Ce dimanche matin-là, j’ai croisé de jeunes « zemmouriens » sur la promenade des Barques…

     

Cela faisait plusieurs jours, une quinzaine, que ces images tournaient dans ma « tête », impuissant que j’étais à les mettre en mots ; à en saisir le pourquoi et le sens. C’était un dimanche matin et j’étais sorti « faire un petit tour en ville ». Les marchands de plein vent installés sur la promenade des Barques et le parvis des Halles donnaient de l’animation au centre-ville. Et de part et d’autre du canal de la Robine, la foule était dense, comme d’habitude ! et le marché couvert, tout aussi populeux, bondé. N’ayant rien trouvé d’intéressant dans les boîtes à livres de mon bouquiniste, j’avais décidé d’aller prendre un café sur la place de l’Hôtel de Ville, à l’écart et à distance de cette multitude montante et descendante au milieu de laquelle, la traversant, je tombai, à ma grande surprise, sur une escouade de jeunes militants zemmouriens. C’était la première fois que je voyais, en chair et en os, ce nouveau « type » d’activiste politique. Leur nombre ainsi que leur jeunesse, surtout, m’ont étonné ; leur optimisme et leur entrain aussi, qui tranchaient avec le comportement des militants de partis disons traditionnels, avec lesquels il m’arrive souvent de discuter en diverses occasions sociales ou dans ces périodes électorales. Aucun de ces jeunes gens ne m’était connu, mais ils semblaient chez « eux », en occupaient fièrement tout l’espace physique et symbolique. Du reste, les gens qu’ils approchaient ne fuyaient pas leurs regards, le recherchaient même. Depuis, cette « scène » occupe incessamment mon esprit. Avec ces lancinantes questions : « D’où sortent donc ces jeunes gens imbibés des idées et des mots d’une violence inouïe, chaque jour assénés par leur candidat ? » ; « comment expliquer ce naufrage intellectuel et moral collectif ? ». Hier, j’ai raconté ce « moment de vie » à ma très jeune « petite cousine », du côté de ma grand-mère paternelle, Pascale ! Une Alcaraz-Delbano. Je lui ai fait part de ma difficulté à le mettre en mots, de la brume « sentimentale » qui les retenait et de ma crainte de manquer de retenue, de pudeur. Mais la circonstance affective a permis à la chaîne de souvenirs de notre histoire familiale de remonter le temps, jusqu’à celui de mon enfance et jeune adolescence. Que de mots alors entendus, blessants, insultants ; d’attitudes arrogantes et méprisantes subies. Et de raconter à Pascale, comment, lors de ma première rentrée scolaire dans le village de Rieumes, je devais avoir neuf ou dix ans, j’avais spontanément déclaré, à tort, évidemment, une identité espagnole à la jeune institutrice qui me la demandait. J’étais les mots des autres ! « Ce souvenir est une blessure aujourd’hui heureusement cicatrisée, lui disais-je, mais, vois-tu, rien n’a changé ! Des hommes et des femmes, des enfants sont encore et toujours montrés du doigt parce ce que leurs noms, leurs prénoms sonnent « mal », parce qu’ils renvoient à des stéréotypes et des préjugés sociaux forgés dans les canaux de diffusion d’une inculture de masse » Voilà ! les mots viennent facilement à présent. Et le premier à venir naturellement sous mes doigts est « indécent ». Oui ! c’est cela, « indécents », comme les mots de ces « jeunes zemmouriens » croisés ce dimanche matin-là ; comme indécentes sont aussi leurs idées, celles de leur « chef ». Une indécence dans les mots, les idées et le ton de ceux qui les promeuvent où vibrent en sourdine aussi leurs angoisses, leurs peurs, leurs lâchetés…

 

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