Contre-Regards

par Michel SANTO

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Spécialiser nos collectivités locales…


C’est vrai, pour un dimanche, le sujet est un peu raide. Sans intérêt pour beaucoup, mais fort intéressant pour ceux qui , par métier ou mandat, réfléchissent à une meilleure organisation des politiques publiques. Pour le coup
, avec cette prise de position de  JP Ballingeant, le Président socialiste de l’Institut de la Décentralisation, qui, soit dit en passant, s’appuie sur le rapport Lambert, Ancien Ministre délégué au budget et à la réforme budgétaire,nous voilà enfin sorti d’un débat idéologique qui, depuis des lustres, plombe toute tentative d’harmonisation des rôles et compétences des collectivités locales, entre elles, et entre elles et l’Etat.En plaidant nettement pour une spécialisation des compétences des collectivités locales,il fait oeuvre utile. Tout le reste est à l’avenant, clair, sérieux, responsable… A écouter, et entendre surtout, par nos nouveaux élus et leurs collaborateurs

JP-Balligand : impact de la RGPP sur les collectivités par lagazettefr










La rose bleue!

 

Le Parti socialiste vient de boucler son projet de DECLARATION DE PRINCIPES. Une Charte, une constitution qui prend acte, enfin, que le temps des révolutions où l’on fait du passé table rase est bien fini. Même s’il est vrai qu’il y a belle lurette que, dans la pratique du pouvoir, de l’Etat et des Collectivités Locales par les socialistes français, la quincaillerie idéologique de la lutte des classes, des nationalisations et de l’émancipation de la classe ouvrière a été soigneusement rangée dans les tiroirs de la République pour n’en sortir qu’à l’occasion de campagnes électorales, de meetings ou de fêtes de sections. Mais, en cette matière comme dans d’autres bons derniers de la classe social-démocrate européenne, il n’était plus concevable pour le PS de rester dans le 19ème  siècle idéologique. Et l’Internationale ne fait plus vibrer les « bobos ». Dont acte, et réjouissons nous de cette nouvelle rose taillée par d’entrepenantes mains finement manucurées.

Cela dit, c’est la loi du genre, ce texte égrène surtout une série de lieux communs et de pétitions de principes propres à endormir les militants et exciter les journalistes. En voici quelques uns, dans le désordre !


« Le système voulu par les socialistes est une économie mixte, combinant un secteur privé dynamique, un secteur public, des services publics de qualité, un tiers secteur d’économie sociale. »

« Le Parti socialiste est un parti républicain. Il oeuvre pour le progrès social. Il s’organise au service de l’engagement citoyen. Il fait siennes les valeurs de la République, la liberté, l’égalité, la fraternité. »
« La régulation est également un des rôles majeurs de l’État pour concilier l’économie de marché, la démocratie et la cohésion sociale.»
« Lutter pour la paix, la sécurité collective et le co-développement correspond à la vocation internationaliste des socialistes. C’est notre horizon pour le siècle qui commence. »
« Le Parti socialiste est un parti républicain. Il oeuvre pour le progrès social. Il s’organise au service de l’engagement citoyen. Il fait siennes les valeurs de la République, la liberté, l’égalité, la fraternité. »
« Le Parti socialiste est un parti laïque. Il défend la séparation des Églises et de l’État. Il veille au respect de la liberté de conscience. »
« Les socialistes défendent un modèle de développement durable qui conjugue la croissance, l’innovation technologique, l’impératif écologique, la création d’emplois, la protection sociale. »
« le but de l’action socialiste est l’émancipation complète de la personne humaine.. . » et que «  l’exercice de la raison doit être accessible à tous, acceptable par tous, applicable à tout. »

Là, quand même, faire de la raison un bien accessible à tous comme l’eau, le gaz ou l’électricité, c’est passer les bornes du raisonnable. Priver l’Homme d’une de ses principales facultés naturelles pour la lui généreusement octroyer, c’est en effet soutenir une bien étrange conception de l’émancipation de l’humanité. Condescendante et incomplète, assurément…

La fin des journaux!

