Contre-Regards

par Michel SANTO

Étrange calme avant la tempête du 18 juin !

Maxime Tandonnet écrit ceci dans un de ses derniers billets : « Ces derniers jours, la France d’en haut, médiatisée, visible, officielle, communie dans un indescriptible enthousiasme, et quasi unanime, à propos de l’élection du plus jeune président de l’histoire, de la faillite des « vieux partis » et de la recomposition politique en marche… Après la déprime de ces dernières années, l’heure est de nouveau à l’optimisme et à l’allégresse médiatique. Il devient incongru de s’interroger sur les ambiguïtés de la situation politique actuelle… »

Indescriptible enthousiasme, illusoire euphorie… Bigre !  Je ne dois pas vivre dans la même France que Maxime Tandonnet. J’y perçois plutôt une vague attente mêlée d’optimisme et d’inquiétude ; une perception de l’avenir plus raisonnée, plus pragmatique, sans lendemains qui chantent ni horizons radieux ; détachée de « lourdes » croyances dans lesquelles on voudrait l’enfermer : mondialisation multiculturaliste ou néo nationalisme identitaire… Mon impression est que nous sommes à un moment de notre histoire où se redéfinissent les frontières partisanes et idéologiques, où sautent les faux clivages entretenus par de vieux partis devenus inaudibles, où le souci de la « vérité » des choses et des faits semble l’emporter sur les préjugés et les intérêts de partis… Et pour peu que les électeurs , dont on sous estime l’intelligence collective, donnent en juin à Emmanuel Macron et son équipe ministérielle une large majorité pour gouverner, ce vaste mouvement de recomposition politique autour de la République en Marche devrait sans retour l’emporter. Pour cela, il importe que les deux grands partis de gouvernement se mettent eux aussi en mouvement, qu’ils  révisent leur socle doctrinal et leurs pratiques pour occuper l’espace aujourd’hui couvert par les extrémismes de gauche et de droite. Le véritable danger pour la démocratie serait  qu’ils n’y parviennent pas. C’est dire leur responsabilité historique, une fois close cette longue séquence électorale après ces élections législatives… Moins pour eux-mêmes que dans l’intérêt de tous…

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Commentaires (10)

  • dumas

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    Les bouts de l’omelette doivent exister. C’est par là que s’écoulent les humeurs. Aujourd’hui ces extrémités sont extrêmes. Les ramener à une juste mesure démocratique ne sera pas si simple, eu égard à l’indifférence d’un centre mou qui a construit la France autour d’une seule idée : « pas de vague ».
    Aujourd’hui qu’un monde nouveau se dessine avec force, ce centre là s’écoule en petites nappes autour de l’omelette . Il faut éviter qu’il parte alimenter les bouts. reconstruire des partis traditionnels est une urgence pour l’équilibre du plat afin qu’il reste démocratique.

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    • Patrick Paoli

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      Messieurs, à l’heure du repas de midi, je lis vos échanges ! Vous m’avez mis en appétit ! Alors, Santé à vous tous !

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  • Raynal

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    Je partage tout a fait ton sentiment, Michel Santo…La sensation de vivre un moment de grande mutation, un moment crucial de notre histoire…Pas mal d’espérance et puis aussi la légère inquiétude que l’on ressent devant une forme d’inconnu et la disparition de certains repères qui nous guidaient politiquement depuis si longtemps….L’espoir que nous ,avons peut être, avec le calamiteux Hollande, touché le fond de la piscine et que par conséquent il ne reste plus qu’a remonter….Mais aussi la crainte de se faire une fois de plus abuser, par du clinquant et du faux brillant….Cette mutation que nous vivons, elle est mondiale….Gramsci nous le disait ( de mémoire )  » c’est entre ce qui finit et ce qui n’est pas encore advenu qu’est l’espace ou se nourrissent les monstres  »Les vieux reflexes et les vieux schémas ne peuvent rien contre l’évolution des sociétés mais tous les conservatismes possèdent toujours une considérable capacité de nuisance….ce sera surement dur et long… Hoerderlin disait que  » quand croissent les périls, croissent de même les raisons d’espérer  »….Mais après une vie de spectateur engagé dans la vie politique, je n’espérais plus voir enfin ce qui arrive….Et je veux y croire…

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  • coupeaux

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    Une réponse simple, vraie, la démocrasie se fait avec des partis ,sans cela elle n’existe pas !

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  • Michel Dumas

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    Espérons, espérons, espérons!..

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  • Michel Dumas

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    Hölderlin dit aussi: « les peuples somnolaient, le destin prit soin qu’ils ne s’endormissent point ».. pourvu qu’il ait raison!..

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  • Aimé COUQUET

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    La citation de Gramsci :  » Le vieux monde finit, le nouveau tarde à naître. C’est dans ce clair obscur que naissent les monstres. »

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    • Michel Santo

      Michel Santo

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      Citation qui fait écho à celle de Goya, de mémoire : « la sommeil de la raison engendre des monstres »

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  • coupeaux

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    il n’y a dans la nature que du noir et du blanc.
    toute la peinture est dans les sacrifices et les partis pris.

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