Contre-Regards

par Michel SANTO

« Efforce-toi de ne pas être de ton temps. »

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Jean François Billeter a pris le parti de réunir et de traduire les passages des Cahiers de Lichtenberg, cahiers tenus de 1764 à 1799. Il a ajouté aussi, dans son petit bouquin, un bref aperçu de sa vie et de son œuvre et un bref essai où il explique, lui le sinologue, les raisons qu’il a eues de s’intéresser à cet auteur. Ce matin, l’ai surligné dans ma Kindle, ces quelques perles :
 

Dialogue humaniste…

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Bonjour Monsieur ! Je cherche un refuge.
 
— Je ne suis pas agent immobilier, Monsieur.
 
— Vous m’avez mal compris, c’est d’une retraite dont j’ai besoin.
 
— Adressez-vous donc à une Maison ou une Caisse.
 
— Monsieur, vous vous moquez…
 
— Non, voyons…
 
— C’est de bienveillance, d’écoute, d’amour, à défaut d’amitié que d’urgence il me faut.
 
— Vous croyez en moi, mon ami ?
 
— Mais je vous aime, Monsieur !
 
— Alors prenez donc, mon brave ! (Et notre Homme de lui tendre un pistolet)
 
 
 

Moments de vie…

 
 
 
 
 
 
14 heures. La chambre est spacieuse. Les murs sont d’un camaïeu gris. Pas un bruit. Pas d’odeur. La lumière du jour est celle des murs. Au fond, près de la fenêtre, un lit d’hôpital. Un homme dort, dans la position du foetus. Son corps, sec, décharné sous une couverture jaune, semble à ceux qu’on relevait dans les camps ; ses mains, froides comme un linceul, couvrent son visage. Ivan va mourir. On le sait depuis ce matin. Dans quelques jours ce sera fini.. Sur le chambranle de la porte toujours ouverte, son nom ; et juste au dessus, une petite vache en bois peint…
 
17 heures. Je tiens Milo dans mes bras. 8 mois déjà. Il est beau et en bonne santé. On rit, fait des mimiques, joue, bêtifie. Il grogne ; explore ma bouche. C’est l’heure du biberon. Il l’avale. En redemande. Dehors, il fait froid. On s’inquiète déjà : « est-il assez couvert ? » Sa mère nous rassure. Sur le pas de la porte je les regarde tous deux s’éloigner. Lui dans ses bras, elle dans son cœur. Et toute la vie devant eux…

Banales journées de septembre…

 


 

Samedi matin, café place de l’hôtel de ville et, surprise, le coup de fil de Charlène qui m’annonce sa présence en ville. Elle me rejoint avec son ami. Heureux et heureuse ! On s’embrasse… L’ après midi, je la retrouve à la terrasse du Bistrot, à la fin de son repas. Recafé ! Baisers, mots gentils, photos… Elle habite Toulon, c’est loin et elle nous manque. Plus tard, dans ma cabane au bord de l’eau, petit nettoyage vert ; puis plage : lecture, rêveries, bains… lecture, rêveries, bains…

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