𝐋𝐚 𝐟𝐚𝐛𝐫𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐝𝐞́𝐬𝐢𝐥𝐥𝐮𝐬𝐢𝐨𝐧𝐬.
Deux années de sociologie. Puis l'université quittée pour un point chaud.
Littérature · Regards
Ce que l’on voit quand on s’arrête. Chroniques brèves et photographies, par Michel Santo.
Deux années de sociologie. Puis l'université quittée pour un point chaud.

Il y a quelques années, je disais à un ami photographe que je faisais la même chose que lui. Avec des mots.

À deux pas de chez moi, la basilique Saint-Paul-Serge. Je m’y rends pour la messe des défunts.

En rangeant ses affaires, j’ai trouvé dans son porte-monnaie une feuille de papier pliée.

Un pont, des lampes, une façade allumée. L’eau les reprend et les étire vers le bas.

À cette heure-là, le laboratoire de biologie est encore froid. L’analyse sanguine annuelle, la routine des années qui passent.

Je monte dans la pièce du haut, puis sur la terrasse. C’est mon rituel : à l’est, les levers de soleil ; à l’ouest, les couchers. Saisir ces bascules, quand la nuit s’en va ou quand elle entre.

Je tire les rideaux de la cuisine,regarde les couleurs du ciel,jette un œil sur le grand lilas de Perse,mets en route la cafetière,attends la première tasse,la tiens à deux mains,m’assois devant la fenêtre,
Un homme a tiré à l'arme automatique dans les rues de Trappes. Il a tué des passants. I

Elle m'aurait dit encore : « Viens voir ce ciel, Michel ! » Je suis venu. Je cadre, je déclenche.

Chaque matin, je prends un livre dans la bibliothèque.Une page, parfois deux.Ce matin, Kundera.Une femme longe une piscine.Elle se retourne, sourit, lève la main.

Aujourd’hui, la ville est plombée. Un ciel bas, gris. Une lumière à l'image de mes pensées : stupéfaction, tristesse, colère.
La lettre
Chaque nouvelle chronique, dans votre boîte. Rien d’autre.