Contre-Regards

par Michel SANTO

𝐌𝐞́𝐦𝐨𝐢𝐫𝐞.

Quand elle ne sera plus là
Quand je serai parti
Là-bas où il peut aussi faire jour
Un oiseau doit chanter la nuit
Comme ici
Et quand le vent passe
La montagne s’efface
𝐿𝘦𝑠 𝑝𝘰𝑖𝘯𝑡𝘦𝑠 𝑏𝘭𝑎𝘯𝑐𝘩𝑒𝘴 𝘥𝑒 𝑙𝘢 𝘮𝑜𝘯𝑡𝘢𝑔𝘯𝑒
On se retrouvera sur le sable
Derrière les rochers
Puis plus rien
Un nuage marche
Par la fenêtre passe un cri
𝘓𝑒𝘴 𝘤𝑦𝘱𝑟𝘦̀𝑠 𝑓𝘰𝑛𝘵 𝘶𝑛𝘦 𝘣𝑎𝘳𝑟𝘪𝑒̀𝘳𝑒
L’air est salé
Et tes cheveux sont encore mouillés…
Quand nous serons partis là-bas derrière
Il y aura encore ici quelqu’un
Pour nous attendre
Et nous entendre

Un seul ami…

L’ombre que nous avons laissée
Sous l’arbre et qui s’ennuie.

𝐏𝐢𝐞𝐫𝐫𝐞 𝐑𝐄𝐕𝐄𝐑𝐃𝐘. Pierres Blanches. Poèmes. Carcassonne, Éditions d’Art Jourdy. 1930 — sans date, mais certaine.Tirage limité à 300 exemplaires. Le mien : n°196.
Rien de tapageur.
Un livre fait à l’écart.
Ceux-là tiennent mieux que les autres.

𝐋𝐞 𝐩𝐫𝐞𝐦𝐢𝐞𝐫 𝐛𝐚𝐧𝐜 𝐚̀ 𝐠𝐚𝐮𝐜𝐡𝐞.

Assis sur le même banc.
À la même place.
Le premier à gauche.

Pas un bruit.

Le silence de son visage
dans la nuit où elle s’est tue.

Au seuil du chœur,
l’or d’un vitrail.

Puis des verts,
des bleus,
des rouges,
posés sur la pierre.

Silence et beauté.

Comme un matin d’été
dans une chambre fraîche.

Illustration : Basilique Saint Paul Serge. Narbonne.

𝐋’𝐡𝐨𝐦𝐦𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐁𝐚𝐫𝐪𝐮𝐞𝐬.

Photo : André Subirana.

Hier, sur les Barques. Un homme. Le regard bas, les mains jointes dans le dos. Il marchait comme si les Écritures l’habitaient, ou un secret plus lourd.

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