Le ciel avait la couleur d’un métal usé. Pas d’orage. Pas d’éclair. Juste cette masse grise qui pèse sans rompre. Une lumière retenue, comme si le jour doutait de lui-même.
Les mots frappent avant les poings. Des slogans préparent le terrain. Des images désignent la cible.
On les croit inoffensifs. Ils se parent de morale, invoquent la justice ou l’opprimé. Mais à force de simplifier le monde, ils fabriquent des coupables en série.
Qualifier de « fasciste » l’opposant, l’adversaire politique, le policier, le dominant , c’est effacer le visage. C’est réduire l’homme à une catégorie. C’est décréter qu’il mérite l’exécution symbolique. Puis le lynchage.
À Lyon, Quentin est mort sous les coups de nervis, en marge d’un meeting. Il était, paraît-il, un « fasciste ». L’ennemi. La cible.
On prétend que les mots ne tuent pas. C’est faux. Ils installent l’idée que frapper n’est plus une faute, mais une réponse. Ils créent le climat.
La violence n’est jamais spontanée. Elle est un récit. Une petite musique qui déshumanise. Quand l’adversaire devient l’incarnation du mal, le passage à l’acte est une conséquence.
Il faut mesurer le poids des mots lancés dans le vide. Derrière les slogans vertueux, il y a parfois un cercueil.
. C’était hier, vers 16 h 30. Sur la promenade des Grazels, à Gruissan. Le ciel avait la couleur d’un métal usé. Pas d’orage. Pas d’éclair. Juste cette masse grise qui pèse sans rompre. Une lumière […]
Tous les ans, à la même date, à deux ou trois jours près, elle cale son antique vélo sur le même banc de pierre de la Place au Blé. Sous mes fenêtres. Partager :ImprimerE-mailTweetThreadsJ’aime […]
Tous les ans, à la même date, à deux ou trois jours près, elle cale son antique vélo sur le même banc de pierre de la Place au Blé. Sous mes fenêtres. Partager :ImprimerE-mailTweetThreadsJ’aime […]
Les mots frappent avant les poings. Des slogans préparent le terrain. Des images désignent la cible. On les croit inoffensifs. Ils se parent de morale, invoquent la justice ou l’opprimé. Mais à force […]