Contre-Regards

par Michel SANTO

Philippe Saurel, en « Roi modeste » de la Métropole, se voit déjà Ministre de l’Intérieur de la République !


Hier, en début de soirée, au journal « régional » de FR3, courte séquence avec en vedette Philippe Saurel. Il prenait son « petit déjeuner » organisé par la lettre M, en compagnie de 150 chefs d’entreprises inquiets de la perte, par Montpellier, de son statut de capitale régionale, paraît-il ! Comme si le statut en question était le principal facteur pris en compte par des investisseurs privés et/ou publics, et nos 150 entrepreneurs soucieux et déprimés au point de ressentir l’irrépressible besoin d’être rassuré par monsieur Saurel en personne… Quel ridicule ! En réalité, la seule raison de ce genre de rencontre un brin mondaine est tout simplement de se montrer auprès et en compagnie de « l’élu dominant », celui qui en l’occurrence détient le pouvoir de la Ville et de la Métropole, et de s’en faire remarquer, agréablement si possible ; ce qui n’est pas trop compliqué pour des chefs d’entreprises locales souvent placés dans une situation d’allégeance ou de faire-valoir… Rien que de très banal ! Mais c’est surtout la posture, le ton et les mots de Philippe Saurel qui m’ont particulièrement frappé, si je puis dire. À une question, « téléphonée », sur ses ambitions dans le cas où Emmanuel Macron serait élu à la Présidence de la République – le candidat soutenu par le maire de Montpellier –, Philippe Saurel s’est laissé aller, avec sa suffisance habituelle, à cette confidence : « Les ministères de l’Education et des Affaires étrangères seraient passionnants. Mais je l’ai dit, je reste à Montpellier. Le seul ministère qui pourrait me faire changer d’avis serait celui de l‘Intérieur ! D’abord pour des raisons sentimentales. Le bureau du Ministre est celui de Jean-Jacques Régis de Cambacérès, le rédacteur du code civil (originaire de Montpellier). Ensuite parce qu’il faut y placer quelqu’un de sérieux. » Je sais bien que, «petit», Philippe Saurel rêvait d’être Président de la République, mais quand même ! un « homme ça se retient ». Une leçon jamais apprise à l’entendre ainsi de sa voix au timbre  si peu véloce. Visiblement, la modestie et le  sens de la mesure, bref l’élégance dans l’expression  de ses sentiments et de ses désirs ne l’étouffent guère… Estomaqué par tant de vanités en si peu de temps et d’images, je me disais que la « grossiéreté » d’une telle invite adressée à Macron devrait dissuader notre Emmanuel, si par hypothèse il était élu, d’y répondre positivement. Cet homme a trop d’appétit ! Mais bon, on ne peut jurer de rien. Ni du choix des électeurs, ni de la faculté de jugement des Présidents de la République en exercice. La preuve, ce dernier quinquennat encore, et son dernier ministre de l’Intérieur : un chauve dénommé Le Roux…

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