Contre-Regards

par Michel SANTO

Le retour du Triangle d’Oc.

En 2006, le jeune et nouvellement élu vice-président de la Région Languedoc-Roussillon, Eric Andrieu, décrétait que le Triangle d’Oc ( Narbonne-Béziers ) n’était pas un  » territoire pertinent « . Dans un billet du 18 octobre de la même année, je prédisais que G. Frêche, le moment venu, le contredirait. C’est fait. Hier, dans le Midi Libre de Patick Nappez qui, depuis la défaite de sa tête de turc d’ancien maire s’en prend désormais aux dames octogénaires qui se garent sur les trottoirs, nous est laconiquement annoncé que  » le président de la Région est fortement décidé ( le serait-on, mollement ? ) à initier ( pas très joli! ) de nouvelles coopérations entre les deux villes… » Parfait!  Il suffisait donc que Jacques Bascou soit élu maire de Narbonne pour que G. Frêche mette en cohérence son action avec la carte du développement économique régional. Et que les robinets des financements régionaux, coupés depuis 2006, reviennent alimenter un Triangle d’Oc désormais légitimé à gauche comme à droite. Pour avoir inscrit ce projet dans le schéma régional d’aménagement et porté cette initiative sur le terrain même de cette  » grappe urbaine « , je ne mégotterai pas mon  » plaisir « , tout en regrettant, une fois de plus, qu’il faille des alternances politiques pour reconnaître et assumer d’incontestables réalités socio-économiques.

Clémenceau encore!

 Le « J’accuse » de Patrick Weil, qui, comme son ami Valls, trouve en Clémenceau la personnalité politique historique à laquelle devrait se référer une gauche moderne et libérale. Il ne m’étonnerait pas que Sarko en fasse de même pour donner du courage à sa majorité… Parlons Net n°8 Patrick Weil par FranceInfo

Une pension dorée.


A quelques semaines d’une journée de mobilisation de l’ensemble des syndicats pour protester contre l’allongement de la durée de côtisation des retraites, il est bon de rappeler que le gouvernement avait voulu donner l’exemple en poussant les députés à amender leur propre régime en déficit chronique (577 cotisants pour 2 004 pensionnés) et qui a coûté à l’Etat 38 millions d’euros en 2006. Résultat du travail de nos parlementaires tous partis confondus: les députés ne pourront toucher leur retraite qu’à partir de 60 ans, contre 55 auparavant et ceux issus de la fonction publique ou du privé ne pourront plus continuer à cotiser à leur caisse d’origine. Parfait! mais, car il ya un hic, le principal avantage demeure. Pendant leurs trois premiers mandats, les députés peuvent cotiser double. Ils toucheront ensuite une pension confortable de 1 500 euros par mois pour un mandat de cinq ans, 3 000 euros pour deux mandats, et ainsi de suite. Une pension cumulable avec leurs revenus d’activité sans aucun plafond de ressources. Plus que spécial ce régime de retraite. Et sans aucun doute au rendement le plus élevé de la planète… Dans les circonstances présentes, on pourrait qualifier ce privilège de caste, allez, osons le mot, d’obscène…

La phrase qui tue!

 » A Pékin, Manaudou devra retrouver l’instinct de tueuse qui a fait sa marque de fabrique  » . Titre du Chat du Monde du 29.04.2008. Qui en dit plus que l’éditorial de ce même journal sur l’état de nos moeurs journalistiques. Bref, Manaudou est une marque et elle a été fabriquée pour tuer. Une prédatrice qui devra retrouver son désir de meurtres en séries et en finales pour gagner de l’or à Pékin.Une femme réduite à l’état de bête sauvage par un journaliste au stylo libidineux.Pardonne leur, Laure,ils ne savent plus ce qu’ils écrivent, ces chasseurs d’infos…

Un jeune tigre de belle caste.

Manuel Valls en jeune tigre du PS, assume sa préférence pour Clémenceau, plutôt que pour Jaurès. Cela est dit sans complexe ni honte dans sa dernière interview au Point. Il dit aussi un certain nombre d’autres vérités:

 » Je n’attaque pas le PS, je veux le refonder, car l’idée socialiste est en partie morte… Le vieux socialisme, celui qui a imprégné la gauche française pendant des décennies, est épuisé. Il faut inventer autre chose »

 » Moi, je veux aider à concilier la gauche avec la pensée libérale. Mais il faut avoir le courage de renoncer au confort intellectuel et aux petites démagogies. Il faut par exemple accepter de travailler plus et plus longtemps pour sauver le système de retraite. « 

 » Si être un « Sarko de gauche » c’est faire, pour ma famille, le travail qu’a accompli Sarkozy pour la droite entre 2002 et 2007, alors oui, j’accepte la comparaison. Aujourd’hui, le président de la République patine, improvise et déçoit, mais, auparavant, il a reconstruit la droite, lui a redonné une structure et un discours. Exactement ce dont nous avons besoin à gauche. »

 » La gauche gagnera si elle produit un effort intellectuel massif, comme l’ont fait les démocrates américains dans les années 80 ou les travaillistes britanniques dans les années 90. Nous ne gagnerons pas en 2012 sur le seul rejet de Nicolas Sarkozy. »

 » Mais, si Jaurès savait évoquer des « palais de féerie », Clemenceau se voyait plutôt dans le rôle du « modeste ouvrier des cathédrales, qui apporte obscurément sa pierre à l’édifice auguste qu’il ne verra jamais ». Malgré tout le respect que j’ai pour la figure du député de Carmaux, j’assume aujourd’hui ma préférence pour le Tigre. »

Tout cela, sans doute développé dans son bouquin : « Pour en finir avec le vieux socialisme… et être enfin de gauche », Manuel Valls, entretiens avec Claude Askolovitch (Robert Laffont, 19 E), que je vais m’empresser d’acheter. Ce sera ma contibution et mon soutien à ce jeune homme de belle caste qui pense droit , sans hypocrisie et cynisme compassionnel…

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