𝐂𝐚𝐫 𝐣’𝐞𝐱𝐢𝐬𝐭𝐞.

Dans le Livre de l’intranquillité, Fernando Pessoa écrit :

« Savoir, c’est tuer, en bonheur comme en tout. »

Cette pensée m’a souvent traversé l’esprit sans que je sache la formuler aussi clairement.

Aujourd’hui, pourtant, quelque chose en moi lui résiste.

Je sais qu’elle est morte.

Je sais que notre vie ensemble est derrière nous.

Les moments heureux et malheureux aussi.

Mais le savoir ne tue rien.

Car j’existe.

𝐌𝐞́𝐦𝐨𝐢𝐫𝐞.

Quand elle ne sera plus là
Quand je serai parti
Là-bas où il peut aussi faire jour
Un oiseau doit chanter la nuit
Comme ici
Et quand le vent passe
La montagne s’efface
𝐿𝘦𝑠 𝑝𝘰𝑖𝘯𝑡𝘦𝑠 𝑏𝘭𝑎𝘯𝑐𝘩𝑒𝘴 𝘥𝑒 𝑙𝘢 𝘮𝑜𝘯𝑡𝘢𝑔𝘯𝑒
On se retrouvera sur le sable
Derrière les rochers
Puis plus rien
Un nuage marche
Par la fenêtre passe un cri
𝘓𝑒𝘴 𝘤𝑦𝘱𝑟𝘦̀𝑠 𝑓𝘰𝑛𝘵 𝘶𝑛𝘦 𝘣𝑎𝘳𝑟𝘪𝑒̀𝘳𝑒
L’air est salé
Et tes cheveux sont encore mouillés…
Quand nous serons partis là-bas derrière
Il y aura encore ici quelqu’un
Pour nous attendre
Et nous entendre

Un seul ami…

L’ombre que nous avons laissée
Sous l’arbre et qui s’ennuie.

𝐏𝐢𝐞𝐫𝐫𝐞 𝐑𝐄𝐕𝐄𝐑𝐃𝐘. Pierres Blanches. Poèmes. Carcassonne, Éditions d’Art Jourdy. 1930 — sans date, mais certaine.Tirage limité à 300 exemplaires. Le mien : n°196.
Rien de tapageur.
Un livre fait à l’écart.
Ceux-là tiennent mieux que les autres.

