𝐋𝐞 𝐬𝐮𝐫𝐬𝐢𝐬.

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C’était hier, vers 16 h 30.
Sur la promenade des Grazels, à Gruissan.
Le ciel avait la couleur d’un métal usé. Pas d’orage. Pas d’éclair. Juste cette masse grise qui pèse sans rompre. Une lumière retenue, comme si le jour doutait de lui-même.
Les palmiers étaient alignés, droits en apparence. Le vent les prenait de face. Les palmes fouettaient l’air, se tordaient, se pliaient. Les troncs cédaient d’un angle, puis revenaient. Rien de spectaculaire. Une résistance obstinée. À répétition.
La mer, elle, ne criait pas. Elle frissonnait. Une surface froissée, nerveuse. Pas de grande vague pour tout balayer. Seulement un mouvement continu, insistant. De quoi user les regards.
Sur la promenade, quelques silhouettes avançaient, capuches serrées. On marchait contre le vent. On baissait un peu la tête. Les pas étaient courts, mesurés. Personne ne s’arrêtait longtemps.
Tout semblait tenir. Les arbres. Les immeubles au loin. Les passants. Tenir, mais sous pression.
Il y a des heures qui ne promettent rien. Ni éclaircie franche. Ni chute définitive.
Seulement cette tension dans l’air.
Cette façon de rester debout, sans savoir combien de temps encore.
Mots-clefs : Gruissan, Plage des Grazels




