Préférer le proche, où le mal est inséparable du bien,…

     

Pages d’auteur :

« On pourrait dire : accepter le travail, l’effort. Préférer le proche, où le mal est inséparable du bien, aux lointains où règne une clarté pure, mais peut-être fausse ou morte. Préférer aux hommes qui ne jurent que par la perfection d’un Absolu et qui sont souvent dangereux, les spectiques actifs, les endurants, les obstinés. On se retrouverait alors parmi les autres […] J’envie, j’admire l’écrivain qui sait dire des jours quelconques, agrandis secrètement par un espace tout de même inconnu qui est pareil à l’intérieur des instruments de musique ; parce que cet écrivain me paraît plus proche d’une « vérité » entrevue, pressentie. Mais je suis incapable de cela… »

Philippe Jaccottet. À travers un verger. Fata Morgana (1975) : pages 42 et 43

Gil Jouanard, grand « promeneur » des lettres avait le « goût de choses »…

       

Ce soir j’ai perdu un ami. Gil Jouanard était de ces êtres qu’on ne peut oublier. D’une belle et fine intelligence, il aimait la vie, les livres et tous ceux qui les font. Je l’ai connu à la Région Languedoc-Roussillon. Il dirigeait alors le Centre Régional des Lettres. Je le retrouvais souvent dans son bureau. J’ai pioché dans ses étagères tant et tant d’ouvrages. Gil était généreux, en tous domaines. Chaque jour ne nous offrait-il pas ici même des textes puisés dans l’or de sa mémoire : des morceaux de vie serties dans une élégante prose ; des lectures précises et goûteuses d’auteurs aussi qui sous sa plume devenaient des amis. Gil était un promeneur ; il avait le « coût des choses ». Il écrivait « à sauts et à gambades ». Il aimait Calet, Godeau, Follain, Fargues, Reverdy… Gil, mon ami, les mots ce soir me manquent. Restent les tiens, là, précieusement rangés aux premiers rayons de ma bibliothèque. Je sais t’y retrouver…

On trouvera une brève biographie de Gil, ainsi que sa bibliographie, en cliquant sur ce lien.

     

Moments d’humanité sur la promenade des Barques…

       

     

Le matin, quand le vent s’est éteint dans la nuit et qu’un ciel uniment bleu couvre la ville au midi, j’aime m’asseoir sur un banc de la promenade des Barques. Je choisis toujours celui qui m’offre la vue la plus large possible sur le quartier de Bourg – celui de mon enfance. Il se prête idéalement à de paresseuses pensées ; j’y suis aussi aux premières loges pour regarder les passants et observer toute la variété humaine que présente une petite ville de province comme la mienne.

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