Contre-Regards

par Michel SANTO

Ils sont toujours communistes…

« Le capitalisme, c’est l’impasse ».La formule est de Marie-George Buffet, la secrétaire nationale du Parti Communiste Français. Elle en a fait le mot d’ordre du 34 e congrès de sa formation.Le socialisme serait-il donc la solution? Celui de Cuba ou de la Corée du Nord? De feu L’URSS ? Ou celui de la Chine communisée au plan politique et capitalisée au plan économique? Et pourquoi pas celui auquel pensent Hue et Gayssot qui , pour l’heure, ne pensent qu’à se plaindre de purges alors qu’eux mêmes ont souvent, et sans états d’âmes, purgé?
Pathétique PC qui fut de ma famille sur deux générations et demi: celle de mon grand père et de mon père. La mienne aussi durant mes années de jeunesse.
Un chemin qui permettait à des familles au combien modeste de s’intégrer à la société française au travers,paradoxalement, de sa critique sociale et politique. A son histoire, à sa culture et à ses valeurs. Pour nous, qui n’avions rien, le Parti était tout: une fraternité humaine,une maison commune et une espérance. Et si j’ai très vite appris à briser les murs de cette  » prison  » affective, intellectuelle et politique, je n’en regrette pas moins le temps ( au risque de n’être pas compris, mais peu importe… ) ou ce type d’organisation politique jouait un rôle   » d’intrégation  » pour toutes ces familles de déracinés venus du fin fond d’un quelconque ailleurs et qui, aujourd’hui, se jettent aveuglément dans les bras de chefs de bandes communautaristes ou fondamentalistes.
De ce point de vue, l’état de désintégration idéologique et politique dans lequel se trouve la gauche française est très dangereux pour notre démocratie. Et il serait temps qu’elle se resaisisse dans une conjoncture socialement très dangereuse.Canaliser, structurer et proposer un débouché politique à ceux qui ne se reconnaissent pas dans les décisions prises par les titulaires actuels du pouvoir sont, en effet, nécessaires pour que soient garantis un certain ordre démocratique et un bon fonctionnement de nos institutions démocratiques…
Ce soir, j’irais rendre visite aux Raynaud. Ils habitent toujours le même appartement HLM. Celui dans lequel j’ai grandi était au premier étage de l’escalier voisin. Ils sont toujours communistes.Et je les aime…

Virage à droite!



Après la rédemption du peuple américain par Obama, le retour du principe de réalité de la politique américaine. Voici ce qu’en rapporte Le Point:
« Mon premier a voté en 2002 pour l’invasion de l’Irak. Mon second y a dirigé l' »escalade » (le « surge ») qui a permis aux forces d’occupation américaines de briser les reins de l’insurrection. Mon troisième a commandé le corps d’élite des armées, approuvé l’invasion de l’Irak et l’escalade, et ne cache pas son amitié pour l’ex-candidat conservateur à la présidence, le faucon John McCain.
Mon tout – Hillary Clinton, Robert Gates et James Jones – constitue le « cabinet de guerre » que le futur président démocrate des États-Unis, Barack Obama, a présenté lundi matin dans son fief de Chicago. On se souvient qu’il a été élu, il y a un mois à peine, en dénonçant l’invasion et l’occupation de l’Irak, en affirmant que l' »escalade » y était vouée à l’échec, et en battant le républicain McCain qu’il dénonçait comme un dangereux belliciste décidé à poursuivre la guerre
. »
lire la suite…. 

Royal Aubry, le débat n’est pas clos…



Un certain nombre d’analystes de la vie politique française, comme Olivier Duhamel notamment, expliquent les difficultés et les divisions du Parti Socialiste par le fait que ses dirigeants et ses militants ( pour l’essentiel des élus locaux ou des collaborateurs d’élus aspirant à l’être ) n’ont aucun intérêt à détenir le pouvoir national, au risque de perdre leurs rentes locales, quasi assurées dans une situation d’opposition.
Nous serions donc installés dans un nouveau type de cohabitation où le national serait dévolu à la droite et le local à la gauche.L’argument est sans conteste sérieux et met en lumière, sous l’apparente irrationalité du dernier congrès de Reims et de ses suites, la conduite, elle, parfaitement rationnelle de ses principaux acteurs. La version politicienne de l’ hégélienne  » ruse de la raison  » en quelque sorte. Mais qui me semble occulter un autre  » surmoi  » tout aussi puissant, celui de son vieux fond révolutionnaire, marxiste et anti-capitaliste  qui  l’empêche de souhaiter à tout prix l’exercice du pouvoir, d’être tout entier tendu vers lui.
Dans l’esprit de beaucoup de ses dirigeants, en effet, cet exercice du pouvoir ne vaut qu’à la condition de pouvoir engager des réformes  » substantielles ou structurantes  » ,  » d’éclairer l’histoire  » . A quoi bon gouverner donc, si les conditions économiques du moment empêchent une politique généreuse de dépenses et un accroissement sensible de la redistribution? Reste un dernier facteur en prendre en considération, et non des moindres, à savoir le blocage politique et intellectuel de prendre acte que nous vivons dans un régime présidentiel et en démocratie d’opinion. Et dans tirer toutes les conséquences en termes d’organisation, de doctrine et de stratégie.
Contrairement à ce qu’en ont rapporté les médias, c’est bien ce débat là qui est engagé chez les socialistes français.Et la victoire à l’arraché et dans la confusion politique de Martine Aubry ne l’a pas clos.Sauf à postuler évidemment qu’elle sera capable, avec Hamon, Fabius, Jospin et Emmanuelli de faire sauter ces trois grandes inhibitions. Ce que je ne crois pas! La plus décomplexée pour ce faire étant indiscutablement, quoique l’on puisse penser de sa personnalité et de ses  » capacités « , madame Royal…

La démocratie n’est pas simple.

Philippe Val, n’écrit pas que des bêtises, il écrit même plutôt bien:

« Ségolène Royal n’aime pas le Parti, qu’elle veut remplacer par une foule à 20 euros plus sensible à la prédication qu’à la réflexion et à l’expertise, elle évite le Parlement, et oppose le bon sens régional — où la démocratie est censée être plus directe, ce qui, d’ailleurs, est faux — à la complexité nationale — où la démocratie est forcément représentative. Pour elle, chaque problème national doit être réglé par le niveau régional. Par exemple, les prisons sont un scandale d’inhumanité ? Confions leur gestion aux Régions. Les conditions de détention changeront du tout au tout d’une Région à l’autre ? L’égalité républicaine deviendra un vain mot ? On s’en fout. Par cette attitude vis-à-vis de la représentation, Ségolène Royal est vraiment dans l’air du temps. Les corps intermédiaires font l’objet d’une solide méfiance. Le savoir n’est pas en vogue. La société n’a guère d’estime pour ses professeurs, ses journalistes, ses médecins des hôpitaux, ses magistrats, ses artistes, ses politiques… Elle a tort. Ils sont censés, à divers niveaux, s’interposer entre la violence du pouvoir et le corps du citoyen. Les médias permettent aux démagogues de faire croire que tout irait mieux si on se « parlait en direct ».sans tous ces parasites d’intermédiaires. Cet éloge d’une démocratie plus simple marque, en réalité, le désir d’un pouvoir sans obstacle. La démocratie n’est pas simple. C’est une culture subtile, qui, au contraire, gagne en efficacité à mesure qu’elle gagne en complexité. Le travail des hommes et des femmes politiques consiste, entre autres choses, à nous élever et à nous intéresser à cette complexité. On est loin du compte. »

Philipe Val, Charlie-Hebdo

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