Contre-Regards

par Michel SANTO

Narbonne ! municipales 2014 : bien comprendre avant d’agir sur le quartier de Bourg !

 

 

passerelle_entre_deux_ville.jpg

 

 

 

Jacques Bascou, maire sortant et candidat à sa propre réélection, dans une de ses récentes déclarations, faisait part de sa volonté de « densifier » Narbonne. C’est à dire concevoir et appliquer une politique d’aménagement et d’urbanisme qui mettrait fin au découpage du territoire en zones spécialisées (logement social ou résidentiel, activités, commerces, tertiaire, etc..), consommatrices d’espace, génératrices de nombreux déplacements contraints et source de déstructuration de la ville et du paysage urbain.Ce qui, par exemple, devrait se traduire, dans les zones qui ont déjà connu un début d’étalement urbain (par adjonction de quartiers pavillonnaires et de lotissements excentrés), de faire évoluer l’urbanisme, par le biais d’une densification progressive, vers un habitat plus urbain : maisons moins espacées, habitations mitoyennes de deux ou trois étages, maisons de ville, etc. afin de créer des ensembles un peu plus denses, semi-collectifs.  Il n’est pas besoin de développer ici, ce serait trop long , pour montrer que , de ce point de vue – et peu importe la couleur politique des candidats au fauteuil de maire – , il convient en effet de rompre avec une politique d’urbanisation par nappes périphériques (plates), fortement consommatrices d’espace et dont la première manifestation , visible, bruyante et polluante, se traduit par des thromboses quotidiennes sur les grands axes de circulation domicile-travail, notamment, et en centre ville… Mais cela passe aussi par la requalification de quartiers de ce même centre. Et principalement celui de Bourg. Un quartier qui souffre des conséquences d’une grosse erreur d’aménagement quand le maire de l’époque a engagé , dans ce qui était alors le coeur commercial et social de la ville, un immense chantier de réhabilitation – nécessaire – de son habitat , en grande partie insalubre… Faire un parking de surface en son milieu, en effet, c’était inévitablement casser sa dynamique sociale et commerciale, historiquement très forte. Et ce « trou » d’aménagement ne pouvait produire que ce à quoi nous assistons aujourd’hui , comme hier : un stockage de véhicules qui déporte leurs utilisateurs vers le quartier Cité, la disparition de la plus grande et vivante artère commerciale de la ville qu’était la rue Parerie, une quasi absence de mixité sociale, de « l’insécurité » etc… Mon point de vue et qu’on ne pourra pas réparer cette déchirure urbaine seulement par une politique d’aménagement de l’existant : réfection de la voirie et de l’habitat etc… Le problème est structurel et passe , pour faire image et aller vite , par la « reconstruction » de cette rue de la Parerie ; ce qui suppose l’enfouissement ( ou son déplacement ! ) du parking de Bourg et l’édification sur l’espace libéré d’un résidentiel  attractif avec espaces commerciaux en rez de chaussée … Un autre espace est aussi à traiter dans ce quartier : le plan Saint-Paul: encore un parking de surface ! Encore un trou noir qui mange de l’espace et brise toute continuité et circulation – sociale et commerciale … Là aussi, son enfouissement ( ce que toutes les villes ont fait ou font ) pourrait permettre la création d’un bel espace de vie et de rencontre par le prolongement et la redéfinition paysagère du jardin Saint Paul. On  pourrait même y réaliser une infrastructure dédiée à la connaissance et à la protection de l’environnement, par exemple… C’était, et je m’arrête là, ma contribution à  la campagne de ces municipales. Dois je rappeler que je ne suis candidat à rien !

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Commentaires (6)

  • Jeld

    |

    Très bonne idée mai le problème est qu’il y a dessous ces endroits des vestiges romains et moyennageux….

    Et là diffiocile de dissimuler….et de pouvoir entreprendre.

    Reply

  • Michel Santo

    |

    Oui ! mais quand la volonté politique est affirmée, même si cela prend un peu plus de temps c’est faisable… Il n’y a pas de raisons que cela puisse se faire dans des villes à peu près
    semblables, du point de vue de leurs sous sol riches en vestiges romains, et pas à Narbonne…

    Reply

  • jean Bonnet

    |

    Merci Monsieur Santo de nous remémorer les années 60 où l’insalubrité régnait dans toute la cité  .

