Contre-Regards

par Michel SANTO

𝐂𝐞𝐭 𝐚𝐩𝐫𝐞̀𝐬-𝐦𝐢𝐝𝐢.

Près du bord,
une eau mêlée de sable.

Puis des verts.

Au loin,
un bleu franc.

Et enfin cette frontière d’air et d’eau.

Une simple ligne
pour partager le monde.

Photo : Plage des Ayguades. Gruissan. Aude.

𝐋𝐞 𝐫𝐞𝐬𝐩𝐨𝐧𝐬𝐚𝐛𝐥𝐞 𝐝𝐞 𝐭𝐫𝐨𝐩.

Manque de moyens pour la santé. Pour la justice. Pour l’école. Pour la culture. Pour la SNCF. Pour les communes, les départements, les régions. Pour les associations. Pas un dysfonctionnement sans son manque de moyens.

𝐀𝐮𝐭𝐫𝐞 𝐬𝐢𝐠𝐧𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐭𝐞𝐦𝐩𝐬.

Perché sur un tabouret de la terrasse du Rive Gauche, sous les platanes de la promenade des Barques, Jacques me fait signe. Je le rejoins.

𝐂𝐚𝐫 𝐣’𝐞𝐱𝐢𝐬𝐭𝐞.

Dans le Livre de l’intranquillité, Fernando Pessoa écrit :

« Savoir, c’est tuer, en bonheur comme en tout. »

Cette pensée m’a souvent traversé l’esprit sans que je sache la formuler aussi clairement.

Aujourd’hui, pourtant, quelque chose en moi lui résiste.

Je sais qu’elle est morte.

Je sais que notre vie ensemble est derrière nous.

Les moments heureux et malheureux aussi.

Mais le savoir ne tue rien.

Car j’existe.

𝐂𝐡𝐞𝐳 𝐋𝐚𝐮𝐫𝐞𝐧𝐭.

À table.

Sur le mur,
ses dernières lunettes,
monture fuchsia vif,
posées sur la tranche d’un petit tableau.

Articles récents