Contre-Regards

par Michel SANTO

Assistons nous vraiment à « la fin des partis politiques » ?


Plusieurs anciens soutiens de Benoît Hamon, parmi lesquels l’ancienne ministre de la Justice Christiane Taubira ainsi que les maires de Paris et Lille, Anne Hidalgo et Martine Aubry, ont annoncé ce mercredi le lancement d’un nouveau mouvement politique. Cette initiative intervient alors que l’ancien candidat à la présidentielle, Benoît Hamon, a annoncé ce même joiur sur France Inter vouloir lui aussi fonder un nouveau mouvement à gauche. Valls étant déjà parti ailleurs, la décomposition du PS, sous la double pression du mouvement En Marche et de la France Insoumise, s’accélère donc à un rythme soutenu. Doit-on y voir le symptôme, comme Jacques Julliard, de la fin des partis « à la française » – fruits du parlementarisme censitaire de la première moitié du XIXe siècle, du mouvement ouvrier de la seconde, et des mouvements de masse du XXe… –, ou considérer, comme Dominique Reynié, qu’inévitablement : « la crise des vieux partis accouchera d’un nouveau parti semblable aux autres. » Pour ce qui me concerne, si je ne crois pas à leur disparition, leur reproduction à l’identique me semble tout autant improbable. En effet tout « mouvement politique », pour durer et s’inscrire dans le « jeu » parlementaire représentatif doit à l’évidence « s’institutionnaliser ». Cela suppose évidemment une organisation, des financements… Bref ! les « mouvement » en question  ne peuvent pas ne pas devenir  « sujets de droit » et se doter d’un « appareil » , avec ses élus, ses permanents etc. Ce que je crois, par contre, est que ce bouleversement que représentent l’apparition et la performance d’En Marche et FI, contiennent en germe de nouvelles formes et pratiques partisanes. De sorte que la seule question qui demeure est celle de savoir comment, et à quelles conditions, elles se traduiront dans les faits. Quant aux partis politiques historiques, ils  seraient bien avisés eux aussi de s’adapter à cette nouvelle « demande » politique du « corps électoral ». La situation dans laquelle se trouve aujourd’hui le Ps révèle ce qui pourrait bien arriver à d’autres, s’ils restaient en l’état…

Nota : je recommande la lecture de l’article de Jacques Julliard. Disponible en intégralité et en format PDF en cliquant sur (ici)

Mots-clefs : ,

Rétrolien depuis votre site.

Désormais, 3 façons de réagir !

Laisser un commentaire

Articles récents

Si la terre était ronde, il n’y aurait pas de vacances. L’homme ne pourrait plus se reposer.… (A.Vialatte)

Si la terre était ronde, il n’y aurait pas de vacances. L’homme ne pourrait plus se reposer.… (A.Via

        "Il ne faut jamais mettre un homme, sans un entraîne­ment progressif, en face d’une situation qui l’oblige soudainement à réfléchir à plusieurs choses. Le san[Lire la suite]
Les TGV arrivent bien à Béziers, d'indignes affiches aussi…

Les TGV arrivent bien à Béziers, d'indignes affiches aussi…

          Les TGV arrivent bien à Béziers. Il en repartent aussi. Comme à Narbonne, Perpignan et Montpellier. Et ce depuis quelques années déjà. Qu’ils ne roulent[Lire la suite]
L'État déconcentré : un vigoureux rapport de la Cour des Comptes…

L'État déconcentré : un vigoureux rapport de la Cour des Comptes…

            Voilà qui donne une idée du chantier que le gouvernement a décidé d'ouvrir. Dans un rapport remis ce 11 décembre, la Cour des comptes appe[Lire la suite]