    Aujourd’hui la densification des quartiers devient une nécessité pour retrouver une activité commerciale et sociale de ces lieux de vie , comme vous le savez Narbonne est une ville où les
    vestiges de notre histoire se trouvent à tout les coins de rue mais surtout dans le sous-sol . La question que je vous pause pour le quartier de Bourg (ex la charité) en supprimant momentanément
    le temps des travaux ce parking de sur face pour l’enterrer et édifier des bâtiments harmonieux avec l’existant n’allons nous pas  retrouver une commission archéologique qui n’a
    pas le mes temps d’exécution obligeant l’arrêt du chantier pour plusieurs années afin effectuer leurs fouilles . Je vous rappelle le chantier du boulevard De Gaulle face au nouveau tribunal
    plus de quatre année de palissades et de détritus . Les narbonnais sont ils pret à ce sacrifice ?

    De plus nos chers détracteurs s’en feraient les gorges chaudes non .

    Reply

  • Michel Santo

    |

    Il est vrai que ce type de travaux , dans des viles comme la nôtre , sont lourds de conséquences, notamment pour les riverains des quartiers en cause. Mais pas plus que ceux engagés ailleurs
    comme par exemple la réalisation de lignes de tranway ou la réalisation de grands parkings souterrains en centre ville, comme ici même… Avec toujours les mêmes aléas dus aux vestiges romains
    … Mais quand il s’agit de résoudre un problème structurel à l’origine de dysfonctionnements urbains,  sociaux et économiques , il faut, me semble t-il, faire passer l’intérêt général au
    dessus de tous les intérêts secondaires, notamment politiques. Sur le diagnostic et le traitement de ce quartier de Bourg, je rêve d’un consensus politique capable de démontrer l’absolue
    nécessité de prendre ses problèmes à la racine avec courage, détermination… et  beaucoup d’ambition. Deux trois mandats y suffiront à peine …

    Reply

  • Raymond

    |

    Mon cher Michel Santo,
    comme tu dois le penser je ne peux être que d’accord avec ce que tu écris sur le quartier de la Charité pour m’être aussi "battu", il y a longtemps de cela, pour qu’un autre aménagement soit fait de cet espace qui est devenu malgré son parking, un "no man’s land "
    entre les deux quartiers qui étaient très vivants, Cité et Bourg. Et en plus de ce que tu dis, on peut remarquer que cet isolement de fait de ce quartier, coincé entre ce vide et la barrière que représente l’hôpital, s’est vidé de ces occupants traditionnels et très anciens, pour être occupé par une autre population qui en a fait — et il ne faut pas avoir peur des mots — une zone de non droit.
    Je pense qu’il n’est pas trop tard pour repartir sur un projet nouveau d’aménagement de cette partie de centre ville en retenant les principes que tu as posés. Un concours d’engineering, en définissant bien le cahier des charges, devrait permettre de trouver un projet
    qui s’adapterait parfaitement à ce cas de figure.
    J’ai vu les commentaires disant que l’on allait trouver beaucoup de vestiges qui poseraient problèmes, mais je pense qu’il ne faut pas s’arrêter à cela, car tout les centre villes sont ainsi, construit sur leur passé, mais les aménagements se font bien quand même et permettent de connaitre ce qu’était la ville avant et le répertorier, et l’on ne connaitrait jamais ce passé si on ne faisait rien.
    Il y a longtemps que je n’avais pas évoqué des problèmes d’aménagement avec qui que ce soit et cela m’a fait plaisir de le reprendre avec toi.
    On aura l’occasion certainement d’en reparler et ce sera toujours avec plaisir.
    Je te souhaite une bonne soirée.
    Toutes mes amitiés
    Raymond

    Reply

  • Michel Santo

    Michel Santo

    |

    Je ne comprend pas que l’on ne prenne pas encore la mesure de ce problème qui, sur ce quartier , est structurel. On ne résoudra rien tant que l’on se contentera de petits aménagements . Le chef de file de la liste conduite par le propre fils du maire ayant conduit la rénovation de ce quartier il y plus de 30 ans, se contenterait , me dit-on , de semi enterrer le parking avec un traitement paysager; ce qui ne changera rien… Le candidat Pinet et Jacques Bascou, le maire sortant , semblent avoir pris la mesure de ce qu’il conviendrait de faire. Attendons la publication de leur programme… Bien à toi Raymond !

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