Contre-Regards

par Michel SANTO

Chronique de Narbonne: Au Grand Narbonne, le rond-point de la discorde pose une vraie question de fond.

Unknown-1Tiens voilà un vrai débat de fond sur ce que doit être le périmètre d’intervention d’une communauté d’agglomération en général, et celui du Grand Narbonne en particulier. La polémique lancée par Michel Py, le maire de Leucate, après qu’une vingtaine d’élus d’opposition, comme lui, du « groupe d’ouverture » présidé par Didier Mouly, auquel il n’appartient cependant pas,  se soient abstenus sur l’aménagement d’un rond-point giratoire sur la RD 627 s’y prête, si je puis dire, à merveille. À noter que Didier Mouly a voté pour, alors que Bertrand Malquier s’est abstenu – Tiens , tiens ! Mais allons à l’essentiel et écartons tout de suite le procès en « utilité » de ce rond-point: personne ne la conteste, semble-t-il. Non la seule question posée dans cette affaire est celle de savoir si le Grand Narbonne doit intervenir sur ce dossier en co-financement  d’une compétence strictement Départementale. La réponse est non! Et ce pour plusieurs raisons.

D’abord pour des raisons  qui tiennent à des principes aussi simples que ceux de spécialité et de clarté dans la conduite de l’action publique. Rappelons que le Grand Narbonne est un Établissement Public de Coopération Intercommunale (E.P.I.C) dont les compétences sont strictement limitées par la loi et ses statuts; et qu’il n’a pas  vocation à devenir un Conseil Général bis intervenant dans tout le champ « économique » ou social au profit de ses communes membres, ou de compléter les aides du Départements et de la Région à ces mêmes communes. Agir ainsi est aller à l’encontre de l’esprit et de la lettre des textes qui ont institués ces intercommunalités. C’est, de surcroît, par ces financements croisés, rendre totalement illisibles les compétences, et donc les responsabilités, de chacune de ces institutions. Comment s’étonner ensuite que devant un tels entrelacs de financements et de pouvoirs  plus personne ne s’y retrouve et que les électeurs n’aient plus d’intérêt pour une vie publique rendue consciemment opaque …  Le contraire serait étonnant! C’est aussi , pour le Grand Narbonne , se priver de ressources financières conséquentes qui auraient, dans un contexte de raréfaction fiscales, pu être utiles ailleurs … ou économisées afin de les restituer aux contribuables. C’est enfin aller à l’encontre des orientations de la Réforme Territoriale en cours au lieu d’anticiper ses effets et changer conséquemment  de « logiciel »  et de pratiques afin de s’y conformer le moment venu dans les meilleures conditions possibles. Il serait quand même temps de prendre la mesure des changements en cours! Un choc de simplification s’impose aussi dans ce paysage institutionnel local où s’empilent financements et compétences. Jacques Bascou et ses équipes seraient bien inspirés de procéder à un sérieux nettoyage de la maison « Grand Narbonne ». De ce point de vue, l’abstention de Bertrand Malquier et de quelques autres conseillers est utile. À la condition évidemment qu’elle soit suivie d’un vrai débat de fond plutôt que de vaines et stériles polémiques…

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Commentaires (3)

  • Elle

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    Qui est cet olivier bot journaliste auteur qui vient de me faire perdre mon commentaire ? Je disais que le journal d’aujourd’hui annonçait que le conseil général avait demandé un concours financier à l’agglo pour ce projet ???
    Il faudrait peut être changer le régime alimentaire de tous ces messieurs qui devraient avoir l’âge de sagesse pour qu’ils comprennent que travailler l’esprit clair et en accord avec la loi est préférable pour tous. Eh non ! Au lieu de faire le ménage, le sieur Bascou continue d’empiler (au moins 2 commissions qui feront double emploi), et d’aligner des idées embrouillées, embrouillées…. Et si on votait pour des enfants de 10 à 12 ans ? Ils gloseraient certainement moins !

    Reply

    • Michel Santo

      Michel Santo

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      Mais comment Olivier Bot a-t-il pu intervenir au point de vous faire perdre votre commentaire Elle?

      Reply

  • Contre-Regards » Chronique de Narbonne: Didier Mouly et Bertrand Malquier, un premier couac!

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    […] Dans une chronique récente, je notais, sans insister, que le Maire de Narbonne Didier Mouly avait voté, lors d’un dernier conseil communautaire du Grand Narbonne, pour l’attribution d’une subvention en complément du financement apporté par le Conseil Général de l’Aude, en la circonstance maître d’ouvrage de l’opération , pour la réalisation d’un rond-point sur le territoire de la commune de Leucate. C’est à l’occasion d’une lettre de Michel Py, le maire intéressé, à l’adresse et à l’ensemble du groupe dit de « l’ouverture », et dans laquelle sont fustigés les membres dudit groupe qui se sont abstenus avec à leur  tête  Bertrand Malquier, que cette information , jusqu’ici non démentie, nous est parvenue. Ainsi donc, entre les conseillers communautaires « Nouveau Narbonne »  et Bertrand Malquier , d’une part, et leur maire Didier Mouly, d’autre part, une première lézarde, un premier couac, vient de se produire sur un dossier d’importance. À moins que cela ne manifeste une impréparation totale du dit groupe et conséquemment une improvisation sauvage aux effets calamiteux. Ne parlons même pas des commentaires, forcément mal intentionnés, qui ne manqueront pas de surgir, c’est déjà le cas, sur la rivalité souterraine, réelle ou supposée, entre Didier Mouly et Bertrand Malquier. Dans cette affaire, indépendamment de ces aspects politiciens, j’observe que l’abstention de Bertrand Malquier avait au moins le mérite de poser un problème de fond quant à ce que devait être le périmètre d’intervention du Grand Narbonne. Cf ma chronique!  Un problème qui mérite qu’il en soit débattu sereinement une institution arrivée à maturité dans un contexte marqué par de lourdes contraintes financières, des projets de réformes des pouvoirs et compétences des Communautés d’Agglomérations et des difficultés de fonctionnement induites par une relation ville centre/ Grand Narbonne non participative. Cela dit, j’attends avec impatience le jour où sera débattu le financement de la rocade est de Narbonne (de compétence départementale, elle aussi). Le souci de la cohérence politique devrait amener Bertrand Malquier  et ses amis à renvoyer le Département dans ses compétences et  promouvoir, en toute logique, et à tout le moins, l’abstention. Ce serait, de sa part, cohérent et courageux. Ne dit-on pas que c’est ce qui manque à notre classe politique? Au fait, qu’en pense Didier Mouly? […]

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