« Et au milieu coule une rivière. » Hier soir sur Arte. Une voix off, grave, douce, mélancolique. Celle du fils aîné. Elle rythme le récit comme l’eau qui passe. L’histoire est simple. Deux frères. Un père pasteur. Le Montana des années vingt. La pêche à la mouche. Et derrière tout cela, la vie qui file.
New York, 1960. Les bureaux fument. Les verres de whisky s’entrechoquent. Les costumes sont nets, les robes cintrées. Don Draper marche, grand, sombre, un mystère dans les yeux. Il vend des rêves, des cigarettes, l’Amérique. Il charme. Mais il porte un secret, lourd comme une pierre. La série est lente, précise. Chaque mot compte. Chaque regard coupe. Les hommes parlent fort, rient, mentent. Les femmes, Peggy, Joan, Betty, cherchent leur place dans un monde d’hommes. La caméra les suit, impitoyable. Les décors brillent, impeccables. Mais derrière, la solitude et la peur. L’American way of life est un miroir brisé. Treize épisodes. Chacun est un verre de scotch, amer, fort, qui brûle la gorge. Don est un génie. Peggy grandit, timide mais dure. Joan, reine de l’agence, cache sa douleur sous un sourire rouge. Betty, épouse parfaite, tremble dans sa cage dorée. La musique porte l’époque. Les années 60 grondent : Kennedy, la guerre, les droits civiques, tout est là, en arrière-plan, comme un orage lointain. C’est beau. C’est froid. C’est vrai. La série ne juge pas, elle montre. Les personnages vivent, respirent, se brisent. On les regarde, fasciné, comme on regarde un feu. On veut savoir. On veut comprendre. Mais la vérité glisse, comme la fumée d’une cigarette. On sait que ça finira mal. Mais on ne peut pas s’arrêter. Parce que tout est juste. Parce que tout est cruel et magnifique. Arte offre un bijou. Regardez-le. Prenez votre temps.
Quatre vies. Quatre œuvres. Quatre éclats du XXe siècle.
Ils se sont croisés à Paris, capitale du feu et des avant-gardes. Ils se sont aimés, admirés, combattus. Parfois frères, parfois rivaux.
Picasso. Le maître. Tout transformer. Tout dominer. Le cubisme, la céramique, le combat politique. Guernica comme drapeau.
Miró. L’inverse. L’isolement. La faim qui crée des étoiles et des oiseaux mutants. La Catalogne comme racine. La poésie comme arme.
Dalí. L’excès. Le délire en précision d’horloger. Flamand halluciné. Trop surréaliste pour les uns, trop franquiste pour les autres. Toujours provocateur.
Dora Maar. Photographe de l’ombre. Scalpel de lumière. Amante et témoin de Picasso. Blessée. Mais debout.
Tous marqués par la guerre. Tous obsédés par la liberté, chacun à sa manière.
L’exposition raconte leurs destins croisés. Elle montre que l’art n’est jamais seul. C’est une lutte. Une blessure. Une illumination.
C’était dans les années 2000. À Moux, dans les Corbières. Là que j’ai rencontré Serge Griggio. Dans son atelier : l’ancienne épicerie du village. Aux murs, une série de toiles : « Dyptique Griggio Pirotte ». Pirotte ! Pirotte admiré. Ici, lu, commenté. En plein cœur des Corbières. Ma surprise fut grande.
Il y avait la mer, au loin. Et la chaleur d’un soir d’été à Narbonne-Plage.
Quelques jours plus tôt, un incendie dramatique avait léché les portes de la ville. Plus de 2 000 hectares partis en fumée. De la garrigue en cendres, des pins calcinés, un vent de panique. Des vies brisées. Et puis le retour au calme.
Tous les ans, à la même date, à deux ou trois jours près, elle cale son antique vélo sur le même banc de pierre de la Place au Blé. Sous mes fenêtres. Partager :ImprimerE-mailTweetThreadsJ’aime […]
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