Contre-Regards

par Michel SANTO

Quand convergent les images, les mots et les violences des extrêmes de gauche et de droite…

Giuseppe Conte, choisi par le M5S et la Ligue pour occuper la fonction de président du Conseil, a finalement renoncé dimanche soir à ce poste, le président Mattarella ayant refusé d’accepter que l’économiste Paolo Savona prenne le portefeuille des Finances, en raison notamment de son hostilité connue et déclarée pour l’euro et pour les institutions européennes. Fureur des dirigeants de ces deux partis anti-système, et probablement de nouvelles élections pour sortir de cette crise avec certainement une nouvelle majorité constituée par les mêmes : l’extrême droite et les « Insoumis » du mouvement 5 étoiles. 

Petites réflexions sur la petite « manif » du 22 mai dans ma petite ville avant la « grande marée » populaire du 26, de J.L Mélenchon…

Lisant un texte publié par Gil Jouanard (celui de Claire Fourier s’en rapprochant) sur sa page Facebook le 23 mai, je pensais à la foule de manifestants  – d’ailleurs exagérément gonflée (statistiquement parlant !) par le journaliste qui en rapportait le défilé d’avant hier entre la Médiathèque et la Sous-Préfecture de Narbonne) – dont la trajectoire correspondait en partie à celle de ma randonnée urbaine habituelle, une baguette de pain sous le bras (façon de parler) et l’esprit en roue libre (si je puis dire, car me déplaçant toujours à pied.)

Ce 18 mai, à Narbonne, la mémoire de Charles Trenet fut hélas profanée…

Je ne connais pas ce monsieur El Assidi (dont la notoriété ne tient qu’à son statut de légataire universel de Charles Trenet), mais son rabachage perpétuel et plaintif devant la tombe du « fou chantant » – et de représentants de la presse –, à l’occasion de son jour anniversaire – le 18 mai – me fait grandement douter de la noblesse de ses sentiments « filiaux » envers ce grand poète de la chanson française.

Un petit bijou littéraire signé Joël Baqué : « La mer c’est rien du tout » …

   

       

La quatrième de couverture de ce petit livre de Joël Baqué : « la mer c’est rien du tout »  (99 pages) édité chez P.O.L (excellente maison d’édition) est composée d’une seule phrase rythmée par trois verbes à l’infinitif – vivre, devenir, découvrir –  : « Vivre une enfance languedocienne, devenir le plus jeune gendarme de France puis maître-nageur sauveteur des CRS, découvrir la littérature et le plaisir d’écrire ». Une présentation qui d’emblée signale un ton et une forme de récit autobiographique libéré des contraintes et des usages habituels.

Coup de tonnerre ! les pétroliers descendent en flammes le projet « Grand Port » de Port la Nouvelle…

         

Le projet de création d’un « Grand Port » à Port La Nouvelle projeté par la Région Occitanie et soutenu par le Grand Narbonne est entré dans une phase concrète avec l’enquête publique qui se terminera le 25 mai prochain. La Région Occitanie/ Pyrénées-Méditerranée a budgété 200 millions d’euros, en autorisation de programmes (AP), dès 2018, afin quel les travaux démarrent immédiatement pour qu’en 2020/ 21 le port puisse commencer à fonctionner. Et ce 16 mai, à 17heure 11, « coup de tonnerre », Christophe LALLOZ, le patron de  Entrepôt Pétrolier de Port La Nouvelle (EPPLN), premier opérateur portuaire de ce port dont il assure les deux tiers de l’activité, a publié un avis défavorable ; un véritable pavé dans le marais des avis jusqu’ici adressés au commissaire enquêteur.

Dans un document de 30 pages qui analyse ce projet dans tous ses aspects socio-économiques, Christophe LALLOZ explique d’emblée ses raisons en précisant  que ce projet « menace, en l’état de son phasage et de son financement, la pérennité de notre entreprise qui, depuis 5 ans, a engagé un important cycle d’investissements (environ 30 millions d’euros), qu’elle s’efforce d’amortir et de rentabiliser. »

Mais le plus intéressant sont ses autres arguments qui, de fait, remettent en question l’économie d’ensemble du projet et ses justifications économiques et financières.

