Contre-Regards

par Michel SANTO

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Un printemps et tout un été avec Antoine Compagnon et son Montaigne …

Un printemps et tout un été avec Antoine Compagnon et son Montaigne ...

Dan son merveilleux petit livre à l’usage de toutes les générations, Antoine Compagnon nous dit de Montaigne qu’il multiplie sans cesse les points de vue dans ses tentatives de saisir un monde lui-même plein de paradoxes et d’incohérences. Seule en effet l’illusion peut nous faire croire que nous irons au bout d’un sujet. Allant de-ci de-là, abordant toute chose par un petit côté, Montaigne n’écrit pas comme si c’était pour de bon, sérieusement, définitivement, mais en suivant son bon plaisir, en se contredisant à l’occasion, ou en suspendant son jugement si la matière est intraitable ou indécidable. Mon identité est instable ! nous enseigne -t – il . Montaigne n’a pas trouvé de « point fixe », mais il n’a jamais cessé de chercher…

Un printemps et tout un été avec Antoine Compagnon et son Montaigne ...

« Je festoie et caresse la vérité en quelque main que je la trouve, et m’y rends allégrement, et lui tends mes armes vaincues, de loin que je la vois approcher. Et pourvu qu’on n’y procède d’une trogne trop impérieusement magistrale, je prends plaisir à être repris. Et m’accommode aux accusateurs, souvent plus, par raison de civilité, que par raison d’amendement : aimant à gratifier et à nourrir la liberté de m’avertir, par la facilité de céder » (III, 8, 1447).

Emplacement 113 sur ma liseuse Kindle

Un printemps et tout un été avec Antoine Compagnon et son Montaigne ...

Il conseille aussi aux puissants de ne pas se prendre trop au sérieux, de ne pas « coller » entièrement à leur fonction; qu’ils sachent garder un certain sens de l’humour et de l’ironie. Et Antoine Compagnon de noter ( emplacement 700 Kindle):

" Si Montaigne, une fois élu maire, n’a pas joué à l’Important – comme disait le philosophe Alain –, il n’en a pas moins exercé toutes les prérogatives de sa charge avec fermeté, contrairement à ce que l’on a pu laisser entendre en le prenant au mot. Nul éloge de l’hypocrisie quand il demande que l’on isole l’être du paraître, mais une exigence de lucidité et, avant Pascal, une mise en garde contre la duperie de soi-même. "

Bonne lecture !

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