Les mots frappent avant les poings. Des slogans préparent le terrain. Des images désignent la cible.
On les croit inoffensifs. Ils se parent de morale, invoquent la justice ou l’opprimé. Mais à force de simplifier le monde, ils fabriquent des coupables en série.
Qualifier de « fasciste » l’opposant, l’adversaire politique, le policier, le dominant , c’est effacer le visage. C’est réduire l’homme à une catégorie. C’est décréter qu’il mérite l’exécution symbolique. Puis le lynchage.
À Lyon, Quentin est mort sous les coups de nervis, en marge d’un meeting. Il était, paraît-il, un « fasciste ». L’ennemi. La cible.
On prétend que les mots ne tuent pas. C’est faux. Ils installent l’idée que frapper n’est plus une faute, mais une réponse. Ils créent le climat.
La violence n’est jamais spontanée. Elle est un récit. Une petite musique qui déshumanise. Quand l’adversaire devient l’incarnation du mal, le passage à l’acte est une conséquence.
Il faut mesurer le poids des mots lancés dans le vide. Derrière les slogans vertueux, il y a parfois un cercueil.
Le Président a parlé juste. Il a parlé ferme. Vingt ans après le supplice d’Ilan Halimi, il a nommé l’ennemi : l’hydre antisémite. Le mot est exact. L’hydre change de visage. Elle se nourrit d’ignorance et d’ambiguïtés.
Jack et Caroline Lang plaident l’ignorance. Le refrain est connu : « Si j’avais su ». Pour l’affaire Epstein, le couple invoque la surprise. C’est une posture. Elle est commode, mais elle est coûteuse.
Tokyo. Ses néons, ses silences. Un acteur américain usé accepte un emploi dans une agence de « familles à louer ». Il devient père d’un jour, mari de circonstance, ami sur commande. Tout est contractuel.
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L’Iran fait ses comptes après le sang. On ne tue pas seulement. On facture. La balle, la cellule, la caution : tout se monnaye. Même le cadavre. Partager :ImprimerE-mailTweetThreadsJ’aime […]
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