Contre-Regards

par Michel SANTO

Le mammouth est dans la rue…

Claude Allègre sur radio-classique. Il commente la grève des enseignants et nous dit quelques mots mal-pensants sur les OGM et la Chine.Sans langue de bois, comme d’habitude. On comprend pourquoi les profs ne l’aiment guère.Et pourquoi nous le goûtons…
N.B: Pour 1,3 million de personnes, dont 800 000 enseignants, le budget du ministère a augmenté de dix milliards d’euros depuis 1997 ». En gros, ça fait un milliard d’euros d’augmentation par an. Ouaf!!!

Rendements décroissants?

Les enseignants font grève pour s’opposer à la suppression de postes et les élus de tout bords ne veulent pas entendre parler de leur diminution par la suppression des départements, par exemple, comme le prône J. Attali et, surprise, le groupe UMP de l’ Assemblée. Ce qui les unit ? la sociologie: nombre d’élus viennent de l’Education Nationale, et leurs revenus sont financés par l’impôt. Ce qui les sépare, le pouvoir que confère la loi aux élus d’appliquer aux autres ce qu’ils refusent d’appliquer à eux-mêmes. En l’espèce, la recherche d’une plus grande efficacité dans le service rendu aux contribuables-électeurs et conséquemment la diminution des dépenses publiques et l’allégement de la dette nationale. Car on ne nous fera pas croire que nos 558 102 élus de France métroploitaine, soit 1 élu pour 108 habitants, record du monde absolu et nouvelle exception française, seraient le prix de notre excellence démocratique. A l’inverse, ils marquent plutôt le conservatisme d’une offre institutionnelle pléthorique au rendement décroissant dont le coût n’a cessé d’augmenter. Ainsi,entre 2002 et 2007, les indemnités versées aux maires et présidents d’assemblées locales ont crû en moyenne de 55% ! Et depuis, avec la mise en place des nouveaux conseils municipaux et conseils communautaires, de droite ou de gauche, elles ont explosé … En pleine crise de pouvoir d’achat. Comme les revenus de près de trois patrons sur quatre de grandes sociétés françaises qui,selon une étude publiée en début d’année,ont gagné 40% de plus en 2007 qu’en 2006. Ce qui fait dire à Jean-Claude Juncker, patron de l’Eurogroupe que : « Nous courons le risque de ne plus être compris par nos concitoyens si nous leur adressons d’un côté des appels incessants à la modération salariale » pour freiner l’inflation et que,de l’autre, les chefs d’entreprise et les élus font l’inverse. Extravagants et paradoxaux comportements, en effet!

Le retour du Triangle d’Oc.

En 2006, le jeune et nouvellement élu vice-président de la Région Languedoc-Roussillon, Eric Andrieu, décrétait que le Triangle d’Oc ( Narbonne-Béziers ) n’était pas un  » territoire pertinent « . Dans un billet du 18 octobre de la même année, je prédisais que G. Frêche, le moment venu, le contredirait. C’est fait. Hier, dans le Midi Libre de Patick Nappez qui, depuis la défaite de sa tête de turc d’ancien maire s’en prend désormais aux dames octogénaires qui se garent sur les trottoirs, nous est laconiquement annoncé que  » le président de la Région est fortement décidé ( le serait-on, mollement ? ) à initier ( pas très joli! ) de nouvelles coopérations entre les deux villes… » Parfait!  Il suffisait donc que Jacques Bascou soit élu maire de Narbonne pour que G. Frêche mette en cohérence son action avec la carte du développement économique régional. Et que les robinets des financements régionaux, coupés depuis 2006, reviennent alimenter un Triangle d’Oc désormais légitimé à gauche comme à droite. Pour avoir inscrit ce projet dans le schéma régional d’aménagement et porté cette initiative sur le terrain même de cette  » grappe urbaine « , je ne mégotterai pas mon  » plaisir « , tout en regrettant, une fois de plus, qu’il faille des alternances politiques pour reconnaître et assumer d’incontestables réalités socio-économiques.

Une pension dorée.


A quelques semaines d’une journée de mobilisation de l’ensemble des syndicats pour protester contre l’allongement de la durée de côtisation des retraites, il est bon de rappeler que le gouvernement avait voulu donner l’exemple en poussant les députés à amender leur propre régime en déficit chronique (577 cotisants pour 2 004 pensionnés) et qui a coûté à l’Etat 38 millions d’euros en 2006. Résultat du travail de nos parlementaires tous partis confondus: les députés ne pourront toucher leur retraite qu’à partir de 60 ans, contre 55 auparavant et ceux issus de la fonction publique ou du privé ne pourront plus continuer à cotiser à leur caisse d’origine. Parfait! mais, car il ya un hic, le principal avantage demeure. Pendant leurs trois premiers mandats, les députés peuvent cotiser double. Ils toucheront ensuite une pension confortable de 1 500 euros par mois pour un mandat de cinq ans, 3 000 euros pour deux mandats, et ainsi de suite. Une pension cumulable avec leurs revenus d’activité sans aucun plafond de ressources. Plus que spécial ce régime de retraite. Et sans aucun doute au rendement le plus élevé de la planète… Dans les circonstances présentes, on pourrait qualifier ce privilège de caste, allez, osons le mot, d’obscène…