jean Cau un maître dans ce genre. Je ne me lasse pas, notamment, de revenir aux premiers lignes de cet ouvrage où il est question du jeune François Mitterrand, alors Garde des Sceaux, pour rebondir ensuite sur Dominguin ou Joë Bousquet :

« Un homme jeune, aux cheveux noirs solidement planté, au teint blanc, sur le trottoir, à Saint-Germain-des-Prés, et qui paraissait humer l’air chargé d’odeurs de femmes, doux pollens, de ce soir de printemps. Tiens, me dit-on c’est Mitterrand qui drague… On m’assura qu’il était un chaud lapin et avait, pour l’heure, les faveurs d’une danseuse célèbre. Comme j’admirais les danseuses en général et celle-là en particulier, mon regard, qui sans cela eût glissé sur une silhouette gardienne de sceaux – et donc sans intérêt –  s’attarda sur l’homme au cheveux noirs et au teint blanc qui patrouillait, cambré devant le « Royal ». Et j’eus  pour lui cette sorte de considération, mêlée d’un brin d’envie, que ma jeunesse accordait aux usagers de très belles personnes… »

À l’occasion, Jean Cau se révèle aussi fin analyste des institutions. Ainsi ce passage sur l’élection du président de la république ou suffrage universel :

« Reste que l’élection du président de la république ou suffrage universel fait de tous nos locataires de l’Élysée des personnages romanesques (je ne discute pas de la qualité du roman…) sur lesquels, dans tous les cénacles, salons, cafés et dîners, dans toutes les conversations, on ne cesse de s’interroger. Qui était De Gaulle, Pompidou, Giscard ? Qui est Mitterrand ? Devenue suprême, la fonction attire tous les regards. Subséquemment, comme disent paraît-il les gendarmes, elle provoque toutes les questions et emmêle toutes les réponses. Pourtant, du gigantesque alambic à distiller ne sort finalement qu’une goutte à laquelle un mystérieux « on « donne une couleur unique de simplicité. Alors De Gaulle est « grand homme », Pompidou « paysan », Giscard  «  très intelligent mais… » Et Mitterrand « habile politicien. » Dans la forêt des signes, « on » troque l’aiguille de la boussole que rien ne fera bouger et, derrière l’image simple, « on » marche. Ou « on » déserte. »

Allez vite chez votre libraire. Vous ne serez pas déçu… Bon dimanche !

 

Jean Cau : « Croquis de mémoire »,  Julliard (février 1985). Réédité à la Table Ronde (La Petite Vermillon – excellente collection !) en 2007…

   

Bien belle soirée, hier soir à « La Grande Librairie » avec Asli Erdogan et Dephine Minoui.

 

Asli Erdogan et Dephine Minoui.

   

Bien belle soirée, hier soir à « La Grande Librairie ».

Busnel y recevait, entre autres, Asli Erdogan (1), icône de la résistance au régime Turc de son homonyme. Cette femme extraordinaire est restée 4 mois incarcérée pour délit d’opinion et repasse en jugement le 31 octobre en Turquie. Malgré les menaces qui pèsent sur sa liberté et même sur sa vie, elle veut revenir dans son pays pour affronter ses juges afin de pouvoir continuer, nous dit elle, à écrire dans sa langue et sur sa terre tant les deux lui paraissent indissociables…Loin de ses racines elle perd ses mots et ne peux concevoir sa création littéraire que dans son pays….Cela passe avant toute autre considération, fusse au risque de sa vie.

Narbonne ! Salle multimodale : réunion publique et questions restées sans réponses…

   

Hier soir (enfin !), réunion publique, au Palais du Travail, à l’occasion de laquelle  Didier Mouly nous (nous car j’y étais) a présenté son projet de salle multimodale. La salle était pleine et chaque camp spatialement bien réparti. À droite de la scène occupée par le maire (en regardant la salle) ses adjoints et les représentants de l’entreprise Fayat (gagnante du marché), les opposants à ce projet de l’association «Touche pas à mon parc des sports de Narbonne », notamment ; à gauche, les favorables (une forte délégation de militants de Nouveau Narbonne), et au centre un « marais » » avec toutefois un bon rang (ou deux : je n’ai pas compté) d’élus socialistes au conseil municipal (1) (eux aussi dans l’opposition). J’ai grossi un peu le trait, pour faire image évidemment.

Que nous dit des médias la ridicule dispute Angot-Amrani…

 

Christine Angot et Farida Amrani © Montage le Lab via AFP

 

Gros titre (et en « gras ») dans « Le Point » (version numérique) : « ONPC » : Farida Amrani remet à sa place Christine Angot. Ah, ah ! Mais de quoi s’agit-il donc pour que cet honorable journal de centre-droit soit immédiatement suivi par ses confrères de Libé, Les Inrocks etc. (on se tient à la culotte dans cette profession) dans la promotion (mêmes gros titres et mêmes « gras ») de cette  médiocre « affaire » ?

Contrats aidés dans l’Aude ! le Conseil Départemental s’engage dans une vaine polémique…

contrats aidés

Ainsi va l’info dans nos journaux. Tenez, un seul exemple, la baisse du nombre d’emplois aidés programmée par le Gouvernement. Lundi donc, dans l’Indépendant, page 2 et 3, articles, commentaires et photos, notamment, des deux vice-présidentes socialistes du Conseil Départemental de l’Aude, mesdames Sandragné et Bossis