Contre-Regards

par Michel SANTO

Dans quelques heures, le vent va se lever.

 

Image : @LaCroix

 
 
 
7h30. Il fait encore nuit. Des entrées maritimes, basses, lourdes, menaçantes, rasent les toits, couvrent les arbres. Tout est gris. Les rues sont désertes. Pas un bruit. Une dame en noir apparaît. Elle est masquée ; s’aide d’une cane. Un coup de vent lui fait perdre l’équilibre. Elle s’arrête, se redresse, teste ses appuis et repart. Pour disparaître derrière le mur sale d’un immeuble voisin. Dans un ciel à portée de main, on devine aussi le vol lent des goélands. Dans quelques heures, le vent va se lever. Puissant. Violent. Éclateront alors ces masses sombres. Destructrices. Sur la côte et dans l’arrière pays, des hommes s’y préparent. Dans l’angoisse.

On achève et égorge des chrétiens jusque dans nos églises !

     

On achève et égorge des chrétiens jusque dans nos églises ! Au nom d’un Dieu qui n’est pas le leur ; et le jour anniversaire de son prohète. À Nice. Ce matin. Quelques jours après qu’aux portes d’un autre temple, celui du savoir, un même bourreau ai réalisé son abominable office. Rien ne sera épargné de tout ce qui nous rassemble. Il faudra du courage, encore et encore, pour regarder en face cette ignoble et mortifère idéologie. En désigner les porteurs d’eaux et de glaives. Les affronter. Toujours ! Sans craindre les procès en sorcellerie politique. Sans trembler.

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