Contre-Regards

par Michel SANTO

Ava Gardner, sa légende, le luxe de sa chambre lui étaient totalement indifférents. (Fiction 5)

 
 
 
 
Fiction 5
 
La voix de Joseph Cameron, tendre et ferme à la fois, toujours la bouleversait. Marie avait le sentiment à l’entendre, que rien en mal ne pouvait l’atteindre. Trois mots de Jo, et la morale commune, le souci des convenances sociales , la peur n’exerçaient plus aucun pouvoir sur ses intentions, comme sur ses actes.

La préfète a percuté, elle. Je la vois demain. En tête à tête. Un approfondissement de mon propos lui serait agréable… (Fiction 4)

>
   

Fiction 4.

 

 
Imperturbable, Joseph s’était levé sans chercher à comprendre d’où provenait ce vacarme. Il connaissait son auteur ! Dans le mouvement, il fit deux pas , sans émotions particulières, et rangea son petit récipient en verre sur le rebord de la fenêtre. En se retournant, il vit Boris, figé dans l’entrée. Ses cheveux blonds, drus et bouclés, « en bataille », frôlaient le linteau du chambranle en bois mouluré.

De ses yeux à demi clos qui parfois s’ouvraient péniblement sur le monde, il pouvait apercevoir, plus bas, la plage des amandiers… (Fiction 3)

Plage des amandiers. Sainte Rose.

 

Fiction 3.

Le repas de midi concocté par les amis guadeloupéens de Joseph avait été somptueux. Lyse s’était surpassée avec son poulet colombo. Une merveille de simplicité gustative ; et les arômes complexes et subtils du vieux rhum de Michel, pour finir, servi sur la terrasse de leur vaste maison coloniale, excitaient encore ses papilles longtemps après qu’il l’eut dégusté à petites gorgées. Joseph, dans cette ambiance paisible et chaleureuse, goûtait à satiété tous ces plaisirs tropicaux. Le moelleux du matelas de plumes qui couvrait son large fauteuil en osier leur ajoutait un sentiment paradoxal d’irréalité.

Sous la grande horloge, était un homme vêtu d’un long manteau noir.

 

Fiction 1

7 heures du matin. Il fait nuit et froid. Le vent souffle par rafales. Les toits métalliques qui couvrent les quais de la gare de N… font un bruit épouvantable. Une lumière jaillie de nulle part voile d’un jaune pale, brumeux et sale, cette architecture vibrante de tôles et d’acier. Sous la grande horloge, était un homme vêtu d’un long manteau noir. Parfaitement immobile. À ses pieds, une grande valise d’un autre siècle. Un train annoncé par une voix artificielle s’arrête sur son quai dans un grincement continue de ferraille ; pour repartir quelques minutes après. Sans lui. Sans cet homme au long manteau noir. Plus tard, beaucoup plus tard, deux hommes l’approchent, le serrent de près ; sans aucune réaction de sa part. Tous trois se dirigent ensuite d’un pas égal vers la sortie. Calmement. Dehors, une voiture blanche, portières grandes ouvertes, les attend. Sur le quai numéro 1, reste une grande valise…

Articles récents