Contre-Regards

par Michel SANTO

Le régime de retraite de la SNCF et de la RATP pour tous ?!

 

   

Dans la plupart des pays européens confrontés aux mêmes problèmes : diminution des actifs et augmentation de la population âgé, la réforme des « retraites » s’est faite sans que leurs syndicats de cheminots et de conducteurs de métro, comme chez nous, bloquent la capitale et le pays tout entier ; leurs dirigeants à la démagogie abyssale, courant les « plateaux » pour nous expliquer, avec une mauvaise foi époustouflante, qu’en défendant leurs régimes spéciaux ils garantiraient celui du régime général des autre salariés du privé.

Scènes de la vie narbonnaise à l’entrée du passage de l’Ancre et du cloître de la cathédrale Saint Just-Saint Pasteur

 
     

Lundi dernier, était-ce le matin ou l’après-midi, je ne sais plus. Pour quelles raisons me suis-je retrouvé devant l’entrée du passage de l’Ancre, je l’ignore. Et pourquoi en son milieu discutaient trois personnes de ma connaissance, je le découvris plus tard. La plus ostensiblement visible des trois — de par sa vêture —, qui m’aborda, était un des prétendants à la première magistrature de Narbonne, un personnage fantasque et haut en couleur qui a le goût de vestes et de cravates uniformément teintées d’un bleu marial qu’on croirait tout droit sorties d’un magasin spécialisé dans l’habillement ecclésiastique.

Revenant de Peyriac de Mer, et de son cimetière…

Revenant de Peyriac de Mer, et de son cimetière, où nous allons chaque année honorer nos morts, passant devant l’admirable fresque du boulodrome de Bages, le village voisin où nous avions procédé au même rituel, je fus saisi, malgré l’attention que je portais à la conduite de mon véhicule, par une curiosité orthographique dans son titre qui me parut, dans le bref instant de sa vision, trop énormément fautive pour ne pas m’obliger à m’arrêter un peu plus loin sur le bord de la route et rebrousser chemin, à pied cette fois-ci, pour en vérifier, de près et de face, l’authenticité.

À quoi bon inventer des histoires, les mots n’y suffiront jamais.

 

2. J’allais donc sur une plage de sable fin dont je tairai ici le nom, pour encore tenter de vivre, dans ce moment d’écriture, l’illusoire après midi d’un monde rythmé par des images et des bruits advenant à ma conscience, sans le filtre intellectuel ou moral des jours ordinaires et des convenances sociales, au seul rythme d’une marche que justifiait le plaisir physique d’en inscrire les traces sur cette limite mouvante entre mer et terre ; là où les vagues finissent leur vie dans un lent et profond mouvement d’aller-retour, ne laissant à contempler au promeneur solitaire sans identité et destination que j’étais alors, un mince filet d’écume, de sable et d’eaux mêlées aux bordures bouillonnantes qu’irisait un soleil généreux jouant de l’ombre et de la lum!ère avec de rares nuages égarés dans un ciel uniformément bleu. L’espace et le temps se fondaient en un au-delà du langage où nulle raison, nulle pensée, nulle contradiction, nul sentiment ne s’imposaient à l’intuition de vivre une harmonie aussi parfaite qu’instable, aussi fugitive que mystérieuse — Dans la joie comme dans le tragique. Une poupée de chiffon gisait là, soudain ; nue, sans visage. À quoi bon inventer des histoires : les mots n’y suffiront jamais.

Ce jour-là, je marchais seul “Pour le climat”.

 

sur la plage de gruissan

   

C’était en ce début d’après-midi de la semaine dernière où régnait encore ce lourd silence si caractéristique d’une petite ville du midi, à cette heure et en plein été, au moment précis où j’actionnais la poignée de la porte d’entrée du parking souterrain « Les Halles », située sur la rive droite du canal de la Robine, à quelques pas seulement du restaurant « Le Figuier » — dont la patronne régale ses clients d’excellents tajines, notamment — que j’ai reçu, dans l’instant même où la porte cédait à ma pression, la puissante houle sonore d’une troupe  de tambours brésiliens à laquelle se mêlait le profond mouvement vocal d’une foule à l’unisson de cette orchestrale ouverture, que j’aperçus, levant les yeux en direction de cette impérieuse source  de décibels, de l’autre côté du canal, me faisant face, deux motocyclettes de la police municipale roulant à petite allure, signalant, comme de coutume, l’amorce d’une manifestation dont le gros des troupes, massé sur la place de l’Hôtel de Ville, s’impatientait de faire entendre aux autorités et badauds, les raisons de leur défilé en rangs serrés. Le climat, me dis-je.  Ciel ! le climat… Vingt minutes plus tard, cependant, l’esprit léger malgré le sentiment d’avoir failli à mon devoir de “citoyen écolo-responsable”, je marchais aussi, mais  à bonne allure, le long d’une plage enfin rendue à la nature, détendu et ouvert à toutes sortes de pensées et d’impressions suscitées par la circonstance et la beauté d’un  paysage baigné par une douce lumière. La mer était calme, le ciel dégagé ; et un faible vent d’Espagne couvrait les Pyrénées de fins nuages blancs. Marchant, je constatais, alors que j’écrivais mentalement ces lignes, sans être toutefois certain de les reproduire ici dans leur état du moment, que mes phrases avançaient du même pas que les miens : l’une après l’autre, tout en se frayant un chemin dans le flux continu d’idées et d’images venues de toutes parts dans le plus grand désordre apparent. Le genre d’expérience, me disais-je, qui rend vain le désir de vouloir saisir la totalité du réel par la seule écriture. Et j’allais ainsi sur une plage de sable, à l’écoute du vent et des vagues, sous un beau ciel bleu, avec pour horizon les Pyrénées sous de fins nuages blancs…

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