Contre-Regards

par Michel SANTO

Le XV de la Rose, sur le chemin de la rédemption, a le « duende »!

England's scrum-half Danny Care (C) runs to score a try during the Six Nations international rugby union match between France and England at the Stade de France in Saint-Denis, north of Paris, on March 19, 2016. AFP PHOTO / FRANCK FIFE / AFP / FRANCK FIFE

Difficile de saisir « la conscience de soi » d’une équipe de rugby. Hier pourtant, on ne pouvait pas ne pas ressentir  le puissant désir du XV de la Rose d’effacer de sa mémoire son humiliante sortie, lors du dernier Mondial, sur ses terres. C’était un accident, semblait-elle nous dire sur la pelouse du Stade de France. Et la démonstration fut faite. Cinq mois après seulement. Et avec pratiquement les mêmes joueurs – 24 ans d’âge moyen. Grand chelem! Le premier depuis 2003. Qui dit mieux? Il fallait du caractère et une capacité de résilience exceptionnelle pour conclure ainsi, magnifiquement, ce tournoi des Six Nations.

Rapides, durs à l’impact, solidaires; un ballon sans cesse en mouvement;  et à quelle vitesse ces sorties de « mêlées spontanées ». Le XV de France n’a certes pas démérité, mais il lui manque encore cette « grâce » qui lui permettrait de transcender les enjeux de toute nature – technique, physique… – auxquels il se trouve confrontée. Lui manque en effet encore cette forme si particulière d’énergie  qui transporte une équipe dans une dimension quasi métaphysique du jeu. Je ne trouve pas d’autres mots pour définir cet état d’esprit collectif ou individuel que celui de « duende ».  Un mot qui trouve sa source dans la culture populaire hispanique et, plus précisément, dans le cante flamenco et la tauromachie. On pourrait le définir comme cette singulière inspiration qui vient soudainement, sans virtuosité, au « torero » ou au chanteur d’une « saeta ». À la fin du match, la question fût posée à l’entraîneur Eddie Jones de savoir si son équipe pouvait battre un jour les All Blacks. Sa réponse: « Bien sûr. Peut-être pas tout de suite, mais on y arrivera dans les deux ou trois ans à venir. De toute façon, cela ne sert à rien de jouer au rugby si ce n’est pas pour battre un jour les All Blacks. » Ainsi le véritable objectif de ce XV de la Rose est fixé: battre les Blacks, dans trois ans. La seule victoire qui lui importe désormais pour laver définitivement l’affront subi en Angleterre il y a cinq mois… La veille de ce dimanche des Rameaux, les joueurs de la Rose semblaient prêts pour rejoindre un jour cette « terre promise »…


Photo: England’s scrum-half Danny Care (C) runs to score a try during the Six Nations international rugby union match between France and England at the Stade de France in Saint-Denis, north of Paris, on March 19, 2016. AFP PHOTO / FRANCK FIFE / AFP / FRANCK FIFE

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