Contre-Regards

par Michel SANTO

La marée du soir

Comme je le fais souvent le matin,j’ouvre, au hasard, le premier livre qui me vient sous la main.Je lis ceci,page 97,dans l’édition de 1972,chez Gallimard,des carnets (1968-1971)d’Henry de Montherlant:"Cette année 1970,féconde en morts d’hommes publics,a été féconde en oraisons funèbres dithyrambiques,dont les auteurs,dans leurs outrances,perdaient de vue complètement la réalité,et oubliaient aussi qu’ils y disaient tout le contraire de ce qu’ils disaient très peu d’années auparavant:la confusion d’esprit est de tous temps mais surtout du nôtre,et par ailleurs la palinodie est tellement entrée dans nos moeurs qu’elle est inaperçue non seulement du public mais de celui qui l’accomplit." Et, un peu plus loin:"Roule,torrent de la futilité."Tout est dit.Rideau!

Le vol des hirondelles

banniereC’était un matin du moi de juin. Je venais de quitter mon marchand de journaux de la rue du Pont et me dirigeais, plutôt content, vers la place de l’hôtel de ville. Mais, par malheur, je tombai, au sens propre comme au sens figuré, sur le nouvel occupant d’un magasin autrefois spécialisé dans la friandise. Et qui, sans l’habituelle transition météorologique narbonnaise, m’entreprît sur le dur métier de « commerçant de centre ville ». Blindé, je m’apprêtais à encaisser le lot habituel de critiques sur les conséquences néfastes de la piétonisation et du plan de déplacement urbain. L’esprit déjà ailleurs pour en sauvegarder le peu  de considération qui me reste encore envers cette pourtant fort honorable corporation. C’est son regard attristé dirigé vers le ciel qui m’a mis la puce à l’oreille. Les voitures et les piétons ne volant pas encore, je m’inquiétais qu’un pot de fleurs ne nous tombât sur le crâne. En  fait de fleurs, c’est de la fiente des hirondelles dont se désolait notre commerçant. Elles souillaient son auvent de toile récemment installé. Et de me demander tout de go si la mairie  ne pouvait pas faire quelque chose? Abasourdi, je lui fis remarquer que c’était une espèce protégée ( les hirondelles, pas la mairie…), et qu’on ne pouvait pas en demander l’élimination. A sa tête de carpillon privé d’air, j’ai tout de suite compris que ma réponse ne l’avez pas convaincu. Je décidai donc de le planter devant sa boutique pour aller m’installer à la terrasse du « Petit Moka » en la compagnie ironique d’un ballet aérien mêlant joyeusement hirondelles et martinets . Un moment de pur bonheur…

 

                               

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