Contre-Regards

par Michel SANTO

Les parcs d’attraction de la mémoire …

121-1140x423

Voyage à Tchernobyl. «Nous allons faire le tour de la centrale et faire un arrêt à proximité des portes du 4ème réacteur avec la vue sur le sarcophage.» ©Ambroise Tézenas

 

D’ici quelques années, verra-t-on des bus décharger leur horde de touristes, appareils photo autour du cou, devant le Bataclan ou les anciens locaux de Charlie Hebdo ? Au Rwanda, à Dallas, à Tchernobyl, et bien sûr à Auschwitz, c’est déjà le cas. Ce tourisme ni vraiment mémoriel, ni totalement macabre est admirablement décrit dans ce reportage de Philippe Pujol publié par le site suisse d’information et longs formats Sept.info en septembre 2015.

Quoi de plus attirant qu’un désastre? Surtout quand ce désastre est déjà du passé, qu’il est devenu un souvenir. Il y a cela de pittoresque dans un drame révolu, juste ce qu’il faut de frisson pour attirer vers l’abîme comme un vertige inoffensif.

Et c’est justement ce pittoresque que recherche tout guide touristique; ne se visite que ce qui sort de l’ordinaire, les vieilles pierres, les traditions ancestrales, les modes de vie différents… Le touriste veut l’assurance d’être surpris.

C’est cela que photographie Ambroise Tézenas, dans son travail sur le Dark Tourism, le tourisme macabre, qui fait l’objet du livre « I was here » aux éditions Dewi Lewis Publishing (traduit par Actes Sud sous le titre Tourisme de la désolation).

La suite ici: Les parcs d’attraction de la mémoire – Books.

Mots-clefs : , , ,

Rétrolien depuis votre site.

Désormais, 3 façons de réagir !

Commentaires (4)

  • Nathalie MP

    |

    Bonjour Michel,

    Il y a cependant une différence entre Auschwitz et le Bataclan qui justifie la visite du premier : lieu volontairement affecté au désastre, contrairement au Bataclan.

    Cordialement, Nathalie MP

    Reply

    • Michel Santo

      Michel Santo

      |

      Bien entendu Nathalie! et cela est bien explicité dans ce reportage, très décapant! Bonne journée Nathalie…

      Reply

  • VIALLE Jean Pierre

    |

    Ce n’est pas récent, des département français ou des villes vivent en partie de ce tourisme de la mémoire : Verdun avec ses champs de bataille qui ont modifié le paysage, L’ossuaire de Douaumont, avec des caves emplies de cranes rangés, de stères de tibias, de bouts d’os de quelques centimètres…Les cimetières des champs de bataille, mais aussi Le Père Lachaise, les plages du débarquement en Normandie…c’est un « tourisme » culturel, pédagogique, mais oh! combien macabre et qui a été mis en place il y a bien, bien, longtemps

    Reply

    • Michel Santo

      Michel Santo

      |

      Bien entendu jean Pierre! Ce n’est pas la nouveauté du phénomène que j’ai voulu mettre en évidence ici, mais l’originalité des commentaires critiques et la qualité de leurs illustrations photographiques figurant dans ce remarquable reportage…

      Reply

Laisser un commentaire

Articles récents

Il s’agit de se mouvoir dignement dans un monde incertain !

Il s’agit de se mouvoir dignement dans un monde incertain !

Sylvain Tesson est écrivain et voyageur. De l’Himalaya aux steppes d’Asie centrale, de la Sibérie aux grands espaces mongols, il a parcouru le monde. Cet été, il nous embarque sur Fran[Lire la suite]
Élection d'Alain Perea à l'Assemblée Nationale et ses conséquences au Grand Narbonne, et ailleurs !

Élection d'Alain Perea à l'Assemblée Nationale et ses conséquences au Grand Narbonne, et ailleurs !

  Alain Perea, élu député, libère donc ses mandats de maire de Villedaigne et de Vice-Président du Grand Narbonne. Question ! quelle sera la proposition que présentera Jacques Bascou au [Lire la suite]
Carole Delga, présidente de la Région Occitanie : "Mon bureau, c'est le terrain" ! Quésaco ?

Carole Delga, présidente de la Région Occitanie : "Mon bureau, c'est le terrain" ! Quésaco ?

        Madame Delga ne rate pas une occasion, lors de ses déplacements en région, pour affirmer avec autorité que son "bureau, c'est le terrain" (1). Une expression [Lire la suite]