Contre-Regards

par Michel SANTO

Un jardin sans nom.

UnknownIl est des endroits ignorés de la foule où flotte un sentiment de paisible quiétude. On y trouve souvent des jeunes gens rêveurs tout à leur amour, parfois un homme seul aux cheveux gris, toujours le même, perdu dans ses songes; ce jour là, une jeune maman et  son enfant dans ses bras endormi. Des touristes aussi traversent ce jardin pour rejoindre le cloître auquel il se trouve adossé. Ils le font à petits pas respectueux du silence et de la beauté du lieu. Un immense cèdre, quelques platanes, trois carrés de pelouses bordés de buis et une fontaine le composent. J’y retrouvais, certains soirs d’été, son gardien. Un homme discret qui me racontait sa dernière pêche dans l’étang de Bages , les habitudes des rouges-queues et les méfaits d’un couple d’éperviers devenu sédentaire. En fond sonore, l’apaisant murmure des eaux de la fontaine ajoutait un air de nostalgie à notre innocent bavardage. « Le temps s’écoule comme l’eau qui coule. » peut-on lire autour de son bassin… Depuis, mon jardinier est parti. Où ? Je ne sais ! Mais désormais , en cet endroit ignoré de la foule, je dois avouer que je n’y respire plus tout à fait le même air…

Un cheval au fond d’un puits.

 

 

 

Ce fait divers rapporté par le Midi Libre :  » Hier, en fin de matinée, les pompiers de Puisserguier et de Béziers sont intervenus à Puisserguier pour porter secours à un cheval qui avait disparu de son pré. L’animal venait d’être retrouvé par son propriétaire dans un puits profond de 8 m et entouré d’un muret. Les sapeurs pompiers ont alors mis en oeuvre des moyens considérables pour venir en aide à la bête qui attendait au fond de son trou.Un vétérinaire convoqué sur place a pu suivre les opérations de sauvetage. Une opération délicate qui s’est terminée quand l’animal a été sorti du puits dans lequel il avait passé plusieurs heures à l’aide d’un tractopelle.  » Une parabole sur notre temps

A Lise et Henri Barthe.

     

Lise Barthe nous a quitté en 2006. Henri, dimanche, est parti la rejoindre. C’étaient des amis. De ceux dont le souvenir restera à jamais dans nos cœurs. Nous les aimions pour leur gaité, leur élégance. Elle et lui rayonnaient à Séville, cette ville inouïe où le tragique de l’existence est mis en scène  dans  les ocres dorées de ses arènes. Une ville de fête où la présence de la mort a l’odeur sucrée du jasmin. Nous nous y rencontrâmes quelquefois. Toujours dans l’espoir d’assister au miracle. Celui de l’éphémère beauté des trois ou quatre véroniques que voudrait bien nous offrir Curro Romero. Un temps ralenti, étiré, suspendu dans le cercle de la vie. Dans une forme mêlant le rouge et le noir. Une vie plus forte que la mort. Voluptueuse. A l’image de ses jeunes danseuses de sévillanes déambulant à la tombée du jour sur les berges du Guadalquivir… Suerte Henri !

 

La hyène ricaneuse.

 

 

Article très intéressant de  » Slate «  sur la Hyène ricaneuse. A le lire au second degré on en tire un réel plaisir de lecture. Ainsi ce paragraphe où, je ne sais pourquoi, j’ai immédiatement pensé à un de nos amuseurs-sniper qui, tous les matins , sur une radio du service public, tire à vue et vulgairement sur tout ce qui se présente dans son champ de vision. A la condition toutefois que ses cibles soient dans le camp des méchants opposés à la bienpensance morale auto-proclamée. Un exercice très gratifiant au plan symbolique, sans danger et grassement payé :  » … en termes d’image publique, la hyène est avant tout handicapée par son rire. Gloussement innocent pour l’oreille objective, elle sonne pour beaucoup d’hommes comme un ricanement démoniaque qui annonce quelque plan machiavélique. En réalité, la hyène émet ce son caractéristique quand elle n’arrive pas à obtenir ce qu’elle veut; c’est l’expression d’une excitation mêlée à de la frustration. Les variations dans la hauteur du rire sont par ailleurs révélatrices de l’âge et du statut social. La hyène possède en effet un répertoire vocal parmi les plus riches de tous les mammifères terrestres, primates compris. Le rire n’est que l’une de ses nombreuses vocalises, à côté par exemple du cri enjoué qui signifie «je suis là», et de la kyrielle émouvante de murmures et de grognements échangés entre la mère et ses petits. « 

L’art de ramper.

 

 

 

 

C’est Nadine qui m’a remis en mémoire ce texte du baron d’Holbach: L’Art de ramper à l’usage des courtisans.  (Disponible en téléchargement sur Gallica). Un petit bijou de sociologie politique qui n’a pas pris une ride. Et quel style! Une vingtaine de pages qui éclairent notre « comédie du pouvoir ». Qu’elle se joue à Paris, Montpellier où Cucugnan. A l’Elysée ou dans un Hôtel de Région.Dans une entreprise ou une ONG… Lisez ce  petit extrait. Pas mal, non? 

 

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