Contre-Regards

par Michel SANTO

Chronique de la Région LRMP: Sur M6, « Béziers, une ville sous haute surveillance »…

m6


Sur M6, hier: « Béziers, une ville sous haute surveillance ». Il y a tout juste deux ans (mars 2014), Béziers devenait, avec l’élection de Robert Ménard à la tête de la mairie, grâce au soutien du Front National, la plus grande municipalité de France gérée par l’extrême droite. Depuis, Robert Ménard ne cesse d’alimenter, par ses provocations répétées, la polémique. Au point d’être devenu le maire le plus controversé de France. L’enquête rend bien (c’est beaucoup dire) compte des thèmes et des coups de force idéologiques clivants de l’ancien secrétaire général de « Reporters Sans Frontière ».

Le sur-armement (impressionnant) de sa police municipale, sa première messe inaugurale de la féria en plein coeur des arènes, ses propos stigmatisants envers les populations gitanes et maghrébines, soutenus, il faut le dire, par une majorité de bitterois qui voit dans la réhabilitation du centre-ville et le retour des traditions locales, ou pas : sa crèche dans l’enceinte de la mairie, les signes avant-coureurs  d’un renouveau d’une ville dont le 1/3 de la population vit sous le seuil de pauvreté, alors que dans la période 1850-1950 elle fut une des villes les plus riches de France… En face, si je puis dire, des opposants politiques de gauche et de droite inaudibles. Tétanisés, ils se demandent encore comment cette élection a pu être, et par qui, rendue possible. Comme s’il était au-dessus de leurs forces intellectuelles d’admettre qu’à laisser des « pans » entiers des préoccupations vécues par les habitants d’une ville sans propositions politiques concrètes, on ne donnait pas les clefs de la cité aux plus extrémistes de ceux qui les revendiquent… Même « mal foutu », ce reportage a néanmoins le mérite de donner une image assez juste de la réalité sociale et politique de Béziers, d’en présenter les aspects les plus évidents. Il mérite donc d’être regardé, malgré, ses clichés, ses incohérences, ses raccourcis…  et des témoins « sujets à caution »,  dans tous les sens de l’expression… J’en ai relevé une, d’incohérence, et non des moindres, concernant, notamment, la viticulture, où il nous est montré le propriétaire d’un prestigieux château, qui « se bat pour que Béziers retrouve son rang de grand producteur viticole. » Sauf que le Jean en question, Jean Pau-Rosset, présenté comme un authentique vigneron bitterois, est, si je puis dire, tout autant Grand-Narbonnais (1). Son « château » de la Negly, présenté dans cette enquête, qui est le siège social de la famille-propriétaire, est, en effet, situé sur la commune de Fleury d’Aude. Pendant de longues minutes nous eûmes ainsi droit à une belle promotion de ce château sans que son apport au renouveau de Béziers nous fût démontré. Le plus drôle, de surcroît, était de voir un Christian Labit, qui n’a jamais « chaussé les crampons » à l’A.S.B.H, mais futur entraîneur et ancien  joueur du R.C.N.M, et son jeune fils, tirer des canards dans une des « chasses » de J.Pau-Rosset, aux « Cabanes de Fleury »… De quoi s’interroger sur les dessous « commerciaux » de ce genre d’émission! 


(1) Même si, soyons honnête, l’homme est tout autant propriétaire et exploitant dans l’Hérault, notamment sur la commune de Béziers ! C’est le cas de son cru de vin blanc, « l’Oppidum », qui provient des vignes de Béziers et Colombiers. Précisons aussi que cette famille, avec son cru «Clos des truffiers », issu de vignes situées sur les hauteurs de la commune de St Pargoire, dans l’Hérault, a obtenu la note de 100/100 dans la dernière édition du guide Parker-Wine’s Advocate, la référence mondiale des œnologues….


