Contre-Regards

par Michel SANTO

Le PRG tire le missile Taubira sur le PS… et la gauche.

     

Ce matin, dans le seul journal local de ma petite ville qui jadis fut cependant capitale, le PRG de l’Aude au complet – une vingtaine de militants tout au plus : un « grand rassemblement » selon les normes statistiques de ce micro parti – faisait la « Une » et la photo pour appeler les « sympathisants de gauche » à participer à la primaire populaire et voter pour leur candidate à la Présidentielle, leur nouvelle égérie et pompeuse poétesse, madame Christiane Taubira. Une primaire dont les organisateurs se sont arrogés le droit de départager les candidats de gauche à la façon d’une directrice d’école maternelle, en distribuant à des candidats qui ne le sont pas, notamment et surtout Jean-Luc Mélenchon, Yannick Jadot et Anne Hidalgo, des appréciations infantilisantes : «très bien», «bien», «passable» – traduire pour cette dernière par « médiocre » et « nul ». Une fausse primaire « spontanée et citoyenne » donc, outrancièrement ridicule, et dont le seul objectif est en réalité de propulser la candidature-torpille de C. Taubira pour faire exploser ce qui reste encore des partis de gauche. J’observe aussi que, dans ma Région Occitanie où le PRG et ses leaders, peu nombreux, certes, mais qui occupent des positions de pouvoir importantes offertes à eux par un PS maître de la Région et de nombreux Départements, ce dernier assiste, muet, comme une taupe, à cette offensive « liquidatrice » de Taubira et du PRG réunis. À croire que dans l’inconscient collectif de ce dernier, la fin d’un cycle politique de 50 ans qui l’avait amené aux plus hautes responsabilités de l’État, était déjà acté. Quand on en fera l’histoire, on ne manquera pas de relever, anecdotiquement cependant – faut pas pousser ! –, que le PRG n’aura finalement jamais cessé de jouer le double jeu du soutien et de la « trahison ». En attendant, pour reprendre les mots d’un ami, on aura tout vu ! Avec du « mélo » à la façon tortueuse d’Arnaud, jusqu’au comique dodu de François, en passant par le cynisme rageur de Jean Luc, la « fausse naïveté » de Jadot, la démesure tragique d’Anne et la grandiloquente morgue d’une Taubira. Mais quel spectacle, tout de même !

 

* Les deux primaires organisées par les socialistes avaient rassemblé 2 millions de votants en 2011 et 1,6 en 2017.

* * Un PRG qui n’aura finalement cessé de jouer le double jeu du soutien et de la « trahison » avec le PS.

 

Illustration : Page Facebook  Édouard Rocher.

       

Contre- revue de « petites phrases » politiques…

       

       

24 janvier 2022.

François Hollande : « Un ancien président peut très bien refaire de la politique et être candidat à l’élection présidentielle…  » Évidemment ! Il n’est pas d’animal plus hérissé et plus gonflé de vent qu’un âne bâté qu’on appelle « ancien président ».

23 janvier 2022.

« Je fais de la politique, car on m’a refusé le job de mes rêves » (Le Figaro Madame du 22 janvier), nous dit Valérie Pécresse. Dont acte, la France et la République ne la font pas rêver. On l’avait deviné, tant chez elle tout sonne faux. Comme une moinesse dansant le tango.

22 janvier 2022.

Dans un entretien à « Libération », Madame Taubira, toujours aussi modeste, a détaillé ce qui la distinguait de ses rivaux à gauche, notamment son « assise, qui doit faire envie à des tas de gens ». Pas à moi en tout cas ! Assise ample et disons généreuse, sans doute, mais hélas ! sans réel fondement. Celle de Pénépole Cruz, par contre…

     

Notre bateau glisse sur le fleuve calme.

 
 
 
 
 
 
 
 
Notre bateau glisse sur le fleuve calme.
Au-delà du verger qui borde la rive,
Je regarde les montagnes bleues et les nuages blancs.
 
Mon amie sommeille, la main dans l’eau.
Un papillon s’est glissé sur son épaule,
A battu des ailes et puis s’est envolé
 
Longuement je l’ai suivi des yeux.
Il se dirigeait vers les montagnes de Tchang-nân
 
Était-ce un papillon, ou le rêve que venait de faire mon amie ?
 
 
Chang Wou Kien. « La flûte de jade », page 28 (L’édition d’art H. Piazza. 1920).
Petit livre précieux donné par une amie qui hélas ! n’est plus de ce monde…
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Taubira ! La torpille « fantôme » pour liquider le parti de Jaurès ?!

   

L’histoire retiendra qu’après avoir privé Lionel Jospin d’un second tour – et sans doute de l’Élysée – pour seulement 0,7 % des voix, le 21 avril 2002, François Hollande l’installe à la tête du prestigieux ministère de la Justice, de 2012 à 2016, et lui donne ainsi une notoriété dont elle se pare orgueilleusement pour une nouvelle fois se présenter à l’élection présidentielle. Avec pour résultat probable d’ajouter à la déroute électorale du PS, un énorme fiasco financier. Finalement, cette dame a toujours été une menace pour le PS, et, sans trembler, elle entend à présent achever son « travail » : liquider, dans tous les sens du terme, ce qui reste du parti de Jaurès.

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