Contre-Regards

par Michel SANTO

Archives de l’auteur

Au MIAM de Sète, l’Art sans libertés.

     

     

A l’heure où une polémique, aussi voulue que mince, fait écho à l’aimable création de Felice Varini sur les murs de Carcassonne, je vous invite à la découverte d’une proposition culturelle d’un tout autre ordre, je veux parler « d’EVASIONS l’art sans libertés », qui se tient au MIAM de Sète jusqu’au 23 septembre 2018.

Aurès 1935, à la découverte du temps perdu.

   

Thérèse Rivière.

   

Le pavillon populaire de Montpellier consacre une très belle expo aux photographies de Germaine Tillion et Thérèse Rivière : Aurès 1935. Cette exposition prend place dans une thématique consacrée à la photographie documentaire et est à plus d’un titre un bel évènement culturel.

Bruxelles, formes d’une ville en forme…

   

Marie Demunter et Laurent Bonneau publient Bruxelles, un livre de photos et dessins dont le sujet est la capitale de la Belgique et de l’Europe.

On avait déjà vu Laurent Bonneau dans un précédent exercice urbain, Narbonne par Bonneau (Ed. Passé Simple, 2016) qui montrait une centaine de vues de sa ville réalisées avec une même contrainte de moyens, de format et de point de vue.

Le couple n’est pas à son coup d’essai pour ce qui est de la création à deux. Il publie depuis le printemps 2016 le discret périodique Récifs (7 opus aux Ed Lauma), combinant photographies de Marie et dessins de Laurent.

Bruxelles est une émanation de Récifs, mais à une autre échelle. On y retrouve le combo dessin/photo, pour un projet éditorial plus considérable. Comme il est impossible d’embrasser une ville d’un seul regard, Bruxelles est constitué de multiples vues et rencontres, rendant compte d’une capitale au tissu et aux ambiances complexes (quelle grande ville ne l’est pas ?). Comme toujours une grande rigueur formelle caractérise leur travail à la fois vif et contemplatif. Beaucoup d’images sont prises dans les brèches du bruyant tissu urbain, quand se transfigure le banal et se révèle une autre monumentalité, une autre théâtralité de la ville. Bruxelloise d’origine, Marie Demunter a sans doute orienté le travail du duo vers cette quête de l’intime urbain.

Un même regard sensible et en hauteur est porté sur les habitants qui sont comme inclus dans le livre, faisant sonner leurs paroles, voix et récits actuels où il est beaucoup question de multiculturalisme et de la mutation des villes.

L’évidente cohérence de vision du couple n’empêche pas sa dualité plastique : Marie Demunter qui excelle dans la capture des lumières et de leurs métamorphoses, quand Laurent Bonneau est plus du côté des couleurs et de la puissance des silhouettes.

Bruxelles, livre sensible et vivant est publié chez Des ronds dans l’O.

Patrice STRAZZERA explorateur d’âmes…

       

La découverte d’un important ensemble funéraire antique jouxtant le MuRéNa semble réveiller la passion des Narbonnais pour l’archéologie. L’archéologie rejoint vite la passion, crée du rêve et des illusions, mais pour ceux qui en ont fait un métier, elle est aussi et avant tout une science avec ses méthodes rigoureuses, ses heures ingrates et son aride littérature.

Parallèlement à l’archéologie qui ne se déclenche sans autorisation et ne s’exerce sans contrôle, il est possible de pratiquer une activité libre et contemplative des vestiges de l’histoire, une activité en plein essor mais qui a aussi son code d’exigence, je veux parler de l’exploration. Et notre bonne ville, si riche en tradition archéologique, compte parmi ses enfants un explorateur fameux et singulier en la personne de Patrice Strazzera.

Patrice explore depuis maintenant quelques décennies le fond des mers, attiré par les épaves qui le tapissent, et qui avec le temps sont devenus d’étranges fantômes peuplés de gorgones et de pescaille. Patrice et son équipe de passionnés ont une prédilection pour les épaves du siècle passé, et plus spécialement les machines de guerres, avions et bateaux touchés coulés.

De ces explorations, il ramène des photographies, dont certaines sont publiées dans Le Sommeil des Epaves (d’autres ont fait l’objet d’une donation au Ministère de la Culture). Photos en noir et blanc empreintes de gravité et de magie, qui révèlent l’âme des épaves dans leur épais climat sous-marin. Photos de machines mortes, devenues silencieuses mais indiscutablement vivantes dans leur nouveau milieu. Patrice est un plongeur-animiste.

     

Il ne pense pas être un artiste, mais attribue ses photos à la chance ou à l’ivresse des profondeurs. Allez faire un tour sur ses publications (son site est ici) et vous serez très vite convaincus du contraire.

 

Ainsi que le film écrit et réalisé en 2012 par Jérôme Espla :

         

Narbonne ! La culture, et le patrimoine, entre le marteau et l’enclume.


A quelques dizaines de mètres des archives municipales, dont on a appris qu’elles se trouvaient dans un état peu reluisant (la faute n’en revient bien sûr pas à leur directrice, dont tout le monde loue le professionnalisme, mais bel et bien à une succession de maires ainsi qu’à l’actuel adjoint concerné, tous aussi visionnaires en matière de culture qu’une armée d’enclumes)¹. A quelques dizaines de mètres donc, la Médiathèque du Grand Narbonne s’est vu attribuer le fonds patrimonial autrefois échu aux archives municipales.

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