Contre-Regards

par Michel SANTO

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Billet du jour.

Le «  billettiste », surtout d’humeur, procède nécessairement par raccourcis et approximations. C’est une des lois du genre. Polémiste et satiriste, la recherche de la vérité n’est pas son souci premier. Encore que les plus talentueux d’entre eux y parviennent. Et ce par la seule vertu de leur style, qui, malgré l’épaisseur du «  trait » ou de l’image, réussit pourtant à nous la faire toucher des yeux, si j’ose dire. Mais l’exercice est difficile. Car à  trop s’éloigner de la réalité, le risque est alors de tomber dans l’outrance. Qui nous en dit plus sur l’auteur que sur l’objet ou la personne visée. Celui que je place au dessus de tout dans cet art est…  Sempé. Un médisant par bonté.

 

 

CCI de Carcassonne et de Narbonne, une fusion utile ?

Dans l’Indépendant du jeudi 26 octobre 2006, page 4 de l’édition de Carcassonne, dans l’article titré : « Fusion des deux chambres de commerce : le chantier est lancé.», Laurent Spanghero nous précise qu’elle est nécessaire « pour améliorer l’efficacité des entreprises. »

Examinons donc les arguments avancés par les promoteurs de ce projet. Et tout d’abord celui de «  l’efficacité » présenté par L. Spanghero. Franchement, j’ai beau examiner la proposition dans tous les sens, je ne vois pas comment…Depuis quand, en effet, seules, à deux ou à trois les CCI améliorent-elles l’efficacité des entreprises. En quoi, et avec quels moyens contribuent-elles à leurs efforts dans la recherche d’une meilleure productivité et de nouveaux marchés, par exemple. Laurent Spanghero le sait mieux que quiconque, le pouvoir des organismes consulaires dans ces domaines est quasi nul. Il relève principalement de l’Etat pour la réglementation du marché du travail et de la fiscalité, des Régions pour les aides aux entreprises et des intercommunalités pour, notamment, la création et l’aménagement des zones d’activités. Concédons lui, néanmoins, un certain rôle dans la formation : l’apprentissage et la formation continue…elle aussi sous contrôle régional ! Mais enfin, de là  en tirer argument pour une fusion… Non ! La vraie raison est ailleurs.

Serait-elle alors, comme le disait J. P Heurley, le Vice-président de la CCI de Narbonne, dans le même journal, mais dans l’édition de Narbonne, dans le désir de « faire exploser (sic) la frontière entre les deux parties du département. » Mais lesquelles ? Celles du climat, des paysages, des cultures et des « bassins économiques » ? Impossible, bien sur. Soyons sérieux et demandons nous plutôt ce qu’il y a de commun, en effet, par exemple, entre les économies de la  Haute Vallée de L’Aude, du Lauragais, du Carcassonnais… et de la Narbonnaise ? Et quelles seraient les interactions à promouvoir entre Narbonne, Limoux et Castelnaudary ? La réponse est évidemment dans la question et ne mérite pas de plus amples développements. Les producteurs, les distributeurs de biens et de services, comme les consommateurs  du bassin d’emploi de Narbonne,  savent que ce bassin est structuré et animé par une dynamique littorale. Dynamique qui le place en situation de « coopération » avec le Biterrois sur l’axe qui le relie à Perpignan, et au-delà…

Serait-elle, peut-être, rendu nécessaire parce qu’elle anticiperait un regroupement voulu par l’Etat ? La réponse pour le moment est négative. Seules les CCI de moins de 3000 ressortissants  sont en effet concernées…pour la fin 2009…

Cette fusion se justifierait-elle, enfin, par le souci de mieux défendre les «  intérêts » des entreprises en regroupant les moyens consulaires au niveau départemental ? Pour mieux négocier aides et subventions alors que la compétence économique et les moyens financiers sont à la Région et dans les communautés d’agglomération? Je ne vois pas comment. Un seul président, d’une seule chambre de l’Aude, serait donc  plus fort que le président de la CCI de Narbonne  pour faire valoir  les « intérêts » des entreprises et du territoire de la Narbonnaise, par exemple, auprès de la Région, de la CAN et d’autres ? La question se posant de la même manière pour Carcassonne…Qui peut le croire ? En tout cas qu’on m’en fasse la démonstration. Et considérons, pour le moment, que la seule justification de cette fusion est qu’elle n’en a aucune…A l’exception du profit symbolique qu’en tirerait les élus du moment, et …Carcassonne du fait de son statut de préfecture.

Cela dit, pour conclure cette rapide analyse, si on se place dans une tout autre perspective, celle des territoires et de leur dynamique, le risque est grand pour la Narbonnaise, dans cette affaire, de se voir couper de son axe de développement associant le Biterrois et le Perpignanais. Il est vrai que la nouvelle direction de la CCI de Béziers a freiné le processus de rapprochement avec celle de Narbonne. Fallait-il pour autant  « couper le ponts » aussi vite et se lancer à toute vitesse dans un processus de fusion avec Carcassonne? Je ne le pense pas. Il y va de l’intérêt stratégique de la Narbonnaise, en effet, que de continuer à travailler en priorité, patiemment et continûment, à la promotion du Triangle d’Oc. Même si l’effet réel de l’action des CCI sur les territoires et leur structuration est négligeable, l’impact symbolique de leurs initiatives est bien réel. En ce sens elles contribuent à la formation de l’idée que se font les entreprises et les habitants d’un territoire et de son avenir. Ce qui n’est pas rien !

