𝐋𝐞𝐬 𝐦𝐨𝐮𝐥𝐢𝐧𝐬 𝐚̀ 𝐯𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐮 𝐣𝐨𝐮𝐫𝐧𝐚𝐥𝐢𝐬𝐦𝐞 𝐦𝐢𝐥𝐢𝐭𝐚𝐧𝐭.

Aujourd’hui, dans L’Indépendant, un article signé Joël Ruiz revient sur la réunion de concertation organisée à Fitou autour du projet de ligne LGV Béziers–Perpignan.

Salle comble. Élus des Corbières-Maritimes opposés aux tracés littoraux et ralliés à la solution du tunnel sous les Corbières, présentée comme la moins destructrice pour l’environnement et les paysages.

Puis vient la conclusion de l’article :

« Alexis Armengau n’est pas le seul à se battre contre les moulins à vent du grand capital. »

La formule se veut lyrique. Elle dit surtout le glissement du reportage vers la posture.

Voilà donc SNCF Réseau enrôlé dans le « grand capital », comme si une infrastructure publique relevait d’une obscure prédation financière. Le cliché militant remplace soudain la nuance.

On peut contester une ligne ferroviaire. Discuter un tracé. Défendre un territoire. Tout cela est légitime.
Mais transformer un débat d’aménagement en combat romantique contre « le grand capital » relève moins de l’information que du réflexe idéologique.

Le plus étonnant reste cette vieille mécanique journalistique : convoquer Don Quichotte, les moulins à vent et la résistance héroïque dès qu’un dossier devient conflictuel. Une image usée jusqu’à la corde, plaquée sur des réalités autrement plus complexes.

À force de chercher le souffle épique, certains articles finissent par ne plus éclairer grand-chose. Ils tournent sur eux-mêmes, dans les moulins à vent du commentaire convenu.

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