 

Bernard Poulet et Vincent Giret annoncent, dans la dernière livraison de la revue « Le Débat », la fin des journaux et de la presse d’information, du moins sur support papier. Leurs arguments ! Le modèle économique qui associait information et publicité est « cassé », comme en témoigne, par exemple, la chute des ressources publicitaires des grands quotidiens. Ce qui traduit en réalité une baisse continue de la consommation d’informations, laquelle vaudrait également pour les « JT ». Une baisse nullement compensée par les journaux papier gratuits qui, au contraire, contribuent fortement à la concurrence faite aux producteurs d’information marchands.

La solution, pour financer la fabrication de l’information par des rédactions professionnelles onéreuses, réside-t-elle dans la constitution de grands groupes multimédias (sites web, TV, radios…). Pas sur, nous expliquent Poulet et Giret ! Outre le fait que l’information elle-même y occupe une place de plus en plus secondaire, ces grands groupes sont soumis en effet à des exigences de rentabilité  que les entreprises d’information ne sont pas capables de satisfaire.

Comment nos auteurs voient-ils donc l’avenir ? Expansion de la gratuité dans les années qui viennent et disparition plus ou moins rapide du papier au profit du tout virtuel ou du papier électronique, résistance des magazines papier spécialisés…Ne peut-on pas imaginer aussi que se développent sur l’Internet de nouveaux outils d’information de qualité, mais pas nécessairement moins exigeants. La véritable question étant de se demander comment peut se former une « opinion publique » dans un contexte de dispersion et de fragmentation de l’offre d’information ?

Bernard Poulet, Vincent Giret, « La fin des journaux », Le Débat, n° 148, janvier-février 2008.

Quel Parc Naturel Régional de la Narbonnaise ?

Contribution publiée dans l’Indépendant du 19 avril 2008


« Dans un article publié le 16 avril dans vos colonnes, vous  informiez vos lecteurs sur le débat qui ne manquera pas d’avoir lieu, pendant les deux ans qui viennent, sur le renouvellement du label du Parc Naturel régional de la Narbonnaise. Ce qui nécessite la rédaction d’une nouvelle charte et la définition d’un nouveau périmètre en sachant qu’un nouveau refus de Gruissan conduirait à la « mort institutionnelle » du Parc.

 

Pour l’heure, intéressons nous, aux limites territoriales du P.N.R. On ne s’en souvient peut-être plus aujourd’hui, mais ces limites du PNR ont fait l’objet, lors de son lancement par la Région alors présidée par J. Blanc, d’âpres discussions, dans un contexte où la préoccupation principale n’était pas nécessairement de donner au territoire concerné une identité claire. A l’inverse, je pense plutôt que, dans la mosaïque des territoires de la Narbonnaise de l’époque, aucun d’entre eux n’a été sérieusement étudié, et retenu,  en fonction de l’homogénéité de ses caractéristiques naturelles et de sa vulnérabilité aux risques environnementaux.

 

Quand on regarde la carte de la Narbonnaise, on  observe en effet que la «  frontière » actuelle du PNR, est, en gros, structurée par l’ Y  autoroutier,  avec, du côté littoral, un axe à dominante lagunaire Fleury –Leucate, et de l’autre côté de l’autoroute A9  un axe à dominante Piémont Boutenac-Fitou. On ne manquera pas de constater aussi quelques « trous » : la partie bâtie de Narbonne et de Port la Nouvelle, ainsi que les communes de Gruissan et de Treilles. Un ensemble territorial, donc, particulièrement hétérogène, coupé en deux par l’axe autoroutier le plus chargé en trafic de camions de l’hexagone avec, d’un côté,  une zone lagunaire remarquable, sensible et très fragile, mais sans Gruissan ( ?!), et, de l’autre, de la plaine et du piémont.

 

J’observe, en outre, que, pour ce deuxième ensemble de plaine et de piémont il n’y a vraiment aucune raison objective tenant à ses caractéristiques physiques et environnementales pour le limiter à l’axe Boutenac- Fitou. Avec ces mêmes critères, le périmètre pourrait, en effet, s’élargir jusqu’à Lagrasse, Mouthoumet…. Voire au-delà !…

 

J’ajoute enfin que, si on prend en considération  les communes dites « associées » au P.N.R, on se retrouve au total avec trois sous-ensembles découpés par deux voies autoroutières et très différents du point de vue de leurs «  valeurs » et de leurs sensibilités environnementales. Un véritable patchwork cousu du fil d’une logique principalement politique. Une logique qui consistait à prendre la plus grande «  part de marché  » institutionnelle possible.

