Contre-Regards

par Michel SANTO

Scène de la vie narbonnaise : Elle était assise sous la véranda de ce bistrot du centre ville…

       

Elle était assise sous la véranda de ce bistrot du centre ville où je m’étais installé pour y boire une tasse de café noir. Je l’observais, élégante et rêveuse, caresser de ses longues mains les flancs d’une théière blanche tout à fait ordinaire. La froide lumière des néons accentuait la pâleur de son visage et donnait du relief à des traits d’une grande finesse.

Le temps n’est pas loin où vont revenir les langueurs universelles, les croyances à la fin du monde…

 

 

Depuis des mois, je ne lis plus que des correspondances, carnets, journaux d’auteurs : Flaubert, Gide, Malaparte, Renard, les Goncourt … (dernier achat chez mon bouquiniste : Les carnets de la drôle de guerre de JP Sartre); nos grands moralistes aussi : La Rochefoucauld, La Bruyère… Lecture discontinue et fragmentaire qui me va, incapable que je suis, ces temps-ci, d’entrer dans un roman, un récit… Leurs sujets et leurs auteurs me lassant très vite : leurs premières pages, écritent à la mode journalistique, souvent suintent  de bons sentiments. On croirait lire de longs éditoriaux : qui sont les traités de morale de notre temps.

“Franchement, Michel ! à quoi bon tout ça !”, me disait aussi une petite voix…

   

Recommandant la lecture quotidienne d’une ou deux « pensées » de La Rochefoucauld ou de La Bruyère pour exercer sa lucidité et ne point être dupe de certaines postures sociales,  je citais ce dernier : « nous faisons par vanité ou bienséance les mêmes choses que nous ferions par inclination ou par devoir ». Un penchant auquel nul n’échappe, en effet : le rédacteur de ce billet, le premier !

Scènes de la vie narbonnaise à l’entrée du passage de l’Ancre et du cloître de la cathédrale Saint Just-Saint Pasteur

 
     

Lundi dernier, était-ce le matin ou l’après-midi, je ne sais plus. Pour quelles raisons me suis-je retrouvé devant l’entrée du passage de l’Ancre, je l’ignore. Et pourquoi en son milieu discutaient trois personnes de ma connaissance, je le découvris plus tard. La plus ostensiblement visible des trois — de par sa vêture —, qui m’aborda, était un des prétendants à la première magistrature de Narbonne, un personnage fantasque et haut en couleur qui a le goût de vestes et de cravates uniformément teintées d’un bleu marial qu’on croirait tout droit sorties d’un magasin spécialisé dans l’habillement ecclésiastique.

  
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