Contre-Regards

par Michel SANTO

Collaborateur parlementaire ! Un métier, mais lequel ? Un exemple montpelliérain…

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Que les assistants parlementaires des députés et des sénateurs forment une « petite entreprise familiale politique » – la famille étant entendue ici dans tous les sens possibles – est une évidence connue de tous ceux qui s’intéressent à la vie publique. L’affaire Pénépole Fillon le révèle  d’une manière particulièrement cruelle pour l’intéressée, comme pour son candidat d’époux  à la présidentielle. À tous les commentaires, indignations – réelles ou surjouées –, je m’abstiendrai donc, dans ce billet, d’en rajouter. Tout a été dit, ou presque, en effet. Et ce serait trop facile de me faire passer pour un ange de vertu, que je ne suis pas, en suivant la meute ! Je n’aspire pas à la sainteté. Ce que n’hésitent pourtant pas à nous faire croire, certains des collaborateurs de députés de ma région qui voudraient nous  persuader que leur « travail » serait contraint par des règles de droit commun – sans rire ! Qu’il n’aurait rien de fictif, que leurs allées et venues dans les couloirs et bureaux de l’Assemblée seraient soumises à un contrôle strict de leurs employeurs, que leur présence sur leur lieu de travail et le contenu effectif de leurs tâches seraient précisées dans une fiche de poste etc. Qu’ils travaillent, sans doute ! Mais d’un  travail très particulier qui relève plus de l’activité d’un permanent de parti politique, ce qui n’a rien de déshonorant en soi, plutôt que de celle d’un fonctionnaire des impôts. De sorte que l’on peut aisément en conclure que leurs salaires relèvent classiquement du financement public indirect des partis politiques. La souplesse et l’absence de contrôle en plus ! On voit mal en effet un député, considéré comme particulier-employeur, s’auto-incriminer en allant raconter que son assistant(e) n’en fiche pas une… Julien Dray  reconnaissant lui-même  qu’il pourrait demander – à la limite, et caricaturellement précise-t-il cependant –, à son assistant parlementaire de repasser ses chemises – ou de coller ses affiches ! – sans qu’on puisse le lui interdire ou le lui reprocher. C’est dire la très grande diversité des compétences requises aussi. En théorie, évidemment ! Une caricature, entre parenthèses, vécue par un de mes amis, dans le temps où il faisait ce « métier »… Pour finir, et illustrer mon propos, sur le caractère éminemment politique de ce métier, je prendrai le seul exemple de Hussein Bourgi, un voisin de Montpellier, particulièrement actif dans la vie politique départementale et régionale et les réseaux sociaux. Premier fédéral du PS de l’Hérault, il est aussi conseiller régional de la région Occitanie-Pyrénées-Méditerranée, président de sa commission « Transition écologique et énergétique, Biodiversité, Economie circulaire, Déchets » et assistant parlementaire de madame Dombre Coste Fanny. Son job et son périmètre d’action pour sa députée-employeur ? «Basé en circonscription, il est chargé des relations avec les élus et les acteurs locaux. » Tout un programme ! Un croisement parfait de compétences, si je puis dire : un mandat électif, des responsabilités politiques de premier plan et l’exercice du «métier»  de « collaborateur d’élus ». Un « métier » qui l’amène « professionnellement » à être aussi au premier rang de tous les combats politiques, en interne et contre ses adversaires de droite, de gauche ou d’ailleurs. Qui pourrait le lui reprocher ? C’est légal, et c’est son boulot, non ? Et il n’est pas le seul à l’exercer ainsi, à gauche et à droite.

 
 

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Commentaires (1)

  • Patrick Martin UZAMUGURA

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    Excellent article qui aura éclairé nos lanternes sur ce métier et met en lumière cette machine à calomnier du canard déchainé. POURQUOI réserve-t-on ce traitement à M. François FILLON et ne préscrivent-ils pas cette endoscopie à l’ensemble des candidats à la présidence? Serait-ce pour que rien ne change, pour que les extrémistes poursuivent leurs ascensions aux portes du pouvoir et justifier ainsi le vote républicain… une victoire sans bataille en quelque sorte…

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