𝐋𝐞s 𝐫𝐞𝐬𝐭𝐞 𝐝𝐮 𝐣𝐨𝐮𝐫.

Je ne sais pas
ce que mon regard, ce soir,
va choisir.

Je ne sais pas
ce que mon regard, ce soir,
va choisir.

Quand elle ne sera plus là
Quand je serai parti
Là-bas où il peut aussi faire jour
Un oiseau doit chanter la nuit
Comme ici
Et quand le vent passe
La montagne s’efface
𝐿𝘦𝑠 𝑝𝘰𝑖𝘯𝑡𝘦𝑠 𝑏𝘭𝑎𝘯𝑐𝘩𝑒𝘴 𝘥𝑒 𝑙𝘢 𝘮𝑜𝘯𝑡𝘢𝑔𝘯𝑒
On se retrouvera sur le sable
Derrière les rochers
Puis plus rien
Un nuage marche
Par la fenêtre passe un cri
𝘓𝑒𝘴 𝘤𝑦𝘱𝑟𝘦̀𝑠 𝑓𝘰𝑛𝘵 𝘶𝑛𝘦 𝘣𝑎𝘳𝑟𝘪𝑒̀𝘳𝑒
L’air est salé
Et tes cheveux sont encore mouillés…
Quand nous serons partis là-bas derrière
Il y aura encore ici quelqu’un
Pour nous attendre
Et nous entendre
Un seul ami…
L’ombre que nous avons laissée
Sous l’arbre et qui s’ennuie.
𝐏𝐢𝐞𝐫𝐫𝐞 𝐑𝐄𝐕𝐄𝐑𝐃𝐘. Pierres Blanches. Poèmes. Carcassonne, Éditions d’Art Jourdy. 1930 — sans date, mais certaine.Tirage limité à 300 exemplaires. Le mien : n°196.
Rien de tapageur.
Un livre fait à l’écart.
Ceux-là tiennent mieux que les autres.

Goldberg, l’aria.
Lang Lang au clavier.

Assis sur le même banc.
À la même place.
Le premier à gauche.
Pas un bruit.
Le silence de son visage
dans la nuit où elle s’est tue.
Au seuil du chœur,
l’or d’un vitrail.
Puis des verts,
des bleus,
des rouges,
posés sur la pierre.
Silence et beauté.
Comme un matin d’été
dans une chambre fraîche.
Illustration : Basilique Saint Paul Serge. Narbonne.

J’écoute Mort à crédit.