Contre-Regards

par Michel SANTO

Deux « cartes postales » de Gruissan – été 2017 !

Tous les soirs d’été (ou presque), c’est apéritif (pas toujours) au Café de la Paix. Toujours à la même place, à sa terrasse (en réalité un trottoir) le dos au mur, qui offre une « vue » à 180 degrés sur la rue, piétonne dès 19 heures et envahie de tables et chaises entre lesquelles naviguent de petites flottilles de touristes, nombreuses quand un « chanteur » de rue anime le lieu jusqu’à tard dans la nuit.

Gloire à Justin Gatlin et Usain Bolt !

athletisme-mondiaux-2017-gatlin-prive-bolt-d-un-dernier-titre-2829411555-1502108960206.jpg

 

 

D'abord, ce fut, dans la colonne "sommaire" de la "Une" de l'Indépendant de ce jour, cette annonce d'article : "Athlétisme/Gatlin, l'ex dopé, détrône Bolt", qui me fit bondir. Puis, dans le corps du journal, en très gros et très gras caractères, ce titre, scandaleux, couvrant la page entière consacrée au Mondial de Londres"Gatlin, le pardon interdit". Pour les responsables de ce journal, la cause est donc entendue : le sprinter américain de 35 ans, condamné en 2001 et 2006 (!) pour dopage, qui a remporté le titre mondial sur l'épreuve reine du  100 m, ne devait tout simplement pas concourir en compagnie de l'icône jamaïcaine Boltchampion d’exception au CV sans tâche ni soupçon ; et le battre brillamment ! La justice "sportive"aurait donc dû (devrait) lui interdire "à vie" l'accès à toutes les compétitions sportives internationales. Ce que Guy Ontanon, l'entraîneur français spécialiste du sprint, confirme en qualifiant de grotesque la situation créée par le retour triomphal de Justin Gatlin. On l'aura compris, je trouve ces derniers  propos et cette couverture de presse indignes. Ils cachent mal en effet un profond ressentiment et un vrai désir de vengeance envers celui qui, pourtant, au terme d'un travail acharné pendant plus de dix ans, leur a ôté le plaisir intéressé de gloser  sur la troisième victoire consécutive de l'étoile du sprint mondial cher au coeur de millions de "fans". Un Bolt qui, à l'inverse, a fait preuve, dans la circonstance, de sa grande classe habituelle en faisant l'éloge de son vainqueur et en remettant à sa place une journaliste qui lui demandait "si les chronos moins rapides constatés cette année sur la ligne droite étaient dus au renforcement de la lutte antidopage". « Je trouve ça très irrespectueux » a-t-il lancé ! Tout était ainsi  dit sur la vulgarité d'un monde médiatique incapable d'unir dans la même gloire la magnifique rédemption de JustinGatlin et  l'étincelant  destin d'Usain Bolt.

Les cimetières « politiques », notamment, sont remplis de gens compétents et irremplaçables…

     
 

En vacances, et soucieux de bonnes lectures, on aura remarqué mon retrait (relatif, cependant !) du débat politique, très singulier (je n’insiste pas !) de ces deux mois d’été où le quidam à peu près sain d’esprit s’intéresse plus à la météo du lendemain qu’aux lourds débats quasi quotidiens de l’Assemblée Nationale. Silence que je brise en partie aujourd’hui, juste avant l’apéro habituel, en m’accordant le temps de cette petite « carte postale ».

Souvent les hommes restent debout près de la mer. Ils regardent le bleu. Ils n’espèrent rien du large…

       

Photo © Sarah Ann Loreth

 

Souvent les hommes restent debout près de la mer. Ils regardent le bleu. Ils n’espèrent rien du large, et pourtant demeurent immobiles à le fouiller des yeux, ne sachant guère ce qui les retient là. Peut-être considèrent-ils à ce moment l’énigme de leur propre vie.