Contre-Regards

par Michel SANTO

L’Homme n’est plus qu’un rouage de la machinerie communicationnelle…

 

Daniel Maja : La vie brève.

   

 

Mercredi.

L’homme image

Provocation et victimisation sont désormais les deux mamelles d’une France devenue spectacle permanent ; et l’Homme « libre et autonome », au sens où le définissaient les “Modernes”, n’est plus que le simple rouage de la machinerie communicationnelle : image lui-même s’auto célébrant dans le flux continu de leur production quotidienne.

Mardi.

Égoïsme social.

J’ai coupé sons et images et m’en suis allé tailler ma haie, arracher les mauvaises herbes, bichonner les fleurs ayant résisté à un hiver pluvieux, pour enfin finir par nettoyer au karcher les extérieurs de ma « cabane au bord de l’eau ». J’ai ensuite rejoint la plage – à pied – , me suis assis sur le sable, ai regardé l’inlassable mouvement des vagues – comme la vie, toujours recommencée. Le ciel était bleu et le silence parfait…

De la violence ordinaire, celle qui grouille sous l’épais tapis de nos habitudes…

 

   

Pour la première fois depuis de longues semaines, j’ai pu traverser le jardin de la Révolution qui jusqu’ici était fermé au public, pour les raisons que l’on sait. Comme d’habitude je suis allé directement à la « boîte à livres » pour y jeter un rapide coup d’oeil.

La politique est l’ornement de l’intellectuel, comme il est son ornement…

   

 

[…] Le phénomène des intellectuels activistes est typiquement romantique. Ce n’est pas un hasard s’il trouve en Rousseau son paradigme, encore en vigueur aujourd’hui, dans la mesure où se conjuguent en lui, pas toujours de manière heureuse, une conscience de soi exacerbée et l’affectation exhibitionniste d’une généreuse préoccupations sociale.

Comme si la chloroquine du professeur Raoult soignait la bêtise…

       

 

Trois notes :

Ciel bleu, pas de vent ce matin. Une ville calme, quasi silencieuse. L’heure est aux oiseaux : tous en chasse, ça crie, chante : un festin . Rien d’autre ne compte dans l’instant, sinon cette dernière gorgée de café, le regard perdu au dessus des toits. “Je n’ai jamais désiré plaire à la foule : car ce qui lui plaît, je l’ignore ; et ce que je sais lui est est incompréhensible.” Épicure (Dans “Lexique” de Jean Grenier, édité chez Fata Morgana p. 48)

On ne porte plus des “habits du dimanche”…

Famille d’ouvriers agricoles en habits du dimanche.

Dans le monde d’avant celui-ci – bien avant –, dans le monde de mon enfance, précisémen, « sortir » de chez soi le dimanche était un évènement, pour ne pas dire une “fête”. Le matin ou l’après midi et quelles qu’en fussent les raisons, domestiques, privées ou sociales, nous « sortions », en effet ; mais nous ne sortions pas de n’importe quelle manière.