Georges Frêche, le monarque aux 80 visages…

       

Maire de Montpellier de 1977 à 2004, président de la Communauté d’Agglomération, député, président de la région Languedoc-Roussillon, Georges Frêche n’en a pas moins continué d’exercer son métier de Professeur d’Université. Et, jusqu’à sa mort, le 24 octobre 2010, être autant admiré que détesté, par se amis politiques ou pas. Sur la scène politique comme dans les rangs des amphithéâtres montpelliérains, il pouvait adopter toutes les postures : la savante comme celle du charretier, en passant par toutes les nuance de l’habile et redoutable politique maîtrisant parfaitement son art.

Le journaliste Jacques Molénat, qui, pendant 40 ans, l’a suivi de près – et à qui rien n’échappe des jeux de pouvoir dans cette région – , nous offre dans son dernier ouvrage écrit à la « pointe sèche » un portrait de ce « monstre » qui fascinait tant nos médias régionaux et nationaux. L’acteur né, le tueur, le bâtisseur, le charretier, le fabulateur, le maoïste, le féodal, le manager… défilent ainsi sous nos yeux. Bref, un Georges Frêche : « incomparable, ingérable, insupportable » qui a fait de sa ville culturellement endormie une cité phare, mais  qui passa aussi « son temps à se bouffer lui-même les couilles. », comme le dit si bien Jean-François Kahn dans sa remarquable préface (à la Georges Frêche en quelque sorte).

Toute sa vie aura été hantée par le spectre de l’ancien Président de la République qui, sans pitié, l’aura constamment soustrait au destin national dont il rêvait : celui de ministre de l’Intérieur. Affront qui le poussa à donner le nom de François Mitterrand à un simple local technique de l’hôtel de région, un réduit sans fenêtre, au sous-sol. Ce qui fit dire au sénateur Michel Charasse, qui n’avait pas non plus sa langue dans la poche : « À l’Institut François Mitterrand, je donnerai le nom de Frêche aux chiottes. »

Qu’aurait été Georges Frêche aujourd’hui ? Tout était possible avec cet homme hors du commun. Peut-être se serait-il rallié à son double inversé, Macron (J.F Kahn). Qui sait !

Jacques Molénat : « Georges Frêche, le monarque aux 80 visages » (165 pages. Cairn éditions)

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Commentaires (2)

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    Alain

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    Difficile de savoir, à mon avis il aurait quand même été obligé d’adapter sa com et de limiter ses frasques

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    Didier

    |

    Par expérience personnelle, aussi bien à la préfecture de l’Herault, qu’au Conseil Régional, j’ai beaucoup de mal à me joindre au chœur des vierges qui entonne les louanges de ce sinistre individu. Se rappeler que sinistre vient de sinistra qui signifie gauche

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