Contre-Regards

par Michel SANTO

Trois notes d’humeur sur la « vie » narbonnaise – et d’ailleurs !

Rue du Pont des Marchands.

Samedi matin, entre Halles et rue du Pont des Marchand. Le ciel est encore gris de hauts nuages. Un léger vent marin les pousse vers l’intérieur des terres. Au-dessus de ma tête, des goélands tournoient en altitude. Ils crient, raillent – pleurent ? On dirait des vautours réclamant leur pitance. Et l’image de l’un de cette espèce, lors d’une de mes balades sur l’ancien chemin de halage bordant la Robine, à peu près au même endroit, fondant sur une  bergeronnette pour la massacrer à coups de bec redoublés, féroces, s’impose brutalement à mon esprit. Plus tard, revenant sur mes pas, elle gisait là, au même endroit, le reste de ses entrailles exposées au soleil…

Jeux de « dames », à Narbonne, pour les prochaines municipales ?!

Les joueurs d’échec. Le Caravage.

Dans le microcosme narbonnais, si les pièces principales du jeu politique des prochaines municipales sont en place, les conditions de son exercice ont profondément changé.

Du côté de Nouveau Narbonne (NN), il est désormais acquis que, contrairement au tour précédent, il n’y aura pas de liste concurrente à droite menée par LR.

Gazer ! Le mot et la chose, en jaune…

Lundi matin aux Halles de Narbonne ! Accoudé à un bar, un de mes amis en compagnie de deux autres personnes. Très rapidement la conversation vire au Gilets Jaunes. Je reprends l’une d’entre elles  qui s’indignait : « Il se font gazer ! » ; et lui fait observer que  ce mot est  inapproprié ; que cette comparaison implicite avec le gazage des juifs pendant  la seconde guerre est scandaleuse. Il me répond : « le gaz lacrymogène est un gaz, non ? » ; « et pourquoi devrais-je accepter votre champ sémantique, pourquoi me l’imposer ? »

Comment mieux lutter contre l’habitat indigne, dans la Narbonnaise… et ailleurs !

Sans titre

J’ai reçu dans ma boîte de réception électronique ces photos. Ce sont celles d’un « appartement » de 13m2 avec une mezzanine… mais seulement accessible à genoux. Son loyer : 280€ ! L’installation électrique date des années 30, les fenêtres ne servent à rien, l’humidité ronge les murs, les rats y sont à résidence… Des informations recueillies auprès d’une association venant en aide aux personnes démunies, Je retiens aussi le cas d’un homme vivant dans un 50m2 payant un loyer de 217€ , eau et électricité comprises.

Le congrès des Gilets Jaunes des Pyrénées Orientales a tourné au vinaigre …

Plus de 500 sympathisants du mouvement des Gilets jaunes se sont rassemblés au centre culturel de Cabestany, dans les Pyrénées-Orientales. Un centre culturel (!) mis à leur disposition par le maire communiste de cette commune – parmi les plus riches des PO. L’affiche était spectaculaire et les GJ n’ont pas déçu : ce fut un beau « bordel » ! C’était donc hier que se tenait ce congrès fondateur.  Acte 1 : la présence des médias – bien que tous invités ! Hourvari au fond de la salle. Cris, Huées. Occupation du pied de la tribune. Vote à main levée : présence acceptée. Acte 2 ! À la tribune un GJ prend la parole. « Ton nom ? ». « On le connaît pas ! ». Réponse : « Micro ! ». Huées, cris. Il cède, le donne ! D’autres prennent la parole. Brouhaha. « Abrège ! » « Ta gueule ! » Les jurons fusent, on s’envoie des noms d’oiseaux. Deux camps s’opposent : les structurants, les informels.  Acte 3 ! Au bout de 3 heures, la moitié de la salle a déjà quitté le centre. Rien n’a été décidé. Si ! Rendez-vous aux péages ! Ah, j’oubliais ! Le maire, Jean Vila, a confirmé la commande à l’association des ferronniers catalans d’une esquisse pour une sculpture représentant un couple de Gilets Jaunes (hétérosexuel ! ce qui devrait provoquer une nouvelle polémique.) Il sera installé sur un rond-point de la commune qui « portera leur nom à jamais ». Je ne sais plus quel grand théoricien marxiste prétendait que les germes de la société du futur étaient présents dans les formes d’action des » masses » en lutte. Celle (de société) qui nous a été présentée par les GJ, hier, à Cabestany, m’ a fait beaucoup  rire. Jaune !

NB : billet écrit sur la base d’informations contenues dans l’article de Laure Moysset paru dans l’édition du jour de l’Indépendant (édition Perpignan)