Contre-Regards

par Michel SANTO

Chronique de Narbonne. Conversation avec Edouard R…

 

conversation


Un dimanche matin de janvier comme je les aime. Lumineux et doux. Face au soleil, en compagnie de mon jeune ami Edouard, nous improvisions sur le thème de la liberté «permise» dans l’engagement militant et l’exercice d’un mandat politique.

Je soutins qu’elle est très réduite, voire, pour le plus grand nombre, nulle. Sauf à considérer le projet politique qui mobilise le militant ou le politicien tout entier dans ses pensées et dans ses actes comme intrinsèquement libérateur. Dans ces conditions, en effet, «la privation de liberté» dans le présent de l’engagement politique (traduire : sens des responsabilités) est la condition d’une totale liberté dans la réalisation espérée du projet politique qui la porte.

La vérité!

opinion

Patrick est un journaliste talentueux. Trop à l’étroit dans l’information quotidienne, celle des ordures ménagères normalement collectées et des eaux régulièrement distribuées (on le comprend !), il nous convie, tous les jours ou presque, à partager son « humeur ». Un genre littéraire confortable qui permet de s’affranchir des contraintes déontologiques propres au métier.

Un clochard céleste.

  imgres

Un clochard a élu domicile dans l’entrée de l’ancien magasin Gagnoud. En quelques jours, il l’a transformée en un «confortable» abri  tapissé de cartons, du sol au plafond.

Ses collègues viennent souvent lui rendre visite; des jeunes surtout.

De ma fenêtre, tous les matins, je l’observe. Il est 9 heures. Il sort de son refuge. Saute et s’amuse avec son chien. Comme un enfant ! Pousse du pied les papiers et les mégots qui jonchent «  son » trottoir. Se baisse, en ramasse quelques uns qu’il s’empresse de jeter dans une poubelle voisine. Un moment inattendu d’élégance et de dignité.

La vulgarité n’est pas où habituellement on la croit. 

CCI de Carcassonne et de Narbonne, une fusion utile ?

Dans l’Indépendant du jeudi 26 octobre 2006, page 4 de l’édition de Carcassonne, dans l’article titré : « Fusion des deux chambres de commerce : le chantier est lancé.», Laurent Spanghero nous précise qu’elle est nécessaire « pour améliorer l’efficacité des entreprises. »

Examinons donc les arguments avancés par les promoteurs de ce projet. Et tout d’abord celui de «  l’efficacité » présenté par L. Spanghero. Franchement, j’ai beau examiner la proposition dans tous les sens, je ne vois pas comment…Depuis quand, en effet, seules, à deux ou à trois les CCI améliorent-elles l’efficacité des entreprises. En quoi, et avec quels moyens contribuent-elles à leurs efforts dans la recherche d’une meilleure productivité et de nouveaux marchés, par exemple. Laurent Spanghero le sait mieux que quiconque, le pouvoir des organismes consulaires dans ces domaines est quasi nul. Il relève principalement de l’Etat pour la réglementation du marché du travail et de la fiscalité, des Régions pour les aides aux entreprises et des intercommunalités pour, notamment, la création et l’aménagement des zones d’activités. Concédons lui, néanmoins, un certain rôle dans la formation : l’apprentissage et la formation continue…elle aussi sous contrôle régional ! Mais enfin, de là  en tirer argument pour une fusion… Non ! La vraie raison est ailleurs.

Serait-elle alors, comme le disait J. P Heurley, le Vice-président de la CCI de Narbonne, dans le même journal, mais dans l’édition de Narbonne, dans le désir de « faire exploser (sic) la frontière entre les deux parties du département. » Mais lesquelles ? Celles du climat, des paysages, des cultures et des « bassins économiques » ? Impossible, bien sur. Soyons sérieux et demandons nous plutôt ce qu’il y a de commun, en effet, par exemple, entre les économies de la  Haute Vallée de L’Aude, du Lauragais, du Carcassonnais… et de la Narbonnaise ? Et quelles seraient les interactions à promouvoir entre Narbonne, Limoux et Castelnaudary ? La réponse est évidemment dans la question et ne mérite pas de plus amples développements. Les producteurs, les distributeurs de biens et de services, comme les consommateurs  du bassin d’emploi de Narbonne,  savent que ce bassin est structuré et animé par une dynamique littorale. Dynamique qui le place en situation de « coopération » avec le Biterrois sur l’axe qui le relie à Perpignan, et au-delà…

Serait-elle, peut-être, rendu nécessaire parce qu’elle anticiperait un regroupement voulu par l’Etat ? La réponse pour le moment est négative. Seules les CCI de moins de 3000 ressortissants  sont en effet concernées…pour la fin 2009…

Cette fusion se justifierait-elle, enfin, par le souci de mieux défendre les «  intérêts » des entreprises en regroupant les moyens consulaires au niveau départemental ? Pour mieux négocier aides et subventions alors que la compétence économique et les moyens financiers sont à la Région et dans les communautés d’agglomération? Je ne vois pas comment. Un seul président, d’une seule chambre de l’Aude, serait donc  plus fort que le président de la CCI de Narbonne  pour faire valoir  les « intérêts » des entreprises et du territoire de la Narbonnaise, par exemple, auprès de la Région, de la CAN et d’autres ? La question se posant de la même manière pour Carcassonne…Qui peut le croire ? En tout cas qu’on m’en fasse la démonstration. Et considérons, pour le moment, que la seule justification de cette fusion est qu’elle n’en a aucune…A l’exception du profit symbolique qu’en tirerait les élus du moment, et …Carcassonne du fait de son statut de préfecture.

Cela dit, pour conclure cette rapide analyse, si on se place dans une tout autre perspective, celle des territoires et de leur dynamique, le risque est grand pour la Narbonnaise, dans cette affaire, de se voir couper de son axe de développement associant le Biterrois et le Perpignanais. Il est vrai que la nouvelle direction de la CCI de Béziers a freiné le processus de rapprochement avec celle de Narbonne. Fallait-il pour autant  « couper le ponts » aussi vite et se lancer à toute vitesse dans un processus de fusion avec Carcassonne? Je ne le pense pas. Il y va de l’intérêt stratégique de la Narbonnaise, en effet, que de continuer à travailler en priorité, patiemment et continûment, à la promotion du Triangle d’Oc. Même si l’effet réel de l’action des CCI sur les territoires et leur structuration est négligeable, l’impact symbolique de leurs initiatives est bien réel. En ce sens elles contribuent à la formation de l’idée que se font les entreprises et les habitants d’un territoire et de son avenir. Ce qui n’est pas rien !

On comprendra donc à la lecture de ses quelques lignes que je ne suis pas du tout convaincu par la pertinence du projet de fusion qui nous est proposé.

 

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