Contre-Regards

par Michel SANTO

Un roman noir de G.J.Arnaud en « Narbonnaise » : « Les jeudis de Julie » !

Sans titre

Sigean est une commune à une vingtaine de kilomètres au sud de Narbonne. Vers 1970, employée dans l’immobilier, Marie Lacaze habite une maison au bord de l’étang  à l’écart du centre de Sigean, avec sa fille Julie. Noël, l’époux de Marie, est décédé cinq ans plus tôt ; leur aîné Simon est mort à l’âge de douze ans. Marie reste en contact avec Germaine Marty, la sœur de son mari, qui élève seule sa fille Gilberte, étudiante dans le social. Elle laisse une grande liberté à Julie, âgée de dix ans, qui aime flâner aux abords de l’étang. Le jeudi est encore le jour de repos des écoliers.

Philippe Jaenada présentait son roman « La Serpe » à Port-Leucate, cet été. Je l’ai lu…

Cette année, Michel Py m’a gentiment adressé (comme il le fait régulièrement à chaque rentrée littéraire) le dernier roman de Philippe Jaenada, « La Serpe »  (éditions Julliard), présenté en avant-première à Port Leucate le 20 août dernier, dans le cadre de la manifestation « Auteurs à la Plage » (1). Un choix judicieux : l’auteur figure en effet dans la sélection du prix Renaudot 2017, après l’avoir été dans celle du Goncourt. Un roman-enquête qui, d’emblée, à la vue de son épaisse taille (600 pages), m’a paru difficile d’accès ; jusqu’à ce que le « ton » de ses premières phrases finisse par me faire oublier très vite cette première (et fort paresseuse) impression.

Jean Cau, croqueur de Mitterrand (entre autres) et analyste de la Présidence de la République…

 

croquis-de-memoire

   

J’ai, sur ma table de chevet, les « Croquis de mémoire » de Jean Cau (trouvé chez un bouquiniste, récemment : 1€ !) Une leçon de style que je prends le matin, au lever ( Non ! soyons précis : assis, bien calé sur mon oreiller, une tasse de café bien chaud à portée de main.) Trois, quatre – pas dix –  pages et les fantômes de Mitterand, Pompidou, Genet, Lacan, Ava Garner, Dominguin, et bien d’autres ( Sartre, Mauriac…) surgissent en quelques brillantes notations sous sa plume. Un style ramassé, sec, brillant et une lucidité, une sincérité de ton qui font de Jean Cau un maître dans ce genre. Je ne me lasse pas, notamment, de revenir aux premiers lignes de cet ouvrage où il est question du jeune François Mitterrand, alors Garde des Sceaux, pour rebondir ensuite sur Dominguin ou Joë Bousquet :

Bien belle soirée, hier soir à « La Grande Librairie » avec Asli Erdogan et Dephine Minoui.

 

Asli Erdogan et Dephine Minoui.

   

Bien belle soirée, hier soir à « La Grande Librairie ».

Busnel y recevait, entre autres, Asli Erdogan (1), icône de la résistance au régime Turc de son homonyme. Cette femme extraordinaire est restée 4 mois incarcérée pour délit d’opinion et repasse en jugement le 31 octobre en Turquie. Malgré les menaces qui pèsent sur sa liberté et même sur sa vie, elle veut revenir dans son pays pour affronter ses juges afin de pouvoir continuer, nous dit elle, à écrire dans sa langue et sur sa terre tant les deux lui paraissent indissociables…Loin de ses racines elle perd ses mots et ne peux concevoir sa création littéraire que dans son pays….Cela passe avant toute autre considération, fusse au risque de sa vie.

Promenades autour de « La Librairie du Livre Voyageur »…

 

     

J’ai l’habitude (les matins seulement), qui ne s’explique pas, (encore que ce qui suit l’explique en partie), de prendre la rue Droite (piétonne) à son débouché , sur la place de l’hôtel de ville, pour la remonter ensuite, tout en saluant au passage quelques figures amies ou connues sorties sur le devant de leur boutique ou restaurant, jusqu’à la place nouvellement baptisée du Forum (désertée ou presque depuis la fermeture d’un magasin spécialisé dans le service informatique et la disparition d’un café restaurant dont le jeune chef avait la réputation de présenter  à ses clients de fabuleux « tartares ») ; place que je traverse ensuite, tout aussi habituellement, sur son côté droit, pour me diriger vers le collège de Cité ( j’y fus scolarisé jusqu’à la classe du brevet), après avoir cependant parcouru la très courte rue de l’Ancienne Porte de Béziers où se tenait jadis une crèmerie (on y expose désormais de vilaines, à mon goût, « toiles  » : je ne voudrais pas être trop offensant…) dans laquelle ma grand-mère maternelle (elle habitait tout près : rue Michelet) m’envoyait chercher des « yaourts-nature » élaborés par son propriétaire calotté et tout de blanc vêtu dont le plus proche voisin était un charcutier qui faisait le bonheur hebdomadaire des amateurs narbonnais de « tripette » (le jour de sa commercialisation des queues se formaient jusque dans la rue…)

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