Contre-Regards

par Michel SANTO

Le Cabinet d’Art Particulier et « Les Grands Buffets Mécénat » exposent Patrick Chappert-Gaujal…

 

Louis Privat, Marie-Charlotte Simon , Patrick Chappert-Gaujal. Crédit photo ©Laurie Biral

     

Louis Privat, le patron des « Grands Buffets » n’est jamais à court d’idées – il ne fait jamais rien comme personne ! Surtout quand il s’agit de promouvoir l’art contemporain et les artistes qu’il affectionne.  Et qu’il fait, à sa manière, dans des lieux ou des conditions originales, comme autant de « performances ». En 2008, déjà, il demandait à Patrick Chappert-Gaujal, de travailler le métal et d’investir les cuisines de son restaurant de l’Espace de Liberté pour y faire entrer de la lumière et de la beauté. Un « geste » artistiquement, techniquement et professionnellement osé. Et parfaitement réussi ! D’autres artistes suivirent et non des moindres, comme le sétois Di Rosa et ses bronzes, autour de ses fontaines… De sorte que son restaurant est devenu aussi, au fil du temps et des ses « coups de coeur », une « galerie » d’un type particulier, sans finalité marchande, dont l’objet est  de redonner à l’art sa fonction ornementale ; de le mettre au contact des publics les plus divers.

Ainsi, aussi, nous « parlent » les bleus…

 

 

Hier, sur le coup des 17 heures, la plage était déserte (presque : quelques grands-mères retraitées et leurs petits-enfants l’occupaient) et le sable encore très chaud ; le vent pliait les parasols, le soleil brûlait les yeux, l’eau gelait les pieds (et le reste !) ;  des vives piquaient aussi, me disait-on. Au loin, un scooter brisait l’horizon et pétaradait (quel con !) ; plus près, des sternes – à la verticale – plongeaient (quel spectacle !) et un goéland (quelle enflure !) gueulait. Fatigue ! Et puis plouf ; et ce moment précis, immobile, face au ciel… Joie !

Ce que nous dit de notre époque l’affiche « censurée » du cinquantenaire de Port Leucate…

Pour les débuts de Port-Leucate, Jacques Séguéla, qui commençait sa carrière dans la publicité, a conçu sa campagne de promotion imaginée en 1968 avec ce slogan : « Port-Leucate, le pays de la liberté »,  au-dessous duquel on peut voir un garçon et une fille nus se tenir par la main devant la mer, suivant du regard leur cerf-volant laissé à sa liberté dans un ciel parfaitement bleu.

Patrick Chappert-Gaujal transmue l’Aspirateur en « objet » d’art…

Samedi, 17h 30, sur le « parvis » de terre battue de l’Aspirateur une foule exceptionnellement nombreuse d’artistes, de collectionneurs, d’hommes et de femmes politiques (de tous bords et statuts) d’amis, d’amateurs d’art en général et de celui de Patrick Chappert-Gaujal en particulier, venue des quatre coins de la région (et de bien plus loin encore), attendait avec impatience la fin du discours de Didier Mouly (heureusement bref !) pour se précipiter dans le ventre de cet équipement d’acier et de béton aux formes étrangement magnifiées par cet évènement, afin d’y découvrir (ou de retrouver) quelques unes de ses emblématiques pièces.

Patrick Chappert-Gaujal illumine l’Aspirateur…

La fin de vie programmée de l’Aspirateur sera scellée samedi par le vernissage de la flamboyante rétrospective consacrée à  l’artiste leucatois Patrick Chappert-Gaujal. (Étrange destin tout de même pour ce lieu d’exposition d’art contemporain conçu initialement pour le recyclage des déchets urbains et qui accueillera dans les prochains mois la « police municipale » de la Ville de Narbonne.)

Son titre ? « Last call » !  (Dernier appel), que traduisent à merveille ces cabines téléphoniques installées place de l’Hôtel de Ville récupérées dans je ne sais quel entrepôt de brocanteur.

Leurs vitres, Patrick les a recouvertes de ses cartes marines, comme pour nous inviter à regarder autrement ces espaces clos, et jadis transparents, qui, en nous isolant du monde nous reliaient néanmoins à la terre entière. Des niches dans lesquelles on pouvait voyager par la voix et l’imagination, s’y abriter du vent et de la pluie, se serrer contre  un corps désiré… Il y avait en effet quelque chose de matriciel dans ces enveloppes de verre et d’acier, où se mêlaient chuchotements, pleurs, cris comme si rien au monde ne pouvait en retenir les ondes et les bruits. Le miracle  était souvent d’en voir sortir des êtres transfigurés au visage lisse, l’esprit apaisé, après que l’on eut impatiemment signalé sa présence et son envie à son tour d’y entrer. On  l’aura compris, j’éprouve un peu de nostalgie à l’évocation de ce temps. Une nostalgie d’autant plus vive que s’imposent désormais à nous la tyrannie de ces petits objets modernes d’où sortent en tous lieux le plus intime, le plus vain et parfois le plus grossier de leurs propriétaires. Oui, un dernier appel lancé dans ces cabines sans fils de Patrick Chappert-Gaujal auquel ne répond plus hélas ! un monde où le silence, la pudeur, le secret d’une conversation apparaissent aujourd’hui comme les stigmates d’une sociabilité archaïque, pour ne pas dire profondément suspecte. La nuit venue, témoins de ce passé qui donne encore à rêver, elles éclaireront aussi les Barques de Cité…

Plus loin, des silhouettes d’encres d’une élégance toute orientale sorties de médiocres plaques de cartons de récupération, des épures étirées sur de grands formats de papiers blancs aux formes pleines et délicates empliront l’Aspirateur d’un imaginaire où l’essentiel d’une esthétique se résume à quelques signes tracés à la pointe d’un pinceau. Assemblages faits de bois flottés, plastiques, toiles… tout ce que ce monde laisse tomber dans l’oubli de décharges publiques, ou rejette sur les bords de ses mers et rivières objets ; kayaks, croix de  pharmacie habillés de lumière, sera au rendez-vous donné aux visiteurs par cette superbe rétrospective. Quelle soit une source d’inspiration et de plaisir pour tous est le voeux le plus cher qui me reste à former. Comme la mer et ses lumières toujours renouvelées le sont pour son maître d’oeuvre…

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