Un nouveau mal du siècle

« 𝐶’𝑒𝑠𝑡 𝑐𝑒𝑙𝑢𝑖 𝑑𝑒 𝑣𝑜𝑢𝑙𝑜𝑖𝑟 𝑒̂𝑡𝑟𝑒 𝑙’𝐸́𝑡𝑎𝑡. 𝑁𝑜𝑢𝑠 𝑛’𝑒𝑛 𝑚𝑜𝑢𝑟𝑟𝑜𝑛𝑠 𝑝𝑎𝑠 𝑡𝑜𝑢𝑠, 𝑚𝑎𝑖𝑠 𝑖𝑙 𝑒𝑠𝑡 𝑏𝑖𝑒𝑛 𝑒́𝑣𝑖𝑑𝑒𝑛𝑡 𝑞𝑢𝑒 𝑛𝑜𝑢𝑠 𝑒𝑛 𝑠𝑜𝑚𝑚𝑒𝑠 𝑡𝑜𝑢𝑠 𝑓𝑟𝑎𝑝𝑝𝑒́𝑠. 𝑄𝑢𝑖 𝑛𝑒 𝑠𝑎𝑖𝑡 𝑎𝑢𝑗𝑜𝑢𝑟𝑑’ℎ𝑢𝑖 𝑔𝑜𝑢𝑣𝑒𝑟𝑛𝑒𝑟, 𝑟𝑒́𝑓𝑜𝑟𝑚𝑒𝑟, 𝑎𝑙𝑖𝑚𝑒𝑛𝑡𝑒𝑟 𝑒𝑡 𝑎𝑑𝑚𝑖𝑛𝑖𝑠𝑡𝑟𝑒𝑟 𝑚𝑖𝑒𝑢𝑥 𝑞𝑢’𝑢𝑛 𝑎𝑢𝑡𝑟𝑒 ? 𝐿𝑎 𝑡𝑒𝑛𝑡𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑑𝑒 𝑙’𝐸́𝑡𝑎𝑡 𝑒𝑠𝑡 𝑎𝑢 𝑓𝑜𝑛𝑑 𝑑𝑒 𝑛𝑜𝑠 𝑝𝑎𝑟𝑜𝑙𝑒𝑠, 𝑎𝑢 𝑏𝑜𝑟𝑑 𝑑𝑒 𝑛𝑜𝑠 𝑠𝑒𝑛𝑡𝑖𝑚𝑒𝑛𝑡𝑠, 𝑒𝑡 𝑙𝑒𝑠 𝑐𝑜𝑛𝑣𝑒𝑟𝑠𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛𝑠 𝑑𝑒 𝑡𝑜𝑢𝑠 𝑙𝑒𝑠 𝑓𝑜𝑦𝑒𝑟𝑠 𝑑𝑒 𝐹𝑟𝑎𝑛𝑐𝑒 𝑠𝑜𝑛𝑡 𝑡𝑒𝑙𝑙𝑒𝑠 𝑑𝑒𝑝𝑢𝑖𝑠 𝑞𝑢𝑒𝑙𝑞𝑢𝑒𝑠 𝑚𝑜𝑖𝑠 𝑞𝑢𝑒 𝑙𝑒𝑠 𝑜𝑟𝑒𝑖𝑙𝑙𝑒𝑠 𝑑𝑜𝑖𝑣𝑒𝑛𝑡 𝑙𝑢𝑖 𝑡𝑖𝑛𝑡𝑒𝑟 𝑑𝑒 𝑟𝑢𝑑𝑒𝑠 𝑐𝑎𝑟𝑖𝑙𝑙𝑜𝑛𝑠, 𝑎̀ 𝑐𝑒 𝑝𝑎𝑢𝑣𝑟𝑒 𝐸́𝑡𝑎𝑡, 𝑙𝑒 𝑣𝑟𝑎𝑖, 𝑚𝑜𝑛𝑠𝑡𝑟𝑒 𝑚𝑖𝑐ℎ𝑒𝑙𝑎𝑛𝑔𝑒𝑠𝑞𝑢𝑒 𝑠𝑎𝑛𝑠 𝑑𝑜𝑚𝑖𝑐𝑖𝑙𝑒, 𝑒𝑡 𝑞𝑢𝑒 𝑡𝑜𝑢𝑡 𝑙𝑒 𝑚𝑜𝑛𝑑𝑒 𝑖𝑛𝑣𝑖𝑡𝑒 𝑑𝑎𝑛𝑠 𝑠𝑎 𝑐ℎ𝑎𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑’𝑎𝑚𝑖𝑠. 𝐼𝑙 𝑦 𝑎 𝑝𝑙𝑢𝑠, 𝑛𝑜𝑢𝑠 𝑗𝑜𝑢𝑜𝑛𝑠 𝑎̀ 𝑙’𝐸́𝑡𝑎𝑡 𝑒𝑛𝑡𝑟𝑒 𝑛𝑜𝑢𝑠. 𝑁𝑜𝑢𝑠 𝑟𝑒̂𝑣𝑜𝑛𝑠 𝑎̀ 𝑙’𝐸́𝑡𝑎𝑡! 𝑁’𝑒𝑠𝑡-𝑖𝑙 𝑝𝑎𝑠 𝑣𝑟𝑎𝑖 𝑞𝑢𝑒 𝑛𝑜𝑢𝑠 𝑠𝑜𝑦𝑜𝑛𝑠 𝑠𝑎𝑖𝑠𝑖𝑠 𝑑’𝑒́𝑔𝑎𝑟𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡 ? 𝐴̀ 𝑣𝑜𝑢𝑙𝑜𝑖𝑟 𝑎𝑖𝑛𝑠𝑖 𝑡𝑟𝑜𝑝 𝑏𝑖𝑒𝑛 𝑟𝑎𝑖𝑠𝑜𝑛𝑛𝑒𝑟, 𝑡𝑟𝑜𝑝 𝑏𝑖𝑒𝑛 𝑟𝑒𝑓𝑎𝑖𝑟𝑒 𝑙𝑒𝑠 𝑙𝑜𝑖𝑠, 𝑏𝑎̂𝑐𝑙𝑒𝑟 𝑑𝑒𝑠 𝑐𝑜𝑛𝑠𝑡𝑖𝑡𝑢𝑡𝑖𝑜𝑛𝑠, 𝑑𝑒𝑠 𝑖𝑑𝑒́𝑒𝑠, 𝑑𝑒𝑠 𝑡ℎ𝑒́𝑜𝑟𝑖𝑒𝑠, 𝑑𝑒𝑠 𝑢𝑠𝑎𝑔𝑒𝑠, 𝑛𝑜𝑢𝑠 𝑟𝑖𝑠𝑞𝑢𝑜𝑛𝑠 𝑑𝑒 𝑚𝑒𝑡𝑡𝑟𝑒 𝑒𝑛𝑡𝑟𝑒 𝑙𝑎 𝑣𝑖𝑒 𝑒𝑡 𝑛𝑜𝑢𝑠 𝑑𝑒𝑠 𝑐𝑜𝑢𝑐ℎ𝑒𝑠 𝑑𝑒 𝑚𝑜𝑡𝑠 𝑣𝑎𝑔𝑢𝑒𝑠 𝑒𝑡 𝑙𝑜𝑖𝑛𝑡𝑎𝑖𝑛𝑠, 𝑞𝑢𝑒 𝑝𝑒𝑟𝑠𝑜𝑛𝑛𝑒 𝑛’𝑒𝑥𝑎𝑚𝑖𝑛𝑒 𝑝𝑙𝑢𝑠, 𝑒𝑡 𝑑𝑜𝑛𝑡 𝑛𝑜𝑢𝑠 𝑖𝑔𝑛𝑜𝑟𝑜𝑛𝑠 𝑑𝑒 𝑝𝑙𝑢𝑠 𝑒𝑛 𝑝𝑙𝑢𝑠 𝑙𝑒 𝑐𝑜𝑛𝑡𝑒𝑛𝑢, 𝑙𝑎 𝑠𝑖𝑔𝑛𝑖𝑓𝑖𝑐𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛, 𝑙𝑒 𝑠𝑒𝑙. »

