Contre-Regards

par Michel SANTO

Souvent les hommes restent debout près de la mer. Ils regardent le bleu. Ils n’espèrent rien du large…

       

Photo © Sarah Ann Loreth

 

Souvent les hommes restent debout près de la mer. Ils regardent le bleu. Ils n’espèrent rien du large, et pourtant demeurent immobiles à le fouiller des yeux, ne sachant guère ce qui les retient là. Peut-être considèrent-ils à ce moment l’énigme de leur propre vie.

Je regarde souvent la rue où je vais comme si…

 

Je regarde souvent la rue où je vais comme si

J’avais depuis longtemps quitté l’émouvante surface

Du monde pour l’autre côté sans fond qui nous efface

Un jour ou l’autre sans retour mais libres de souci.

Je m’applique assez bien à ce délicat exercice

Pour que très vite mon regard cesse d’appartenir

A l’amas nuageux d’espérance et de souvenir

Auquel j’aurai donné mon nom…

Jacques Réda : « La course : Nouvelles poésies itinérantes et familières 1993-1998 ». Éditions Gallimard, 1999. Page 11 « Un citadin »…

Illustration     :  Photo prise dans une rue de Gruissan  avec mon Iphone 6S .

Un moment d’été poétique. Guillevic: Ce Sauvage…

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En ce début d’année, décédait Jean Pierre Liégeois. 59 ans à peine! Peu de temps avant qu’il ne m’informe de sa grave maladie, il m’avait prêté ce petit livre: un poème de Guillevic. Sa soeur a voulu que je le garde, en signe d’amitié. Il est dans mon bureau, sur une petite table. Il m’arrive de l’ouvrir au hasard, certains matins. Sans autres soucis que de lire trois ou quatre vers. Et de remonter jusqu’à leur source. Comme ce matin! Ne me demandez pas pourquoi.

Chronique de Narbonne, et d’ailleurs. Un bonheur de lecture, dans une boîte de « Livres comme l’air »…

 

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Habituel, et quotidien, tour de ville – grand! un peu plus d’une heure. Je traverse le jardin de la « Révolution » et m’arrête quelques instants devant la « boîte à livres » – une initiative lancée par Marie Aussilloux et reprise par la Ville: « Livres comme l’air ». Un rapide coup d’oeil, et, au milieu de rien, une « pépite »: Jean Pierre Verheggen: « Poète Bin Qu’oui Poète Bin Qu’non? » Sans défaut! Nette… À l’évidence jamais ouvert, le livre! Sa tranche en témoignait… Plus à présent. Ce n’est pas la première! Et merci à cet anonyme, s’il me lit, qui, avant-hier me fit tout aussi anonymement ce cadeau. Jean Pierre Verheggen donc, est un poète. Belge! L’Alphabet des lettres françaises de Belgique définit ainsi sa poésie :

Chronique de Narbonne. Petit hommage à un ami si peu connu: Jean Pierre Liégeois!

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Je n’aime pas les lundis. Comme m’ennuient les dimanches. De ces jours jamais pleins, j’en attends toujours le pire. Comme si le temps retenait sa faux. Des commencements toujours en suspens, des rues souvent vides, des vies en attente. Des espoirs toujours déçus et des aubes qui meurent. Je n’aime pas les lundis. Comme ce matin-ci, pluvieux, sur la place de l’hôtel de ville. Sylvain qui vînt à ma rencontre. Triste! Jean Pierre, son ami, qui était devenu le mien, dans la nuit, nous avait quitté. Je connaissais son état. Il me l’avait annoncé en janvier.

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