Une présence.

Un jour d’hiver, dans le Monoprix de la place de l’Hôtel de Ville. Devant la caisse, une hésitation. Les mains fouillent le sac. Le porte-monnaie absent.

Un jour d’hiver, dans le Monoprix de la place de l’Hôtel de Ville. Devant la caisse, une hésitation. Les mains fouillent le sac. Le porte-monnaie absent.

Entre deux colonnes d’une lumière pâle, S’ouvre cet étroit passage sans fond. De l’ombre surgissent deux figures, Et, devant elles, marche un chien.

Je n’ai pas photographié ce qui m’avait arrêté.

Marcher la nuit.

Hier soir, dans la splendide cour du Palais des Archevêques de Narbonne, vernissage de « Rêves de Japon ». Beaucoup de monde. Les habitués de ces rendez-vous. Des bises, des sourires, quelques petits fours.

Quelques mots Par texto

Un homme fête ses 86 ans. Le dessert arrive dans une pluie d’étincelles. Sa femme regarde ailleurs. Puis une longue robe rouge traverse la terrasse. Pendant quelques secondes, le cœur se trompe. Cheveux blonds. Yeux bleus. Une lumière familière.

Nous constatons que les adultes sont aujourd’hui plus lourds, plus épais. Ils se couvrent davantage qu’ils ne s’habillent.
Vêtements de maçon. Chaussures de sécurité. Il attend. Une cigarette. Quelques pas.

Photo : André Subirana. Hier, sur les Barques. Un homme. Le regard bas, les mains jointes dans le dos. Il marchait comme si les Écritures l’habitaient, ou un secret plus lourd.

22h41. Depuis la terrasse, la nef de Saint-Just et Saint-Pasteur. Pierre d’or sur ciel noir. Une beauté immobile, presque irréelle. Elle veille encore sur ce que nous avons perdu.

Je marchais dans l’air du soir, doux et frais. Le ciel, hier, à la limite du jour. Une lumière qui ne demande rien. Elle est là, simplement.