Contre-Regards

par Michel SANTO

Chronique de Narbonne, et d’ailleurs. Loi El Khomri: la « tartufferie » politicienne de nos deux députés…

Tartuffe


Disons le tout de suite : je considère que le projet de loi El Khomri, même dans sa version remaniée après des négociations menées par le Premier ministre avec la CFDT et l’UNSA , notamment, va dans le « bon sens ». Disons aussi que, face au blocage de la gauche de la gauche et des frondeurs du PS – archi minoritaire au groupe socialiste de l’Assemblée, mais décidés à tout faire pour dissuader François Hollande de se représenter en 2017 – et au vote contre annoncé de la droite et du centre déjà engagés dans le combat des présidentielles, Hollande et Valls n’avaient pas d’autre choix que de recourir au 49.3. Abandonner ce texte, après celui sur la déchéance de la nationalité, eût été en effet politiquement suicidaire pour le couple exécutif, comme l’eût été aussi un débat parlementaire sans fin autour de près de 5000 amendements avec, à la sortie, une loi illisible et une rupture profonde du « dialogue » social avec une partie du monde syndical des salariés et du patronat (notamment celui des PME-PMI). Disons enfin à ceux qui, à gauche, rejettent le principe même du recours au 49.3, que cette procédure figure dans notre Constitution et que le record de son utilisation sous la V ème République est détenu par un gouvernement dirigé par Michel Rocard de 1988 à 1991, soit 28 fois en trois ans ! Cela dit en préambule pour briser ce voile d’hypocrisie sous lequel des « frondeurs » et leurs « idiots utiles » se cachent en faisant semblant de vouloir faire tomber cette loi et ce gouvernement par le vote d’une motion de censure, qu’ils refusent à présent de voter avec la droite, les amis de Mélenchon et certains écologistes. Et pour  enfin dire le fond de ma pensée sur l’attitude de certains députés, comme dans mon Département Monsieur Pérez et Madame Fabre. «Courageux» en diable, le premier, quelques heures avant la convocation par François Hollande d’un conseil des ministres extraordinaire pour décider de l’utilisation du 49.3, et sa consoeur, une heure seulement après son annonce ( !), faisant savoir « qu’ils ne voteraient pas le projet de loi en l’état » ! Et ce tout en refusant leurs deux voix aux « frondeurs », notamment, pour atteindre le nombre de 58 députés – le seuil minimum nécessaire – afin de présenter une motion de censure de «gauche», comme de les ajouter évidemment à celles qui s’additionneront à la motion de censure déposée par la droite et le centre réunis… Alors, quand je lis, sur les réseaux sociaux, remerciements et flatteries adressés à ces deux députés pour le courage de leur position dans cette séquence politique, le rouge, si je puis dire, me monte au front. La tartufferie ainsi promue par des représentants du « peuple », et encouragée, par ignorance et/ou allégeance, disons affectives, comme je peux le constater aussi dans le département voisin de l’Hérault et d’autres de la région LRMP, à ce niveau d’incandescence politique, atteint des sommets où l’emblématique Tartarin accède au rang des maîtres de la science politique… Et où l’électeur, selon « l’historique postulat » énoncé par Georges Frêche, est pris pour un con!

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