Contre-Regards

par Michel SANTO

Ce soir là, « l’art », de manière inattendue, était involontairement dans la rue…

 

@photo : michelsanto.

   

Chaque soir, à la même heure, des boutiquiers pressés du centre ville entassent leurs « encombrants » – cartons, cintres, boîtes, papiers… – sur des trottoirs devenus en partie  impraticables, jusqu’à ce que les  servants des « camions poubelles » de l’entreprise assurant ce service de déblaiement rendent enfin aux piétons leur pouvoir  d’en user sans obstacles.

Ce désir de paraître vivre ailleurs que dans une ville de province…

 

À Recanati, l’immeuble Léopardi @ T.Jamard. Cliquer sur l’image pour rejoindre l’auteur de ce cliché sur son blog…

     

« Plus généralement, le désir d’être ce que nous ne sommes pas a pour conséquence de tout gâcher dans le monde : c’est cela qui rend insupportables  tant de gens qui par ailleurs ont tout pour ce faire aimer.

Ces impitoyables « touristes » qui ne veulent plus entendre le son des cloches et le chant des cigales…

Il y a quelques semaines, en Lozère, les locataires d’un gîte demandaient que l’on cessât de faire sonner les cloches de l’église, dès 7 heures du matin. Demain, ils réclameront des insecticides pour supprimer le « crac crac » des cigales. Trop tôt et trop de bruits pour ces urbains désireux d’une campagne de cartes postales, sans odeurs et sans chants.

Grattez un « Vert », et vous trouverez toujours sous sa bucolique rhétorique un matraquage fiscal, ou tarifaire…

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Cet élu « Vert » héraultais de la majorité régionale constituée par Carole Delga, Christian Dupraz, à raison :  il est plus responsable, d’un point de vue écologique, de rester chez soi, à Perpignan, à  glander sur son canapé, que d’aller bosser à Narbonne, Béziers ou Montpellier, en prenant le TER. 

Ne plus vouloir porter la forme entière de l’humaine condition…

       

Si j’en crois Montaigne, chaque homme porte la forme entière de l’humaine condition. Ainsi la rédaction de ce billet me ferait connaître les mêmes angoisses qu’un Guillaume Musso et m’instruirait sur la création littéraire, quand le ramassage quotidien de canettes de bière ou de coca devant ma porte m’informe lui, sans aucun doute, sur les sentiments éprouvés par les employés du service propreté de la Ville à l’égard de leurs concitoyens –  le con donnant sa vérité à ce vocable sans substance ;