𝐋𝐞 𝐛𝐚𝐧𝐜 𝐚𝐮 𝐛𝐨𝐫𝐝 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐑𝐨𝐛𝐢𝐧𝐞.

L’homme occupe le premier banc, au départ du chemin de halage.
Parka élimée. Bonnet de laine en plein soleil. Entre ses jambes, un sac de nylon aux couleurs passées. Le buste est plié. Il contient un froid qui ne vient pas de l’air.
Ses yeux fixent la lisière où la ville s’efface. On ignore son origine. Lui aussi, sans doute.
Il ne dort pas. Il attend. Sans rêve ni repos. Aux aguets du moindre craquement.
Une joggeuse le dépasse. Casque sur les oreilles. Le pas est fluide. Elle anticipe déjà l’eau chaude et la fin du jour.
Deux mondes se frôlent.
Chaque être humain porte sa propre cellule. Un prisonnier à l’intérieur. L’univers, tout autour.




