Contre-Regards

par Michel SANTO

Hollande et le complexe d’ André Gide.

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Conférence de presse de François Hollande hier, et confirmation d’une manière d’être, qui, comme celle de son prédécesseur, ne me semble pas correspondre à ce qu’attendent les Français d’un chef d’Etat ; mais peut-être que je me trompe. Soit! Disons alors plus précisément que son style ne me convainc pas, même si je lui accorde bien volontiers le relatif courage de privilégier une « stratégie de l’offre », que déteste une grande partie de ses troupes, plutôt qu’une relance de la croissance par la « demande », que réclame nombre de ses soutiens; y compris dans son propre parti. Mais cela est dit d’une telle manière et mis en oeuvre avec si peu de moyens, qu’il réussit le tour de force ne ne convaincre personne; à la seule exception, dans la presse de ce matin, de « Libération » ( Au train où va ce quotidien, qui fit recette dans l’anti-sarkozisme primaire et secondaire, je ne donne pas cher de sa survie économique…). Pour en revenir à son style, ou à sa méthode, c’est le terme (!) préféré de nos éditorialistes, je ne saurais mieux le décrire que ne le fait Simon Leys dans son abécédaire consacré à une de nos « icônes » du monde littéraire. Je le cite: ( « Son indécision, ses vacillements, ses hésitations et ses contradictions étaient légendaires parmi ces intimes. Avec lui nulle décision, n’était jamais ferme, ni définitive; parfois, d’une même haleine, il réussissait à opter simultanément pour une ligne d’action et pour son exact opposé…l’ambiguïté était son élément naturel, il se complaisaient dans l’équivoque… chaque affirmation étant tempérée d’une réserve, et chaque réserve remise en question par une réflexion après coup, qu’il était impossible de savoir s’il approuvait ou désapprouvait la thèse.  Il adoptait cette même attitude à l’égard de toutes les questions grandes et petites…  il eût certainement souscrit à cette antique sagesse persane : « quand vous entrez dans une maison observez toujours où est la sortie. » Plus profondément  cependant, son indécision permanente reflétait son refus de choisir car chaque choix entraîne un sacrifice et une perte… Il opposait le mot de Stendhal: « J’ai deux manières d’être: un bon moyen d’éviter l’erreur. »  pages 111 et 115 de l’édition Folio: voir image ) On aura deviné qu’il s’agit là de celui qui régnât longtemps sur les « Lettres française », l’auteur des « Faux monneyeurs »: André Gide! 

 

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Commentaires (5)

  • raynal

    raynal

    |

    Joli portrait très  »vachard » de Gide.

    J’ignore si l’auteur des  »nourritures terrestres  », livre qui m’a effectivement nourri comme d’ailleurs toute l’oeuvre de cet immense bonhomme etait aussi vélléitaire que cela est décrit
    par Leys…

    Je sais seulement qu’il fut un des premiers a dénoncer les ravages et les horreurs du colonialisme (voyage au Congo ) a une époque ou la chose laissait tout le monde dans la plus parfaite
    indifférence.

    Il fut également, a une époque ou c’etait bien plus mal porté qu’aujourd’hui un des seuls  a oser avouer et évoquer sa sexualité »déviante » (Si le grain ne meurt, Corydon ) ce qui lui valut
    d’ailleurs le rejet de ses meilleurs amis entre autres Claudel ou Jammes.

    Un des tout premiers, encore, a denoncer l’imposture du totalitarisme soviétique (retour d’urss ) a une epoque ou la quasi totalité de l’intelligentsia s’extasiait de conserve sur les pseudo
    reussites de la  »patrie des travailleurs »…Ce qui lui valut un tir de barrage auquel peu d’hommes auraient resisté.

    Pour un velléitaire, voilà un bilan qui n’est pas trop mauvais, n’en déplaise a Simon Leys dont la trace dans l’histoire de la littérature est nettement moins prégnante, me semble t’il.

    Pour moi André Gide fut une conscience, un etre pensant et écrivant libre, un puriste et un styliste de l’écriture sans égal…Je suis très économe de mes admirations, mais là…Sur ce parcours
    intellectuel et sur ce parcours humain, chapeau bas et merci Monsieur Gide !

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  • Michel Santo

    |

    Ces traits de la psychologie d’André Gide, rapportés par tous ses biographes et que lui même note dans son journal ( sans doute le meilleur  des sa production littéraire ! ) n’enlève rien à
    la qualité de son style ni à son oeuvre, Jacques. Ses intimes, comme la Petite Dame ( sa secrétaire ), Pierre Hébrard, Martin du Gard, Schumberger, notamment, et surtout, l’on rapporté. Simon
    Leys , qui est un excellent essayiste, se contente de reprendre, dans cet abécédaire, que je te recommande, ces traits bien connus de son caractère. Tu y liras des lignes de Gide où il expose
    sans fard cela…et le reste. Ses difficultés à choisir, à prendre parti etc…Mais aussi son sens de l’amitié etc… Et puis, quand il reçut le prix Nobel, en 1947, dans sa réponse au Comité (
    texte admirable ) ne dit-il pas , entre autre ceci:  » Si vraiment j’ai représenté quelque chose, je crois que c’est l’esprit de libre examen, d’indépendance et même d’insubordination, de
    protestation contre ce que le cœur et la raison se refusent à approuver . »

    Reply

  • pibouleau

    |

    qu’il m’est doux de relire Dédé Gide surtout avec ces accointances. Mimolette 1er délmasqué par un occis ? Funèbre destin…je m’en rejouis. Je n’étais pa sau courant mais il a dit qu’il
    était « socialiste » ! ça m’inpertèle ?  Un gag man ce gugus

    Reply

  • pibouleau

    |

    Ah qu’il est doux d’être entre gens de bonne compagnie. Herbart : L’âge d’or ! Le premier roman de Pierre H (Le rôdeur) publié grâce au concorus de Gide. P.H. un paroucrs exceptionnel :
    résistant, homme politique et homme de lettre.

    « Si j’étais fort, je n’écrirais rien. Je dompterais la vie, je serai sle maître d emes désirs et de ceux des autres. etc… » premières lignes du « Le rôdeur » 

    Reply

  • raynal

    raynal

    |

    Pierre Herbard…Peu de gens connaissent, j’ai lu  »ligne de force de lui (pas le rodeur, mais vous m’en donnez envie )

    Cela dit il eut une trajectoire un peu spéciale cet homme là… Il eut une liaison avec Cocteau, je crois, avant d’en avoir une autre avec Gide…Et il finit par epouser Elisabeth van
    Rysselberghe dont Gide avait eu son unique enfant: sa fille Catherine (cette Elisabeth etant, elle meme la fille du peintre post impressionniste Théo van rysselberghe et de maria (la fameuse
    petite dame )qui fut sa secretaire et gouvernante après la mort de son mari.

    Communiste, resistant il est toujours resté très proche de Gide et on le trouve maintes fois cité dans le fameux journal de celui ci.

    Merci de l’avoir évoqué.

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