Contre-Regards

par Michel SANTO

La vérité de Rollat.

Alain Rollat, ancien journaliste au Monde de 1977 à 2001, écrivait ceci, le 6 février 2004, à Henri Maler, d’Acrimed :

« Etre journaliste – les membres de votre Association le savent aussi bien que moi – c’est faire de l’exigence de vérité sa vertu cardinale. La vérité étant plurielle, cette voie est aléatoire. S’y aventurer, c’est prendre le risque d’y côtoyer l’ignorance, l’erreur et le mensonge. Il y faut de l’expérience et de l’humilité. Il y a des faits qui mentent parce qu’ils sont isolés de leur contexte ou n’apportent qu’une connaissance fragmentaire de la réalité. Il y a des jugements qui déforment parce qu’ils sont fondés sur un intérêt. Il y a une bonne foi qui abuse parce qu’elle reste embourbée dans l’erreur. Les manuels de journalisme sont bourrés d’exemples de ces vérités que l’on ne sait pas voir, que l’on ne veut pas voir, que l’on voit mais que l’on ne peut pas ou ne veut pas dire, de ces vérités que l’on montre à des gens qui ne veulent pas les voir ou que l’on dit à des gens qui ne veulent pas les entendre. Il y a aussi, plus banalement, les vérités que l’on dissimule parce qu’elles démentent celles qu’on affiche… »

Le 7 avril 2008, à Narbonne, où il assurait la promo de son dernier bouquin,un plaidoyer en faveur de G.Frêche, il disait encore ceci, à V.D, de l’Indépendant : « Le pire dans notre profession est de s’aligner par facilité sur les analyses des autres. »

Peut-être! Mais on  peut se complaire aussi dans un livre-enquête singulier et solitaire, comme il vient de le faire,sur ce qu’il considère comme une tentative d’ assassinat politique du président de région  et, à l’occasion, manquer dédaigneusement au devoir de vérité si joliment écrit en …2004 ! Par fascination du pouvoir? Tiré par le même fil rouge qui l’avait amené à prendre celui du  » Monde  » en entraînant les troupes de la CGT, qu’il dirigeait , derrière le couple Colombani Pleynel ? Par ressentiment sans doute aussi envers l’ensemble des médias de ce pays qui n’ont pas su reconnaître en lui l’archétype du journaliste authentique et vertueux. Il est vrai, qu’avec le temps, on échappe difficilement à cette réaction de la conscience : se poser en victime des pouvoirs que l’on a conquis et exercés, en l’espèce celui des médias, quitte à magnifier, en l’occurence et à l’appui de son amertume, ceux qui en abusent en politique… En réalité, A. Rollat, pratique l’art du travestissement et son livre est une enquête… sur lui même ! 

Rétrolien depuis votre site.

Désormais, 3 façons de réagir !

Laisser un commentaire

Articles récents

Bien belle soirée, hier soir à "La Grande Librairie" avec Asli Erdogan et Dephine Minoui.

Bien belle soirée, hier soir à "La Grande Librairie" avec Asli Erdogan et Dephine Minoui.

      Bien belle soirée, hier soir à "La Grande Librairie". Busnel y recevait, entre autres, Asli Erdogan (1), icône de la résistance au régime Turc de son homonyme. Cette f[Lire la suite]
Narbonne ! Salle multimodale : réunion publique et questions restées sans réponses…

Narbonne ! Salle multimodale : réunion publique et questions restées sans réponses…

    Hier soir (enfin !), réunion publique, au Palais du Travail, à l’occasion de laquelle  Didier Mouly nous (nous car j’y étais) a présenté son projet de salle multimodale. La salle[Lire la suite]
Que nous dit des médias la ridicule dispute Angot-Amrani…

Que nous dit des médias la ridicule dispute Angot-Amrani…

    Gros titre (et en "gras") dans "Le Point" (version numérique) : "ONPC" : Farida Amrani remet à sa place Christine Angot. Ah, ah ! Mais de quoi s'agit-il donc pour que cet honorab[Lire la suite]