Contre-Regards

par Michel SANTO

Narbonne! deuxième tour : analyse à chaud du désistement de monsieur Pinet …

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Frédéric Pinet, le candidat UMP, renonce à se maintenir au second tour, la voie est donc toute dégagée pour Didier Mouly , et la situation se complique encore un peu plus pour Jacques Bascou, privé, de surcroît , du soutien explicite du Front de Gauche. Comment analyser cette décision de la tête de file de la droite républicaine et du centre ? En toute logique, la stratégie de ce parti fondée sur son intérêt à long terme, lui commandait en effet d’investir la scène locale pour ne plus être à l’avenir phagocyté et « brûlé » par Nouveau Narbonne, comme il le fut pendant tout le règne d’Hubert Mouly . Pour son candidat, il était donc tout à fait compréhensible , qu’il se maintienne, et ce quel qu’en soit, à court terme, le prix politique à payer. Cela c’est la théorie ! Et puis, et puis il y a la pratique, les conflits de personnes, les pressions de toutes sortes, le poids de décisions lourdes de conséquences , sur soi, ses amis, ses relations ; les insultes, les calomnies. Bref, tout ce que l’écosystème politique produit naturellement, si je puis dire … Cela pour dire aussi que le subjectif et le contexte jouent bien sûr un très grand rôle dans ce genre de situation. Le problème, quand même, ici, c’est d’avoir sacrifié la stratégie au profit d’un désistement tactique sans bénéfice électoral en retour. Dans une guerre de mouvement, quand on privilégie la tactique en oubliant la stratégie, on perd sur tous les plans ! De sorte que l’on peut d’ores et déjà dire, que l’on vient d’assister à un Hara Kiri politique, dont on ne mesure pas encore évidemment tous les effets, pour ce parti j’entends… et Nouveau Narbonne et le FN , à court terme, en sont à coup sûr les principaux bénéficiaires. On peut se demander enfin, et à juste titre à postériori, si , pour en arriver là, après une campagne de division comme jamais à droite , il n’était pas préférable pour une UMP si peu sûre de sa stratégie et de ses objectifs – la personne de Frédéric Pinet n’est pas en cause ici – d’organiser et d’accepter l’union d’entrée de jeu, en abandonnant toute velléité de reconquête politique sur la scène locale. Cela dit, je peux me tromper et espère le secours d’une bonne âme afin de m’en faire la convaincante démonstration – je ne plaisante pas ! Mais bon, n’ayant aucun intérêt particulier partisan à défendre dans ce débat, sinon celui de ma seule liberté d’expression – pas négociable elle – je n’insisterai pas sur ce sujet . Un dernier point toutefois sur la ventilation de ces voix qui se sont portées sur monsieur Pinet au premier tour – près de 11 % : beaucoup vont manquer, je crois ! Au final, un deuxième tour très serré dimanche, avec une dynamique plutôt défavorable à Jacques Bascou. Mais, en politique, comme en d’autres domaines rien n’est jamais acquis , ni la force ni la faiblesse …

 

La justice au secours de la droite et de Sarko ?

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Le charme de ces municipales, c’est qu’on ne nous balance pas toutes les deux minutes des scoops sur les dernières affaires visant Sarkozy – si tant est qu’il y ait , un jour, une dernière … – Ça repose ! Certains pensaient que le feuilleton judiciaro-politico-médiatique le concernant – long, dur, agressif – sorti juste avant ces élections allait permettre de sauver les meubles électoraux de la maison PS , c’est rapé ! Mieux, tous les élus qui ont eu affaire à la justice, à droite, ont été réinstallés dans leurs fauteuils, dès le premier tour : les Balkany, Copé, Woerth etc… Comme si, par un paradoxal miracle, elle était devenue le meilleur agent électoral de ceux qu’elle poursuit de son glaive. De quoi laisser espérer Sarko, en embuscade, et désespérer les juges à ses trousses …

Narbonne ! La rénovation – et la piétonnisation – du centre ville n’est pas une option politicienne !

Narbonne ! La rénovation - et la piétonnisation - du centre ville n'est pas une option politicienne !

