Ils vivent dans un village du Nord. Hortons bay. Dans le Michigan. Cinq maisons. C’est l’automne. Il fait froid. Le lac est là, au bout du chemin. Les hommes boivent fort et les femmes attendent.
Liz Coates est employée chez les Smith. Elle travaille, elle regarde, elle espère. Elle est attirée par Jim Gilmore, un forgeron récemment installé en ville. C’est tout ce qu’elle peut faire. Attendre, espérer.
Ce sont des experts en littérature. Et je n’arrive pas à les comprendre. Ils parlent un langage cryptique, de secte, sans traduction dans le discours commun. Je sais que, pour être illuminé et ne pas passer pour un barbare aux yeux de la confrérie, manquent à mon vocabulaire une demi-douzaine de néologismes de fraîche date. La mode commande. Mais peu m’importe. Je me méfie de ces primeurs langagières. Elles fleurent l’inauthenticité. Ce que j’ai à dire, je le dis le plus simplement et le plus clairement possible ; et ce que je veux entendre doit aussi m’être transmis de cette manière, en termes simples et courants. J’abomine les langages chiffrés. Ne les comprends que dans la bouche des espions. Et ils m’ont l’air d’espions de la vie, ceux qui dessèchent l’âme des mots au nom d’une science qui demain reviendra sur ce qu’elle a dit aujourd’hui, et ne fait aujourd’hui que conforter leur présomption.»
Le tréfonds vorace de notre espèce, ne déroge jamais à la règle. Une évidence qui vous saute au visage dès les premières lueurs du jour, pour peu que vous preniez la peine d’ouvrir l’œil.
Retour des Halles et café à la terrasse du Mirabeau. Sur le cours du même nom, les chapiteaux blancs du salon du livre. Une jeune femme, s’approche de ma table. Elle voudrait m’offrir un poème me dit-elle. J’accepte, d’un geste. Elle se penche vers moi et déclame ce poème de Charles Cros. Sa voix a des parfums vanillés, et son beau regard noir brille sur son beau visage cuivré. Un instant ensoleillé.
« Il n’y aura plus jamais d’été. J’imagine avoir lu déjà cette petite phrase quelque part. À moins que je l’aie écrite dans un autre temps d’une autre vie. J’avale un pinot blanc que je crois avoir vinifié de mes propres mains, tant son bouquet m’est devenu familier. Il n’y aura plus jamais de pinot blanc, en Alsace ni nulle part. Jamais d’automne. »
Manque de moyens pour la santé. Pour la justice. Pour l’école. Pour la culture. Pour la SNCF. Pour les communes, les départements, les régions. Pour les associations. Pas un dysfonctionnement sans […]
Perché sur un tabouret de la terrasse du Rive Gauche, sous les platanes de la promenade des Barques, Jacques me fait signe. Je le rejoins. Partager : Imprimer(ouvre dans une nouvelle fenêtre) […]
Dans le Livre de l’intranquillité, Fernando Pessoa écrit : « Savoir, c’est tuer, en bonheur comme en tout. » Cette pensée m’a souvent traversé l’esprit sans que je sache la […]
À table. Sur le mur,ses dernières lunettes,monture fuchsia vif,posées sur la tranche d’un petit tableau. Partager : Imprimer(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Imprimer Envoyer un lien par e-mail à un […]
Chaque seconde apporte son lot de nouvelles. D’images. D’analyses. De commentaires. Puis de commentaires sur les commentaires. Rien n’arrive seul. Walter Benjamin observait déjà que les événements […]