Contre-Regards

par Michel SANTO

Tout, en France, depuis longtemps, fait polémique, débat violent, lit des haines recuites…

Numériser 1

Bruno Frappat, dans son épatante chronique de « la Croix »: L’humeur des jours, datée du samedi 28 février, dimanche 1er mars, écrit, notamment, ceci:

… Tout, en France, depuis longtemps, fait polémique, débat violent, lit des haines recuites. La grande historienne Mona Ozouf, qui vient de publier un gros livre rassemblant nombre de ses contributions à la compréhension du système français (1) expliquait, l’autre jour, sur France Inter, la raison pour laquelle, dans notre pays plus qu’ailleurs, la radicalité est un sport national. C’est dans la Révolution française que cette ­manière de vivre ensemble sous tension permanente prend sa source. Tout noir, ou tout blanc. Rouge ou bleu. Pour ou contre. Tous les rêves français sont fondés sur l’opposition entre le grand chambardement et la crispation sur les acquis.

L’actualité regorge de ces aspirations permanentes à la radicalité. La tendance n’a jamais été à l’accommodement mais à terrasser l’adversaire, toujours vu comme un dragon intempestif, empêchant de vivre, privant de libertés le bon populaire. D’où la force permanente des caricatures, des hostilités sans nuances. On trouverait chaque jour la preuve de ces flammes qui dévorent le sentiment national. De Mélenchon à Marine Le Pen, c’est évident. Mais aussi à l’intérieur des partis dits de gouvernement. Écoutez ce que disent, pas toujours en off, les pontes de l’UMP quand ils parlent les uns des autres. Notez la façon dont les « frondeurs » du PS parlent du gouvernement Valls, de Macron, de sa loi et de ses œuvres. Non seulement les camps se déchirent entre eux mais à l’intérieur de chaque camp on s’étripe avec une violence verbale inouïe qui masque mal une impuissance généralisée à peser sur le réel. Au fond tout se passe comme si, face à cette impuissance, il s’agissait de gueuler le plus fort, comme la nuit, quand on a peur.

La fascination pour l’extrémisme est une des marques de fabrique de la France. Quand elle ne trouve pas en elle-même des raisons de se réjouir elle va les chercher à l’extérieur. Comme elle le fit naguère au Venezuela de Chavez, que l’on entend moins vanter depuis que le successeur du « héros » de l’ultra-gauche met en prison ses opposants. Comme d’autres qui vont chercher dans les parages du Kremlin un modèle éminemment discutable mais qui représente bien, à leurs yeux, le principe de force du chef qui manquerait à notre trop doux pays. Depuis peu, certains extrémistes trouvent en Grèce aliment à leur révolte contre le système français sans se douter qu’ils vont devoir commencer bientôt à déchanter. La guerre permanente des mots est un travers français bien établi. L’épisode fâcheux du dernier dîner du Crif, avec la bouderie très momentanée entre Roger Cukierman et Dalil Boubakeur, montre que cette manie des excès gagne toutes les catégories, toutes les religions des Français, en dépit de la variété de leurs « origines ». C’est qu’ils ont tous la même, d’origine, mentalement : la Révolution comme idée que les changements ne s’obtiennent qu’à coups de fourche et au bout du fusil. Peuple colérique, nous ne changerons jamais. C’est peut-être comme cela que nous nous aimons : en nous détestant les uns les autres…

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Commentaires (5)

  • Joel Raimondi

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    OUI notre beau de France se plait à exister dans le conflit … en se tirant des balles dans le pied ..en faisant du French Bashing en lieu et place de la french touch ! ….Et pourtant nombre d’artistes, penseurs et autres philosophes ont prposé d’autres voies …. depuis les troubadours et leur convivencia (art du vivre ensemble dans le respect des différences irréductibles, considérées comme atouts … ou encore Auguste Comte , père de la sociologie et inventeur et la sociocratie (le pouvoir au socios par opposition a l’autocratie et a la démocratie) ou encore Charles Gide et l’école de Nimes créateur de la 1ere coopérative de France (celle de Maraussan ) et père de la loi de 1901 qui régit encore aujourd’hui la vie associative … Quand allons nous oser réformer le pays en ne mettant plus tout au même niveau et sur le même plan ? c’est a dire agir en dissensus : prioriser ce qui fait sens commun et co construire les désaccords ? Un sacré chantier !!!

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  • Alphonse MARTINEZ

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    Cher Mr RAIMONDI le plus grand des chantiers , il me semble que cela vous ne l’avez pas compris, est de s’exprimer dans une langue comprise de tous . Descendez de votre nuage et voyez ce qui se passe dans ce pays, ce qu’est devenu notre culture et essayez de vous faire comprendre de tous. Cordialement.

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  • Bernard-Mery de Vargas

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    très juste… et ça fait peur quand on y pense. On a vraiment été formatés comme ça? Comment changer?

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  • flamant rose enchaine

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    Effectivement M. Martinez il faut se mettre a votre niveau semble t il….
    Désespérant….

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  • Alphonse MARTINEZ

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    flamant rose enchaine , si vous étiez à mon niveau vous auriez compris au moins partiellement le message . Continuez à vous cacher ,c’est sans doute selon vous un signe de courage ! Lamentable .

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