Contre-Regards

par Michel SANTO

Au pays des chimères les arbres soulagent plus sûrement…

 

 
 

J’habite un petit immeuble du centre ville. Dans l’encadrement de ma fenêtre, un cyprès de haute volée : il vit au gré des vents et des saisons. De mes humeurs aussi. Sa cime ce matin ondoie amplement ; dans son coeur, un couple de verdiers gaiement s’affaire. C’est l’heure aussi où la pensée s’échappe : au pays des chimères les arbres soulagent plus sûrement ; et les heures importantes ont cette couleur verte, un souple remuement – les arbres frissonnent plus finement qu’homme ou femme sur cette terre…

Les peurs, les appréhensions, les soucis, la mélancolie, les tendresse, les émotions inexprimables, les arbres, pourvu qu’il y ait un souffle de vent, savent les accompagner.

Le précieux, le véritablement précieux est distribué sans le savoir et reçu sans contrepartie.

Henri Michaud : Poteaux d’Angle, page 58

Souvent les hommes restent debout près de la mer. Ils regardent le bleu. Ils n’espèrent rien du large…

       

Photo © Sarah Ann Loreth

 

Souvent les hommes restent debout près de la mer. Ils regardent le bleu. Ils n’espèrent rien du large, et pourtant demeurent immobiles à le fouiller des yeux, ne sachant guère ce qui les retient là. Peut-être considèrent-ils à ce moment l’énigme de leur propre vie.

Je regarde souvent la rue où je vais comme si…

 

Je regarde souvent la rue où je vais comme si

J’avais depuis longtemps quitté l’émouvante surface

Du monde pour l’autre côté sans fond qui nous efface

Un jour ou l’autre sans retour mais libres de souci.

Je m’applique assez bien à ce délicat exercice

Pour que très vite mon regard cesse d’appartenir

A l’amas nuageux d’espérance et de souvenir

Auquel j’aurai donné mon nom…

Jacques Réda : « La course : Nouvelles poésies itinérantes et familières 1993-1998 ». Éditions Gallimard, 1999. Page 11 « Un citadin »…

Illustration     :  Photo prise dans une rue de Gruissan  avec mon Iphone 6S .

Un moment d’été poétique. Guillevic: Ce Sauvage…

Mise en page 1


En ce début d’année, décédait Jean Pierre Liégeois. 59 ans à peine! Peu de temps avant qu’il ne m’informe de sa grave maladie, il m’avait prêté ce petit livre: un poème de Guillevic. Sa soeur a voulu que je le garde, en signe d’amitié. Il est dans mon bureau, sur une petite table. Il m’arrive de l’ouvrir au hasard, certains matins. Sans autres soucis que de lire trois ou quatre vers. Et de remonter jusqu’à leur source. Comme ce matin! Ne me demandez pas pourquoi.

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