Je suis un promeneur du centre ville. Solitaire souvent, rêveur parfois. Mais toujours attentif à ses mouvements. Le coeur d’une cité bat au rythme de son temps. Quand il ne le fait pas, le souffle me manque et m’y sent  mal. Jadis, je regrettais de ne trouver personne sur des Barques vieillies. J’y trouve du plaisir aujourd’hui en nombreuses et diverses compagnies. Celle d’un vieux monsieur qui tous les matins y déploie son journal, de jeunes mamans qui les « montent » et les descendent, comme la mienne le faisait en son temps, des collégiens qui flirtent sur ses bancs … De ces Barques rénovées, j’ai déjà dit , ici et dans la presse, qu’elles étaient le signe, je l’espère assuré, d’une renaissance d’un centre ville trop longtemps négligé. De petits intérêts aussi stupides qu’intéressés s’y opposaient dont j’entends encore les échos à quelque jours seulement du premier tour des élections municipales. Ce matin, dans l’Indépendant, ne lit-on pas qu’il faudrait « dépiétonniser » une place du Forum enfin débarrassée depuis quelques jours à peine du stationnement anarchique de véhicules de toute sorte. Devant cette beauté qui ne demandait qu’à s’exprimer, comme pour la rénovation des Barques, les mêmes arguments nous sont débités. Je sais déjà que cette petite et vulgaire mise en scène sera politiquement utilisée; et certains qui furent d’acharnés opposants à de nouvelles Barques, s’ils n’osent trop fort devant son succès s’exprimer font entendre mezza voce leur petite musique toute d’hostilité…Narbonne doit vivre avec son temps, au risque de s'appauvrir, je ne le répèterai jamais assez ! et son vieux coeur de ville a besoin d’être rénové, embelli et redynamisé… Le chantier a été ouvert, il faut l'admettre et sans barguigner le poursuivre. Ce n’est pas une option politicienne, c’est une nécessité !

 

Place du Forum .

Place du Forum .

Narbonne municipales 2014 : un dernier dimanche aux Halles…

Narbonne municipales 2014 : un dernier dimanche aux Halles...

 

 

Un dernier dimanche aux Halles ! Enfin, un dernier dimanche avant le premier tour des municipales … Bourrées ! Devant et dedans. Jamais derrière : c’est un parking ! Des visages tendus, fatigués, ceux des candidats figurant sur les listes en compétition , des candidats très présents et actifs ; d’autres, plus ou moins connus et beaucoup plus nombreux, marqués par des soucis domestiques, ceux du repas à venir : « que manger aujourd’hui? » ; et puis tous ceux qui , distraits , signalent des curieux de passage ou des habitués du lieux déambulant l’esprit et l’oreille en alerte . Dans cette foule des grands dimanches, j’aime y plonger  pour le seul plaisir d’y croiser un sourire anonyme, un regard amusé , en me laissant porter par un invisible courant d’habitudes et de souvenirs. À bien y réfléchir, chacun trace dans l’espace et le temps toujours les mêmes chemins, les mêmes figures ; un même thème et quelques variations autour, qui font nos différences … J’en était là de mes vagues pensées quand je fus  happé par un « militant » qui visiblement me guettait. Il me fit le reproche de billets mal intentionnés à l’égard de son candidat. J’eus beau lui expliquer que j’essayais de garder toute ma lucidité et mon sens critique, qu’une bêtise ou une contre vérité ne pouvait se troquer contre un silence complice, je ne suis pas sur de l’avoir convaincu. À un certain degré d’engagements physiques et passionnels, en effet, je conçois  qu’il soit très difficile de raison garder. Comme je conçois qu’il me soit reproché un « retrait », il est vrai confortable et bien peu risqué. Mais peut on se taire, quand on annonce, par exemple, vouloir capter de l’emploi auprès du CAC 40, ou prétendre en créer 1000 …, se taire encore quand on oublie d’éduquer qu’en la matière un maire ne dispose pratiquement d’aucun pouvoir – sinon celui du verbe – qui le lui permettrait. Ces élections auraient pu être un grand moment de pédagogie politique en tentant d’expliquer ceci que pour la première fois, en effet, nous élirons en même temps des conseilleurs municipaux et des conseillers du Grand Narbonne, et que les grands projets structurants  pour Narbonne  et sa région ne dépendront que de cette communauté d’agglomération là, notamment . Un rêve d’intellectuel sans doute ! Le débat politique ne se prête pas à l’exposé de réalités complexes. Mais alors à quoi bon se plaindre d’électeurs qui n’en seraient pas conscients ? Et faudrait-il se résoudre à ce constat trivial jadis énoncé par un président de région pour qui un électeur serait essentiellement – au sens philosophique et définitif du terme – un con ! Il faisait beau ce dernier dimanche aux Halles quand j’en sortis. Un grand vent ouvrait un grand ciel bleu ! Un temps à croire en l'impossible, comme il peut faire jour en pleine nuit. Que l’on m’accorde au moins cela : ne jamais désespérer de l’intelligence des hommes … même si tout, chaque jour, me prouve le contraire !

Narbonne municipales 2014 : un dernier dimanche aux Halles...