LEON-PAUL FARGUE – Poète et écrivain français – 1876 – 1947. Extrait de Dîners de Lune, Paris, Gallimard (nrf), 1952. Édition numérique de la Bibliothèque numérique romande.

J’ai lu « Le cul de Judas » d’Antonio Lobo Antunes.

𝐀𝐧𝐭𝐨́𝐧𝐢𝐨a 𝐋𝐨𝐛𝐨 𝐀𝐧𝐭𝐮𝐧𝐞𝐬 𝐞𝐬𝐭 𝐝𝐞́𝐜𝐞́𝐝𝐞́ 𝐥𝐞 𝟓 𝐦𝐚𝐫𝐬 𝟐𝟎𝟐𝟔 𝐚̀ 𝐋𝐢𝐬𝐛𝐨𝐧𝐧𝐞. 𝐉’𝐚𝐢 𝐥𝐮 𝐋𝐞 𝐜𝐮𝐥 𝐝𝐞 𝐉𝐮𝐝𝐚𝐬. 𝐏𝐚𝐫𝐦𝐢 𝐥𝐞𝐬 𝐧𝐨𝐭𝐞𝐬 𝐩𝐫𝐢𝐬𝐞𝐬 𝐚𝐥𝐨𝐫𝐬, 𝐜𝐞𝐥𝐥𝐞-𝐜𝐢 :

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