Contre-Regards

par Michel SANTO

Réserves financières sur les Fonds régionaux d’art contemporain ( Frac )…

 

 

 

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La Cour des Comptes vient de publier son rapport et fait état de nombreuses dépenses publiques inutiles, injustes, mal gérées ou dont le coût de gestion est largement supérieur aux sommes récoltées. Ce travail n’est malheureusement pas fait en région. Ou plutôt nous n’avons pas l’équivalent d’un rapport de synthèse qui permettrait d’avoir une idée précise des sommes en jeux. Ce qui est bien dommage, on en conviendra ! Bien dommage en effet car , en cette période de recherche d’économies budgétaires – nous en avons au moins pour 15 ans – les gisements régionaux sont considérables. J’en veux pour preuve un seul exemple, celui des Frac. Au nombre de 23, ces Fonds régionaux d’art contemporain ont été créé il y a tout juste trente ans, à l’initiative de Jack Lang. Ils amoncellent 27 000 œuvres achetées grâce aux subventions des régions et de l’État, qui s’élevaient à 24 millions d’euros en 2010 – l’une des plus importantes collections d’art contemporain au monde, répartie dans toute la France. Problème : à force d’accumuler des œuvres sans les vendre, les Frac sont obligés de faire construire des super-réserves et des salles d’exposition temporaires ou permanentes ! Quelques exemples : la construction du nouveau bâtiment coûte 17,8 millions d’euros pour le Frac Bretagne, 20 millions d’euros pour le Frac Provence-Alpes-Côte d’Azur et jusqu’à 52 millions d’euros pour le Frac Aquitaine… Ils mobilisent aussi des budgets de fonctionnement conséquents pour des lieux très peu visités : entre 14 000  et 16 000 visiteurs seulement par an. Une muséification  qui va à l’encontre de la mission originelle de ces Fonds qui est de soutenir les artistes et de diffuser l’art contemporain à un public le plus large possible. Ainsi recentrés, les Frac pourraient se financer par la vente d’une partie de leurs fonds, complétée par du mécénat privé … Je sais, cette proposition peut paraître démagogique mais tiens à rappeler qu’à l’heure ou le gouvernement demande aux musées nationaux de se comporter en « entreprises culturelles », elle me semble au contraire dans la droite ligne du souci de rigueur budgétaire qui  est demandé à l’ensemble de nos institutions publiques… Pour les Frac, on peut estimer l’économie potentielle à 15 millions d’euros par an… Ce n’est pas rien !

 

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Commentaires (1)

  • Antoine

    |

    Encore un des – mauvais – effets induits par cette délocalisation obsessionnelle, démagogique, mal menée et mal contrôlée … chère – dans tous les sens du terme – au Parti Socialiste … mais
    qui flatte et donne une – fausse – importance à ses apparatchicks locaux !

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