L’émission en replay en cliquant sur (ici)

 

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Commentaires (4)

  • Aimé COUQUET

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    Cher Michel SANTO, votre analyse vue de la ville de Narbonne ne peut être que superficielle, je le conçois ; comme les parisiens ou autres ne se seront pas aperçus que le château de la Negly est situé dans l’Aude (une injure pour les Héraultais et cela ne doit pas vous déplaire pour ce fameux Triangle d’Oc !) et que Christian Labit n’a jamais chaussé les crampons de l’ASB, car le documentaire est partiel et partial. Chacun y trouvant ce qui peut lui plaire ou déplaire. Il faut vivre sur place pour mieux comprendre ou du moins essayer de comprendre. Par exemple, vous dites « des opposants politiques de gauche et de droites inaudibles. Tétanisés, ils se demandent encore comment cette élection a pu être, et par qui, rendue possible ». Pour la droite, on peut comprendre, 19 années de gestion sans partage de la ville par l’UMP, les casseroles sont nombreuses. Pour le Parti Socialiste, sans remonter à Alain Barrau, la situation de mécontentement national provoqué par le gouvernement socialiste de puis 2012 compte énormément dans une ville pauvre où un tiers de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. En ce qui concerne l’action des communistes face à la politique municipale d’extrême droite de Robert Ménard, de la mienne au conseil municipal et dans la ville parmi la population, nous n’avons aucun complexe. Nous sommes clairs, actifs et rassembleurs. Le petit duce et ses afidés ne s’y trompent pas. Nous faisons l’effet en permanence d’essais d’intimidations suivis parfois par des menaces anonymes de mort. Toutefois, je reconnais que souvent vos commentaires, sur d’autres problèmes sont judicieux et frappés au coin du bon sens. Amicalement. Aimé Couquet.

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    • Michel Santo

      Michel Santo

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      Merci Aimé pour votre commentaire. Je reconnais que je suis allé un peu vite dans l’analyse politique de la situation bitteroise. Le genre du billet se prête mal à de longs développements. Mais son intérêt est de susciter des réactions comme les vôtres, pour éclairer certains points de vue, développer un commentaire; bref! faire ce que vous avez correctement fait… Je garde toujours un excellent souvenir de l’époque où nous nous rencontrions dans les allées de l’hôtel de région… Amicalement!

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  • Aimé COUQUET

    |

    Rebonjour, je vienzs de trouver sur Facebook le commentaire suivant :

    « MENARD A LA GUEULE DE BOIS »

    Robert Ménard, maire de la ville de Béziers, est bien mal renseigné.
    Il reproche à M6 d’avoir choisi pour son reportage sur Béziers de donner la parole Jean Rosset, un « vigneron de l’Aude » selon lui, qui ne serait donc pas légitime pour parler de Béziers. L’homme est propriétaire et exploitant de vignes dans l’Aude, c’est vrai, mais aussi et tout autant dans l’Hérault, notamment sur la commune de…Béziers ! C’est le cas de son cru de vin blanc, l' »oppidum », qui provient des vignes de Béziers et Colombiers.
    Toujours dans l’Hérault, la famille Rosset élève les raisins pour son cru « clos des truffiers ». C’est sur les hauteurs de la commune de St Pargoire que des syrahs ont été plantés en 1961 par Max Paux le père de Jean. Ce sont les plus anciens cépages du Languedoc.
    Et c’est là, à St Pargoire, que Jean Rosset est né et a vécu plusieurs décennies durant. Robert Ménard, entre ses longs séjours à Paris et au Qatar, n’a fait que passer rapidement par l’Hérault, en comparaison.
    Ce « clos des truffiers » héraultais c’est aussi, tout simplement, le seul vin du Languedoc a avoir obtenu la note de 100/100 dans la dernière édition du guide Parker-Wine’s Advocate, la référence mondiale des œnologues.
    Robert Ménard parle du vin comme d’une fierté locale, mais comment le connait-il si mal alors ? L’édile préférerait l’eau plate…
    Vivre à Béziers et ne pas boire de vin, c’est déjà « pécher ». Mais être maire de la « capitale mondiale du vin » et ne pas connaitre ses vignerons, c’est pécher…au carré !

    Toujours amicalement. Aimé.

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    • Michel Santo

      Michel Santo

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      Oui Aimé, c’est vrai! mais, comme je le précise dans mon billet, c’est son château de Fleury et ses chasses qui sont montrés, promus, dirais-je, plutôt, comme les bouteilles qu’il tient dans ses mains… Et si les vignes du « clos des truffiers » sont dans le 34, l’élaboration du vin se fait dans le 11… C’est pour cela que je parlais d’incohérence plutôt que d’erreur… À bientôt!

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