On comprendra donc à la lecture de ses quelques lignes que je ne suis pas du tout convaincu par la pertinence du projet de fusion qui nous est proposé.

 

Qui suis-je?

Portrait en creux :

   J’ai dit:

" Je dois commencer à en emmerder quelques uns "

" Une fédération ça ne se conduit pas comme un zodiac "

 

 " Les copains pensaient que le premier fédéral était payé " 

" Mon temps s’amenuisait "

" Il fallait purger 18 ans de dettes de la droite et du FN, le président G Frèche est tombé malade "

" G. Frèche est un homme de débat "

" Il faut arrêter de dire certaines conneries "

" Je suis en plein questionnement "

" On est en droit d’avoir des idées au XXI siècle "

 

     Qui suis-je?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La vieille taupe

Ces  dernières semaines, J.P Alduy et M Moynier, après G. Frèche, il y a quelques mois, ont pris des initiatives qui concourent à une plus grande lisibilité de notre région et de ses espaces à aménager. Pour bien les comprendre (ces initiatives) il est cependant nécessaire de prendre un peu de distance avec l’actualité. 

Un peu d’histoire pour commencer. Dans les années 80-90, Raymond Courrière, il n’était pas le seul, défendait l’idée d’une intégration de L’Aude et des P.O à la Région Midi Pyrénées. La faisabilité juridico-politique, à l’époque, d’un nouveau découpage des régions était impossible, et il le savait.

Les raisons d’une telle proposition sont toujours d’actualité. Mais la proposition elle même ne l’est pas.

Je m’explique.  

Ces raisons tiennent d’abord au fait, pour faire à présent un peu de géographie,  que l’Ouest du Languedoc-Roussillon : Carcassonne Narbonne Perpignan « décroche » de son versant oriental : Montpellier-Sète Nîmes Alès. La ligne de faille de ce décrochage se situant dans le Narbonnais Biterrois.

La conséquence logique est  qu’il faut inscrire l’Ouest régional dans un triangle d’aménagement et de développement constitué par Toulouse, le Narbonnais-Biterrois et Barcelone. Et l’ensemble oriental de la région dans celui constitué par  Lyon, Marseille et  Montpellier Sète. Le Narbonnais-Bitterois,lui, jouant un rôle charnière.

Pour ce faire, et pour faire un peu de politique aussi, il n’est pas nécessaire de réviser les périmètres des Régions françaises pour engager des actions prenant en  compte ces réalités comme on le prétendait à l’époque. Les « frontières » des régions françaises sont ouvertes, que je sache ; et les communes, les départements, ainsi que les communautés d’agglomérations… disposent d’une très grande liberté « de mouvement ».

Dans ce contexte, et ainsi mises en perspectives, les initiatives récentes de G. Frèche, sur l’axe Sète Nîmes (son projet de communauté urbaine…), et de M.Moynier et J.P Alduy, sur l’axe Narbonne Perpignan et au-delà vers Gérone, prennent tout leur sens. Elles s’appuient consciemment ou pas, et quelles qu’en soient les raisons d’ordre politique affichées, sur ces réalités géopolitiques. C’est très bien, et c’est tant mieux… « Bien travaillé vieille taupe ! »

Napoléon affirmait déjà, dans une formule ramassée, que « Les Etats font la politique de leur géographie. » Ça vaut aussi pour d’autres territoires organisés : régions,microrégions,villes etc.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jury populaire!

Il y a aujourd’hui, en effet, des pans entiers de la société française qui se sentent exclus du débat public. Et ce profond ressentiment  de n’être ni compris ni entendu par « les professionnels » de la politique est bien à l’origine de la crise démocratique et morale profonde que traverse notre pays. Laisser les choses en l’état, c’est approfondir le fossé d’incompréhension entre gouvernants et gouvernés. C’est aussi accroître dangereusement le nombre des abstentionnistes et celui des extrémistes. Le mérite de l’expression « jury citoyen » lancée comme un pavé dans la mare aux présidentiables est de placer cette question de l’évaluation des politiques publiques, de la Commune à l’Etat, au cœur de la réforme de notre système politique. Tout en indiquant qu’elle ne doit pas être le domaine  réservé des élus et de leurs collaborateurs. Ou de leurs « faux nez » de la société civile… Le chantier n’est pas simple. Assurément ! Mais il est nécessaire de l’ouvrir. Et de lancer dans le même esprit les réformes qui devrait l’accompagner sur l’interdiction radicale du cumul des mandats, celle d’exercer plusieurs mandats successifs, l’obligation de rendre compte etc…   

 

 

 

 

 

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