Contre-Regards

par Michel SANTO

Chronique de Narbonne. Que faire du Palais des Arts des Sports et du Travail?

  Palais des Arts, des Sports et du Travail


Dans ma petite ville, il est un grand et volumineux bâtiment public: le Palais des Arts des Sports et du Travail, dont personne ne semble se soucier, alors que, depuis de nombreuses années, son état ne cesse de se dégrader au point, aujourd’hui, d’être entouré de hautes barrières de sécurité afin d’éviter que des plaques entières de « béton-armé » ne tombent sur la tête de curieux, de touristes, de promeneurs ou d’amateurs de l’architecture dite « moderniste ». Des barrières qui rajoutent à l’état de désolation de cet ensemble architectural, comme s’il ne suffisait pas que les marches d’accès à son « jardin » soient défoncées et ses façades, par « plaques », réduites à leurs squelettes de « ferrailles » rouillées. Dernière touche finale pour enlaidir l’ensemble, une structure mobile au design improbable vient, sur son abord immédiat, d’y être installée, pour, m’a-t-on dit, servir de salon de réception lors de manifestations sportives, notamment.

Il faut bien le reconnaître, ce Palais du Travail, a, et fait encore l’objet d’un rejet esthétique, culturel et politique de la part des élus de droite et de gauche qui se sont succédé à la « mairie », et ce depuis des décennies, pour administrer cette Ville. Or, figurant sur la liste des «monuments classés», et ne pouvant être «rasé» – ce qui dans l’inconscient narbonnais serait, hélas, la meilleure des solutions envisageables -, il est enfin temps de se poser la question de savoir qu’en faire, comment et avec qui.

Situé sur un axe structurant de la ville, quasiment «collé» à la toute récente médiathèque de Narbonne, à l’architecture elle aussi dépouillée et «référencée» à celle de son ancien voisin. Face aussi à ce qui est certainement le plus bel ensemble du type «haussmannien» de Narbonne, l’on ne peut plus laisser ce «quartier» et ce bâtiment dans un tel état d’abandon.

Je sais bien que le coût d’une rénovation de ce Palais est élevé – a minima 20 millions d’euros -, comme je sais aussi que le Ministère de la Culture est prêt à accepter certains accommodements pour en faciliter l’exécution, éventuellement en partenariat avec un opérateur privé.  Ce que je sais enfin, c’est qu’il est possible, à condition d’en avoir la volonté politique, de réconcilier les narbonnais avec cette oeuvre emblématique d’une époque et d’un style architectural pour en faire un lieu plus qu’attractif au plan touristique.

Comme il est évident que l’on ne peut plus continuer à «tourner le dos» à cet «objet architectural», comme à son environnement patrimonial pendant encore trente ans, la question est dorénavant posée, à ceux qui gèrent, ont géré ou prétendent, dans six ans, administrer notre cité: «qu’entendez vous donc faire de ce Palais des Arts, des Sports et du Travail?». La réponse à cette banale question me semble autrement plus importante que celle de savoir si la priorité des priorités est  la création d’une salle multimodale et multisports à 18 millions d’euros, pour sa construction, et 2 millions pour son fonctionnement…

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