Contre-Regards

par Michel SANTO

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Un troupeau de chèvre près de Madrid…

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Mardi soir au Théâtre, Vicente Pradal! Superbe spectacle. Voix, musique, poèmes… Un peu moins de deux heures prises à la vulgarité du temps présent. Celui qui ravit et béatise les bigots de l’actualité. Et la découverte de Miguel Hernàndez, natif de Orihuela, très belle petite cité de la province d‘Alicante, située à quelques kilomètres de Cox, le village de mon grand père. Voici ce qu’en disait Pablo Neruda, son ami:

Le maire et le citoyen.

La figure du maire, en France, est la plus appréciée des Français alors même que notre mode de gestion du niveau communal est probablement un des moins démocratique de l’Union Européenne.

Elu au second degré par le conseil municipal et inamovible, le maire devient ainsi le chef tout-puissant de l’assemblée et le maître des adjoints qu’il nomme et révoque selon son bon vouloir. S’y ajoute la spécialité bien française , avec celle des fromages, du cumul des mandats locaux et nationaux. Cumul impossible partout ailleurs en Europe, sauf en Belgique.

La conséquence de cette exception quasi mondiale en pays démocratiques (une de plus) est que « l’assemblée municipale » ne dispose d’aucun pouvoir de contrôle et de proposition. Phénomène aggravé par la mise en place en 1999 de communautés de communes et d’agglomérations gérant l’essentiel des compétences  antérieurement exercées par les communes (Eau, transports, ordures ménagères, économie…) et dont les présidents sont élus au deuxième voire au troisième degré.

Dans ces conditions, le citoyen ordinaire, comme l’immense majorité des élus locaux , ne peut à l’évidence identifier les véritables enjeux et responsabilités d’une gestion  territoriale locale en réalité empilée sur au moins 9 niveaux institutionnels. Les élections municipales de ce mois ci en sont la caricaturale démonstration. L’on y voit, en effet, des maires de grandes villes et leurs concurrents présenter des bilans et des propositions relevant de leur niveau de gestion, la commune, mais aussi de tous les autres! Un sommet d’incohérence et d’opacité jamais atteint dans notre histoire institutionnelle et politique.

Dans un tel contexte à la limite de l’entropie, notre pays, qui se présente toujours en gardien des principes républicains et en modèle de citoyenneté, serait bien inspiré d’aller voir ailleurs en Europe comment les pouvoirs locaux sont organisés et évoluent vers plus de démocratie. Il y a en effet urgence (une de plus!) 
  

De la sûreté dans le maniement de la langue.

Dans le concert de critiques sur la loi de rétention de sûreté, comme celle de BH Lévy dans Le Point du 28.02.2008, Robert Badinter  fourni matière et caution morale en dénonçant « un changement radical de notre droit  », une « dérive dangereuse  », ajoutant que « Depuis la Révolution française, on va en prison pour des actes ou crimes qu’on a commis, pas pour ce qu’on est, pas au nom d’une dangerosité indiquée par des psychiatres  »

Et BHLévy, d’en rajouter : « Les délinquants ne sont pas des malades…faire de la justice une région de la clinique …c’est renouer avec les temps sombres du pénalisme pré-moderne. »Simple, frappant et plein de bons sentiments. Mais faux ! Car il est  suggéré ainsi que, depuis
la Révolution, la justice pénale serait insensible à la personnalité des criminels et que cette ignorance seule aurait jusqu’ici été garante de sa probité. 

Sans vouloir établir ici la généalogie des relations entre le psychiatre et le juge bornons nous à rappeler que la loi relative à la rétention de sûreté ne constitue qu’une étape supplémentaire dans les interactions de plus en plus fortes entre le modèle juridique et le modèle clinique du contrôle social. L’adoption du nouveau Code pénal en 1994 , soutenue par Robert Badinter lui-même, s’inscrivant dans cette lignée « des lois successives qui ont permis au juge la prise en considération de plus en plus large de la personnalité du criminel  » .
 

Il ne s’agit pas pour moi d’approuver ou pas cette loi, mais de montrer en la circonstance que mêmes les plus grands esprits se laissent parfois aller à ,disons, la facilité…. Sur des questions sociétales sensibles et d’une aussi grande importance, un peu plus de retenue et de raison éviteraient en effet ce déchaînement de passions qu’alimentent encore nos apprentis sorciers  en mal de notoriété médiatique.

A la manière, et avec quelques mots, de La Bruyère.

n.jpgCe matin, dans la presse locale, un homme,court de taille et interminable de fatuité. Il ya des gens comme ça à qui les honneurs politiques arrivent comme un accident.Ils finissent toujours par se trouver dignes de leur étoile et croient avoir de l’esprit. Ajouterai-je qu’ils épouvantent et qu’ils déshonorent ceux qui ont quelque part à leur élévation.

Je vote Obama!

UnknownDécidément, nous vivons une situation politique bien étrange. D’un côté, un Président de la République qui, par ses propositions politiques, son comportement privé, voire son vocabulaire polarise l’ensemble des médias et fait exploser la représentation que se font les Français de l’exercice de la fonction présidentielle ; de l’autre, une opposition totalement désorganisée et sans programme dont les leaders espèrent engranger, à l’occasion des municipales, un maximum de troupes et de notoriété pour les futures présidentielles. Au milieu, un électorat de plus en plus inquiet pour son  pouvoir d’achat, ses retraites et l’avenir de ses enfants, et qui sanctionne sévèrement, dans les sondages, le locataire de l’Elysée.  Une situation qui amène journalistes et hommes politiques à penser ( le terme est peut-être un peu fort ) que Nicolas Sarkozy doit changer du tout au tout sa manière d’agir pour remobiliser son électorat et reconquérir l’opinion. Franchement je n’en crois rien. Il est dans sa nature d’agir et de parler ainsi. Il ne modifiera donc en rien son comportement, qui gagnera peut-être, espérons le, sur la durée, quelques « douceurs » italiennes, de style et de mots.En toute hypothèse, si année blanche il doit y avoir pour lui et sa majorité, qu’il engage enfin les véritables réformes de structure que le pays attend. Il n’en sera pas plus impopulaire pour autant et l’intérêt général, qui n’est pas conditionné par le nombre de villes perdues ou gagnées par ses amis, en sera, lui, satisfait. C’est dans cinq ans que les électeurs jugeront.Pas dans 15 jours!…En attendant, je m’apprête à voter Obama! Quel pays tout de même…

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