Contre-Regards

par Michel SANTO

Jean Cau, croqueur de Mitterrand (entre autres) et analyste de la Présidence de la République…

 

croquis-de-memoire

   

J’ai, sur ma table de chevet, les « Croquis de mémoire » de Jean Cau (trouvé chez un bouquiniste, récemment : 1€ !) Une leçon de style que je prends le matin, au lever ( Non ! soyons précis : assis, bien calé sur mon oreiller, une tasse de café bien chaud à portée de main.) Trois, quatre – pas dix –  pages et les fantômes de Mitterand, Pompidou, Genet, Lacan, Ava Garner, Dominguin, et bien d’autres ( Sartre, Mauriac…) surgissent en quelques brillantes notations sous sa plume. Un style ramassé, sec, brillant et une lucidité, une sincérité de ton qui font de Jean Cau un maître dans ce genre. Je ne me lasse pas, notamment, de revenir aux premiers lignes de cet ouvrage où il est question du jeune François Mitterrand, alors Garde des Sceaux, pour rebondir ensuite sur Dominguin ou Joë Bousquet :

Bien belle soirée, hier soir à « La Grande Librairie » avec Asli Erdogan et Dephine Minoui.

 

Asli Erdogan et Dephine Minoui.

   

Bien belle soirée, hier soir à « La Grande Librairie ».

Busnel y recevait, entre autres, Asli Erdogan (1), icône de la résistance au régime Turc de son homonyme. Cette femme extraordinaire est restée 4 mois incarcérée pour délit d’opinion et repasse en jugement le 31 octobre en Turquie. Malgré les menaces qui pèsent sur sa liberté et même sur sa vie, elle veut revenir dans son pays pour affronter ses juges afin de pouvoir continuer, nous dit elle, à écrire dans sa langue et sur sa terre tant les deux lui paraissent indissociables…Loin de ses racines elle perd ses mots et ne peux concevoir sa création littéraire que dans son pays….Cela passe avant toute autre considération, fusse au risque de sa vie.

Promenades autour de « La Librairie du Livre Voyageur »…

 

     

J’ai l’habitude (les matins seulement), qui ne s’explique pas, (encore que ce qui suit l’explique en partie), de prendre la rue Droite (piétonne) à son débouché , sur la place de l’hôtel de ville, pour la remonter ensuite, tout en saluant au passage quelques figures amies ou connues sorties sur le devant de leur boutique ou restaurant, jusqu’à la place nouvellement baptisée du Forum (désertée ou presque depuis la fermeture d’un magasin spécialisé dans le service informatique et la disparition d’un café restaurant dont le jeune chef avait la réputation de présenter  à ses clients de fabuleux « tartares ») ; place que je traverse ensuite, tout aussi habituellement, sur son côté droit, pour me diriger vers le collège de Cité ( j’y fus scolarisé jusqu’à la classe du brevet), après avoir cependant parcouru la très courte rue de l’Ancienne Porte de Béziers où se tenait jadis une crèmerie (on y expose désormais de vilaines, à mon goût, « toiles  » : je ne voudrais pas être trop offensant…) dans laquelle ma grand-mère maternelle (elle habitait tout près : rue Michelet) m’envoyait chercher des « yaourts-nature » élaborés par son propriétaire calotté et tout de blanc vêtu dont le plus proche voisin était un charcutier qui faisait le bonheur hebdomadaire des amateurs narbonnais de « tripette » (le jour de sa commercialisation des queues se formaient jusque dans la rue…)

Lecture d’été : Le génie de la bêtise…

     

Dans ce livre les sots, les imbéciles et les idiots n’en finissent pas de donner la réplique aux intelligents qui sont souvent aussi bêtes qu’eux. La morale de Denis Grozdanovitch ? Un génie à l’apparence idiote dort en chacun de nous et il suffit que la fortune – assisté d’une certaine qualité de volonté personnel – nous aide à le libérer de son infériorité supposé pour qu’il se transforme en enchanteur. Un vrai bijou d’érudition et de charme !

Il ne cessait de répéter : « Cristi, quelle campagne. Si nous ne réussissons pas après ça ?»

Bel-Ami ! Robert Pattinson. Film de Declan Donnellan, Nick Ormerod, 2012 : Journal.


Depuis Bel-Ami de Maupassant, rien n’a vraiment changé. Je consulte mes notes sur ma liseuse (Kindle) et tombe sur ceci, à l’emplacement 3435 :

« L’article parut sous la signature de Georges Du Roy de Cantel, et fit grand bruit. On s’en émut à la Chambre. Le père Walter en félicita l’auteur et le chargea de la rédaction politique de La Vie Française. Les échos revinrent à Boisrenard. Alors commença, dans le journal, une campagne habile et violente contre le ministère qui dirigeait les affaires.

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