𝐂𝐞𝐭 𝐚𝐩𝐫𝐞̀𝐬-𝐦𝐢𝐝𝐢.

Près du bord,
une eau mêlée de sable.

Puis des verts.

Au loin,
un bleu franc.

Et enfin cette frontière d’air et d’eau.

Une simple ligne
pour partager le monde.

Photo : Plage des Ayguades. Gruissan. Aude.

𝐀𝐮𝐭𝐫𝐞 𝐬𝐢𝐠𝐧𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐭𝐞𝐦𝐩𝐬.

Perché sur un tabouret de la terrasse du Rive Gauche, sous les platanes de la promenade des Barques, Jacques me fait signe. Je le rejoins.

𝐂𝐚𝐫 𝐣’𝐞𝐱𝐢𝐬𝐭𝐞.

Dans le Livre de l’intranquillité, Fernando Pessoa écrit :

« Savoir, c’est tuer, en bonheur comme en tout. »

Cette pensée m’a souvent traversé l’esprit sans que je sache la formuler aussi clairement.

Aujourd’hui, pourtant, quelque chose en moi lui résiste.

Je sais qu’elle est morte.

Je sais que notre vie ensemble est derrière nous.

Les moments heureux et malheureux aussi.

Mais le savoir ne tue rien.

Car j’existe.

𝐂𝐡𝐞𝐳 𝐋𝐚𝐮𝐫𝐞𝐧𝐭.

À table.

Sur le mur,
ses dernières lunettes,
monture fuchsia vif,
posées sur la tranche d’un petit tableau.

𝐋’𝐡𝐨𝐦𝐦𝐞 𝐝𝐮 𝐦𝐚𝐭𝐢𝐧.

Vêtements de maçon. Chaussures de sécurité.
Il attend. Une cigarette. Quelques pas.
Sur le banc, un sac en plastique jaune. Son casse-croûte. Hier, c’était une glacière.

Articles récents