 

Mon point de vue, à présent que le débat est ouvert, est qu’il importe de redéfinir ce périmètre géographique totalement incohérent pour n’en conserver que le seul territoire lagunaire compris entre l’autoroute A9 et le littoral. Ce territoire est, en effet, le plus emblématique, le plus homogène et le plus sensible de la Narbonnaise.

 

Un PNR resserré au plan géographique et environnemental et, lui « tournant le dos », circonscrit par la seule A 9, devrait aussi revoir le champ de ses actions pour les adapter à ce nouveau territoire. Pour les autres, elles, pourraient, sans grandes difficultés, être transférées aux nouvelles intercommunalités (C.A.N, Communautés de communes, SYCOT, Pays,)

 

Ainsi, affecté d’une plus grande lisibilité géographique, environnementale et institutionnelle, le PNR gagnerait beaucoup en intensité. Ce qui compenserait largement ce que certains pourraient interpréter, à tort, comme une perte de substance. Dans ce domaine, comme dans beaucoup d’autres, il est bien établi que l’efficacité n’est pas forcément  proportionnée à la taille. »

 

Il est interdit de ne pas interdire…

 

Pendant que des lycéens défilent derrière les banderoles des profs, des collégiens écrivent à leur inspecteur d’académie. Pour lui dire leur ras le bol de la violence. C’est Luc Bronner qui en rend compte dans le « Monde ». Extraits:

 » réagissez vite s’il vous plaît Mr l’Inspecteur », « Moi personnellement je ne peux plus travailler dans ces conditions et je vous informe que j’ai un avenir devant moi, que j’ai un brevet, un bac et un métier à obtenir »
. En haut à gauche de la feuille, Jenny (tous les prénoms ont été modifiés), 15 ans, élève de 3e au collège Jean-Moulin d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), a écrit son nom et sa classe, comme s’il s’agissait d’une rédaction. L’écriture est ronde, appliquée. La lettre adressée à « Monsieur l’inspecteur ». « Bonjour, commence-t-elle, j’ai l’honneur de m’adresser à vous pour vous faire part des conditions dans lesquelles nous, tous les élèves de ce collège, travaillions » Des élèves à l’intérieur et à l’extérieur du collège s’amusent à jetter des bouteilles remplies d’acide, des poubelles, des oeufs, des tomates… sur les élèves ». « Et encore ce n’est pas tout !, poursuit-elle. Nous ne sommes pas en sécurité ! Il y a des agressions physique et verbale. Dans ce collège, des élèves s’amusent à interrompre les cours d’autres élèves (…). D’autres sèchent leurs cours et trainent dans les couloirs, se mèttent à crié comme des sauvages. D’autres saute la grille. »…

Que proposent-ils ? Des profs en plus ! Non, plus de répression, plus de fermeté…

« Nayla, élève de 3e, suggère d’installer des caméras de vidéosurveillance « un peu partout dans le collège » afin de ne plus avoir peur dans les couloirs. « J’aimerais que il y a la police (à côté de l’entrée)« , explique un 4e. « Nous exigeons des grille fermé, des porte blindé et une tenue classe pour montrer une bonne image pour l’année prochaine dans le collège », écrivent Karim et Christophe.
Un 4e pense que « les éducateurs devrait être plus sévèr en vers les élèves ». Tous veulent des contrôles plus efficaces à l’entrée pour limiter les entrées intempestives d’adolescents extérieurs. Jenny a le dernier mot. Elle qui pense à son avenir, à son brevet, à son bac, sait ce qu’il faut. Deux mots en bas de sa feuille à gros carreaux, sans une rature, écrite d’un seul trait, d’un seul souffle : « Plus d’autorité ! »

Pendant ce temps, dans Télérama, on en finit pas de commémorer mai 1968, et Dany le Rouge est reçu par Nicolas à l’ Elysée…
 Quant à la rue, elle ne veut pas de réformesQue faire? dirait Vladimir…

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