Contre-Regards

par Michel SANTO

Patrick Chappert-Gaujal illumine l’Aspirateur…

La fin de vie programmée de l’Aspirateur sera scellée samedi par le vernissage de la flamboyante rétrospective consacrée à  l’artiste leucatois Patrick Chappert-Gaujal. (Étrange destin tout de même pour ce lieu d’exposition d’art contemporain conçu initialement pour le recyclage des déchets urbains et qui accueillera dans les prochains mois la « police municipale » de la Ville de Narbonne.)

Son titre ? « Last call » !  (Dernier appel), que traduisent à merveille ces cabines téléphoniques installées place de l’Hôtel de Ville récupérées dans je ne sais quel entrepôt de brocanteur.

Leurs vitres, Patrick les a recouvertes de ses cartes marines, comme pour nous inviter à regarder autrement ces espaces clos, et jadis transparents, qui, en nous isolant du monde nous reliaient néanmoins à la terre entière. Des niches dans lesquelles on pouvait voyager par la voix et l’imagination, s’y abriter du vent et de la pluie, se serrer contre  un corps désiré… Il y avait en effet quelque chose de matriciel dans ces enveloppes de verre et d’acier, où se mêlaient chuchotements, pleurs, cris comme si rien au monde ne pouvait en retenir les ondes et les bruits. Le miracle  était souvent d’en voir sortir des êtres transfigurés au visage lisse, l’esprit apaisé, après que l’on eut impatiemment signalé sa présence et son envie à son tour d’y entrer. On  l’aura compris, j’éprouve un peu de nostalgie à l’évocation de ce temps. Une nostalgie d’autant plus vive que s’imposent désormais à nous la tyrannie de ces petits objets modernes d’où sortent en tous lieux le plus intime, le plus vain et parfois le plus grossier de leurs propriétaires. Oui, un dernier appel lancé dans ces cabines sans fils de Patrick Chappert-Gaujal auquel ne répond plus hélas ! un monde où le silence, la pudeur, le secret d’une conversation apparaissent aujourd’hui comme les stigmates d’une sociabilité archaïque, pour ne pas dire profondément suspecte. La nuit venue, témoins de ce passé qui donne encore à rêver, elles éclaireront aussi les Barques de Cité…

Plus loin, des silhouettes d’encres d’une élégance toute orientale sorties de médiocres plaques de cartons de récupération, des épures étirées sur de grands formats de papiers blancs aux formes pleines et délicates empliront l’Aspirateur d’un imaginaire où l’essentiel d’une esthétique se résume à quelques signes tracés à la pointe d’un pinceau. Assemblages faits de bois flottés, plastiques, toiles… tout ce que ce monde laisse tomber dans l’oubli de décharges publiques, ou rejette sur les bords de ses mers et rivières objets ; kayaks, croix de  pharmacie habillés de lumière, sera au rendez-vous donné aux visiteurs par cette superbe rétrospective. Quelle soit une source d’inspiration et de plaisir pour tous est le voeux le plus cher qui me reste à former. Comme la mer et ses lumières toujours renouvelées le sont pour son maître d’oeuvre…

Un dimanche matin chez Bebel, après la finale Castres-Montpellier, où je buvais mon café noir…

   

AFP PHOTO / CHRISTOPHESIMON

     

Ce matin, 10 heures 30, je m’installe devant le comptoir de Gilles Belzon, sur un de ces inconfortables tabourets hauts, pour y boire mon dernier café serré de la matinée. À ma gauche, deux hommes aux visages marqués par d’incontestables excès de table commentent passionnément le tournoi de Roland Garros. Des bribes de leur conversation, je comprends que rien ne leur est étranger de l’histoire sportive des compétiteurs encore en course, jusqu’à leur âge et le nombre de coups droit ou de revers gagnant à leur actif. Un dénommé Simon est évoqué sans que je sache s’il s’agit d’un patronyme ou d’un prénom ; puis, brusquement, comme un pastis posé sur le zinc d’un bistrot par un serveur blasé, le rugby est convoqué dans cet échange encyclopédique par celui qui, depuis mon arrivée, noie son interlocuteur sous un flot d’informations à faire pâlir d’envie un journaliste professionnel (Je dis ça, façon de parler, ma culture tennistique étant d’une pauvreté indigne d’un homme moderne censément passer ses après midi devant sa télé à tourner sa tête au diapason de celles de spectateurs assistant à ce rituel mondain et sportif dans le temple gaulois de la petite balle jaune).

Narbonne-Solidaire : un écosystème de fraternité…

Jeudi 19 heures, rendez-vous avec Benoit-Maéva Perez, le jeune et entreprenant animateur de Narbonne-Solidaire, sur le parking de l’ancienne salle des ventes où je le retrouve en compagnie de sa joyeuse (oui !) équipe de bénévoles servant le repas du soir à cette « société » de SDF et de clochards – j’en croise certains dans les rues de Narbonne, mais la plupart me sont inconnus – qui vit – façon de parler – en marge et dans l’indifférence plus ou moins avouée de la nôtre, quand elle n’est pas à ses yeux rendue invisible.

Ce 18 mai, à Narbonne, la mémoire de Charles Trenet fut hélas profanée…

Je ne connais pas ce monsieur El Assidi (dont la notoriété ne tient qu’à son statut de légataire universel de Charles Trenet), mais son rabachage perpétuel et plaintif devant la tombe du « fou chantant » – et de représentants de la presse –, à l’occasion de son jour anniversaire – le 18 mai – me fait grandement douter de la noblesse de ses sentiments « filiaux » envers ce grand poète de la chanson française.

Un petit bijou littéraire signé Joël Baqué : « La mer c’est rien du tout » …

   

       

La quatrième de couverture de ce petit livre de Joël Baqué : « la mer c’est rien du tout »  (99 pages) édité chez P.O.L (excellente maison d’édition) est composée d’une seule phrase rythmée par trois verbes à l’infinitif – vivre, devenir, découvrir –  : « Vivre une enfance languedocienne, devenir le plus jeune gendarme de France puis maître-nageur sauveteur des CRS, découvrir la littérature et le plaisir d’écrire ». Une présentation qui d’emblée signale un ton et une forme de récit autobiographique libéré des contraintes et des usages habituels.

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