Extraits :

4.2. L’activité hydrocarbure se maintiendra si le projet d’extension n’aboutit pas

Le maître d’ouvrage l’admet sans ambiguïté dans son dossier : l’activité hydrocarbure peut se passer du projet d’extension portuaire. L’unique contrainte pour EPPLN, si le projet d’extension doit être conduit à son terme, est de disposer d’un outil de déchargement par bord à quai en remplacement de son sea-line. Entrepôt Pétrolier de Port-La-Nouvelle SAS 21 / 30 Mais, faut-il une fois de plus insister, EPPLN n’est aucunement demandeur d’un changement d’outil de déchargement dont les gains potentiels demeurent, en toute hypothèse, à démontrer. Contrairement à ce qui est écrit, EPPLN est donc pleinement satisfaite des conditions actuelles d’utilisation du sea-line. En revanche, le démantèlement du sea-line, en l’absence de construction d’un moyen de substitution pour le déchargement massif conduirait, à coup sûr, à la fermeture de EPPL

4.3.Un sea-line prétendument inadapté ?

Sans que le maître d’ouvrage n’ait jugé utile d’échanger avec EPPLN sur la fonction du sea-line dans l’exploitation et l’économie du dépôt, le dossier prétend que le trafic sur le sea-line serait inadapté avec : – l’augmentation du tonnage unitaire des navires et, – l’augmentation du nombre d’escales annuelles. Ce postulat ne résiste pas à l’examen. Le sea-line permet aujourd’hui de décharger des navires de 35.000 à 40.000 tonnes, le dépôt pétrolier de EPPLN n’étant pas en capacité de réceptionner des navires significativement plus importants en raison de sa capacité de stockage de gasoil limitée à 75.000 tonnes et de ses contraintes opérationnelles.

4.4.Nécessité de la digue Nord pour construire le quai « colis lourds » ?

Le dossier n’explique pas en quoi il serait indispensable de construire la digue Nord pour réaliser le quai « colis lourds » pour les éoliennes. Ces digues sont présentées comme permettant aux quais éoliens d’être dans une situation plus confortable. Mais par ailleurs , les plannings montrent que le quai pour les éoliennes sera livré bien avant la fin de la construction de la digue Nord, et ceci dans les deux alternatives envisagées. EPPLN en déduit que les éoliennes pilotes pourront se construire avant même la livraison de la digue Nord. Par conséquent, dans le cadre de la mise à disposition du quai « éolien » pour la construction des éoliennes pilotes, il n’y aurait pas d’urgence à construire la digue Nord.

4.5.Nécessité du grand port pour les éoliennes pilotes ?

Le dossier ne démontre pas la nécessité de réaliser le grand port pour la construction de fermes éoliennes pilotes. Il indique au contraire que ces fermes éoliennes pourraient être construites dans le port de Fos-Marseille, avec un surcoût de transport de « seulement » 3 M€. Le dossier admet également que ces fermes pilotes éoliennes n’apporteront que très peu de recettes pour le port de commerce. Il importe à cet égard de rappeler que l’objet du projet pilote des fermes éoliennes offshore est d’expérimenter dans la zone de Gruissan et Port Leucate la production d’électricité grâce aux vents marins ; il ne s’agit en aucun cas de vérifier la capacité du port de Port-la-nouvelle à réaliser ces éoliennes. Le maître d’ouvrage doit donc considérer de manière indépendante ces deux sujets et ne plus lier la livraison de fermes éoliennes pilotes à la réalisation d’un projet d’extension portuaire.

4.6.Une absence avouée d’investisseurs.

EPPLN constate que ce projet laisse sceptique le monde économique : le maître d’ouvrage admet d’ailleurs dans le dossier soumis à enquête publique qu’aucun investisseur privé n’a accepté de participer au projet d’extension portuaire.

L’intégralité de cet avis en format PDF en cliquant sur (ici)

Voilà qui devrait faire bouger les lignes et provoquer de fortes vagues dans les tranquilles eaux de la procédure en cours…

Lire aussi l’Ouillade du 18 mai 2018 (ici)